masculins / 20 ans de présidence

1987 - 1997 : La course à l'Europe

Publié le 15 juin 2007 à 10:30 par BV

Le 15 juin 1987, Jean-Michel Aulas accédait à la présidence de l'OL. En 20 ans, il est parvenu à transformer un club de D2 en un sextuple champion de France. Il s'est dans un premier temps évertué à le faire remonter en D1 avant de l’installer durablement sur la scène européenne.

1987/1988 : Le 15 juin 1987, Jean-Michel Aulas, 38 ans, succède à Charles Mighirian à la tête de l’Olympique Lyonnais. Membre du comité de gestion depuis le 23 mars, le jeune président de la Cegid, une PME de progiciel de gestion, accède à la tête du club grâce à « OL-Europe », un programme qui doit, en quatre ans, permettre à l’OL de remonter en première division, et le qualifier pour une coupe d’Europe. Le « jeune industriel lyonnais » en qui Bernard Tapie, lors d’une rencontre avec les journalistes, en marge de son émission « Ambitions », révélait discerner « un excellent président de l’OL » en puissance ne va pas tarder à s’imposer à tous comme l’homme de la situation pour redorer au plus vite le blason d’un club qui stagne en deuxième division. Après les confidences de Bernard Tapie, « le coup était parti » révèle Olivier Blanc, alors journaliste au Progrès. Son ascension sera rapide, accélérée par un « grand oral » très apprécié devant le conseil municipal. « Les élus de la ville n’avait jamais vu ça, confie le directeur de la communication de l’OL. Il a parlé d’Europe tout de suite. C’était sa marque d’ambition ». Intronisé, il fait floquer "Lyon, ville européenne" sur le maillot olympien.
Sa première saison sera pourtant très difficile. Robert Nouzaret, Denis Papas, puis Marcel Le Borgne se succèdent sur le banc lyonnais. Depuis longtemps déjà, Jean-Michel Aulas a la volonté de confier son équipe à Raymond Domenech. L’OL termine second du groupe B de deuxième division et échoue en barrage contre Caen.

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1988/1989
En 1988, Jean-Michel Aulas confie le domaine technique à deux anciens de la maison rhodanienne. Bernard Lacombe est nommé directeur sportif. Raymond Domenech revêt quant à lui les habits d’entraîneur général. Nanti d’un budget à la hauteur des ambitions de son pr©sident (40 millions de francs), le club recrute notamment Bouafia, Colin, Kabongo et Garcia et s’appuient sur les jeunes du centre de formation comme Rémi Garde, Bruno Genesio et Bruno N’Gotty. L’OL domine le groupe B, terminant meilleure attaque et meilleure défense, est sacré champion de deuxième division et retrouve l’élite après un match nul à domicile contre Alès (1-1).

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1989/1990
Les retrouvailles entre OL et la première division sont pour le moins délicates. En ouverture de la saison, les Lyonnais s’inclinent 4 buts à 1 à Gerland contre l’Olympique de Marseille, futur champion. « C’était incontestablement un adversaire huppé, mais il va falloir se serrer les coudes et tirer les leçons de ce premier match ». Le président lyonnais répète déjà à l’envi ce qui deviendra bien vite une des clés de la réussite de son club, la remise en question au service de l’ambition. L’OL termine la saison à la huitième place.

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1990/1991
Qui mieux que Jean-Michel Aulas symbolise la maxime « quand on veut, on peut ». « Il faut (juste) savoir ce que l’on veut » précise celui à qui il ne reste plus qu’une saison en 1991 pour atteindre son objectif et retrouver l’Europe. Grâce notamment aux transferts de Bouderbala, Cabanas et Rousset, l’OL achève la saison à la cinquième place du classement et se qualifie pour la coupe de l’UEFA. Avec le président Aulas, le football semble animé d’un déterminisme absolu. « Son arrivée fut tellement médiatisée qu’il a capitalisé dessus pour faire venir des entreprises, affirme Olivier Blanc. Il a compris qu’il fallait avoir le soutien des entreprises car elles apportaient une part conséquente du budget ».

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1991/1992
Après seize ans d’absence, le club rhodanien dispute la coupe d’Europe face au Suédois d’Oster Vaxjo. Les exigences du public lyonnais, frustré par un purgatoire de six saisons passées en deuxième division sont immenses. En bon gestionnaire avisé, Jean-Michel Aulas cherche à « gagner du temps » mais répète en interne comme en externe, que le jour du sacre viendra. Engagé dans une logique de rigueur économique dont il a fait sa règle de gestion depuis son accession à la tête de l’OL, il aborde cette campagne européenne sans dépense démesurée et mise sur la continuité, parfaitement symbolisée par le jeune international français Rémi Garde. « Patience et longueur de temps » est son crédo. Au deuxième tour, les Turcs de Trabzonspor mettent fin au rêve continental. En championnat, la saison 1990/1991 est celle du désenchantement. Après deux saisons dans la première partie du championnat, l’OL ne termine qu’à la seizième place du classement, avec deux points d’avance sur le premier reléguable.

