masculins / 20 ans de présidence

1997 – 2007 : Les dix glorieuses

Publié le 15 juin 2007 à 18:10 par BV

Le 15 juin 1987, Jean-Michel Aulas accédait à la présidence de l'OL. En 20 ans, il est parvenu à transformer un club de D2 en un sextuple champion de France. Il s'est dans un premier temps évertué à le faire remonter en D1 avant de l’installer durablement sur la scène européenne.

1997/1998
« La Coupe Intertoto, c’est le point de départ d’une époque incroyable et progressivement gagnante (Jean-Michel Aulas dans France-Football du 15 juin 2007) ». Le président lyonnais ne le sait pas encore mais en acceptant d’évoluer dans l’antichambre de la coupe de l’UEFA, le club vient de signer un long bail avec l’Europe. Il ne quittera plus la scène continentale. Lyon est une ville européenne. Durant cette compétition, un groupe nait. L’OL prend goût à l’Europe. Après un double succès aux dépens des Danois de Brondby, les Lyonnais affrontent l’Inter Milan. A San Siro, les joueurs de Bernard Lacombe signent un des plus retentissants exploits continentaux du football français en s’imposant 2 buts à 1. Nantis du statut de favoris, ils ne parviennent pas à confirmer au match retour et laissent échapper la qualification après un revers 3 buts à 1. Malgré cet échec, l’OL a attrapé le virus. En championnat, les Rhodaniens achèvent la saison à la sixième place du classement, se qualifiant directement pour la coupe de l’UEFA. En mai 1998, les Lyonnais découvrent les charmes des stages en commun. A l’Ile Maurice et à la Réunion, le groupe se soude encore un peu plus. Le pli est pris.

[IMG42154#R]1998/1999
L’OL est désormais accroc à l’Europe et rêve de disputer la plus prestigieuse des compétitions, la Ligue des Champions. Pour y parvenir, le club enrôle Vikash Dharasoo, Luc Borelli et Marco Grassi. L’objectif sera atteint au soir de la dernière journée. Une performance d’autant plus délicate qu’elle s’accompagne d’une campagne européenne éprouvante. Les Lyonnais atteignent les quarts de finale de la coupe de l’UEFA, écartant au passage Blackburn, l’Etoile Rouge de Belgrade et le FC Bruges. En quarts de finale, les Italiens de Bologne font l’essentiel au match aller (3-0). Le sursaut rhodanien lors du match retour (2 – 0) est insuffisant.
La saison est surtout marquée par un événement extra-footballistique : le 3 février 1999, Luc Borelli décède dans un accident de voiture. « C’est probablement le moment le plus dur des vingt ans de présidence de Jean-Michel Aulas » confie