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1992/1993
Malgré un exercice précédent difficile, Jean-Michel Aulas confirme Raymond Domenech dans ses fonctions. « De tous, c’est peut-être de Raymond Domenech qu’il était le plus proche » confie Bernard Lacombre. Une tendance à la fidélité dont le président ne se départira guère durant ses vingt années de présidence. A l’exception de l’éviction de Guy Stephan en octobre 1996, il ne se séparera jamais du moindre entraîneur. L’OL termine à la quatorzième place du championnat après avoir passé une année de transition dans le ventre mou du classement.

[IMG42149#L]1993/1994
C’est dans les vieilles casseroles que l’on fait les meilleurs soupes. Au moment de nommer le successeur de Raymond Domenech, Jean-Michel Aulas s’emploie de nouveau à cultiver « l’esprit club » conseillé par Claude Bez six ans plus tôt et nomme au poste d’entraîneur Jean Tigana, un ancien membre du club. Le président lyonnais est séduit par cet homme aussi charismatique qu’intelligent. L’arrivée de l’ancien international français s’accompagne d’un recrutement ambitieux et remarqué. Les stars débarquent entre Rhône et Saône. Olmeta, Amoros (recordman des sélections en équipe de France) et Pelé (ballon d’or africain) arrivent en provenance de Marseille. « Quand Abédi Pelé arrive, c’est extraordinaire, révèle Olivier Blanc. On avait l’impression que c’était « Dieu le père » qui débarquait ». Ces transferts permettent d’entretenir la dynamique sur les plans du marketing et du commerce. Le nombre d’abonnements explose mais l’OL ne termine qu’à la huitième place du classement. Pour autant, l’arrivée de Jean Tigana semble avoir donné au club une nouvelle impulsion en le propulsant dans une autre dimension, voué désormais à évoluer dans le haut du classement.

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1994/1995
Les solides fondations élaborées lors de l’épisode précédent conjuguées à l’émergence de jeunes talents issus du centre de formation comme Bruno N’Gotti, Florian Maurice (15 buts) ou Ludovic Giuly et à l’arrivée de Franck Gava permettent à l’OL d’obtenir le meilleur classement de toute son histoire : second, derrière Nantes. En championnat, les Lyonnais demeureront invaincus. En fin de saison, Jean Tigana demande pourtant à son président de le démettre de ses fonctions. Ce changement d’entraîneur symbolise parfaitement l’une des doctrines de Jean-Michel Aulas : l’institution passe avant les hommes. Elle est au dessus du reste. Les hommes partent. Le club reste et s’est découvert de nouvelles ambitions ainsi que la volonté de jouer régulièrement les premiers rôles.

[IMG42151#L]1995/1996
Deux ans après le départ de Raymond Domenech, Jean-Michel Aulas doit de nouveau prospecter et doter sa formation d’un entraîneur. La continuité, toujours la continuité. Il choisit Guy Stephan, arrivé au club en 1992 comme adjoint de Raymond Domenech. Aux yeux de l’homme fort de l’OL, il présente l’avantage de bien connaître la maison et de très bien s’entendre avec les joueurs. Pourtant, les Olympiens ne confirment pas leur belle seconde place de l’exercice précédent et terminent onzièmes du classement. Un coup d’éclat illumine la saison : le 31 octobre 1995, en 1/16e de finale de la Coupe de l’UEFA, l’OL élimine la Lazio Rome grâce notamment à Florian Maurice en qui bon nombre de spécialistes du ballon rond entrevoient le successeur de Jean-Pierre Papin. La belle aventure européenne s’achèvera au tour suivant contre Notthingham Forest.
Plus performants en coupe qu’en championnat, les Lyonnais accèdent également à la finale de la Coupe de la Ligue. La première finale de coupe depuis vingt ans. La bande d’Eric Roy s’incline aux tirs au but contre Metz.

[IMG42152#R]1996/1997
Bien que privé de coupe d’Europe, l’OL n’en demeure pas moins ambitieux sur le plan national comme en témoignent les arrivées d’Alain Cavéglia et Christophe Cocard. Deux renforts qui compensent la longue indisponibilité de Florian Maurice, victime d’une rupture du tendon d’Achille. Un début de saison poussif et une lourde défaite à Auxerre 7 buts à 0 contraignent Jean-Michel Aulas à se séparer de Guy Stephan. Pour le remplacer, le président lyonnais opte une nouvelle fois pour la solution interne et place sur le banc Bernard Lacombe qui occupait jusqu’alors le poste de directeur technique. L’accueil que lui réservent les supporters est « frais ». Au diapason de son président, il clame tout haut ses ambitions : « mon rôle est de stabiliser les résultats sportifs du club et d’en faire un candidat régulier à l’Europe ». La rixe qui oppose Pascal Olmeta à Jean-Luc Sassus, entraîne le départ des deux joueurs et l’arrivée de Grégory Coupet en provenance de Saint-Etienne. En dominant l’OM 8 buts à 0 lors de l’ultime journée, l’OL se qualifie de justesse pour la coupe intertoto. La lutte pour l’obtention du sésame européen est un déclic pour le club. Dix ans après l’arrivée à sa tête de Jean-Michel Aulas, l’OL se qualifie une nouvelle fois pour la Coupe d’Europe. Il ne va plus la quitter.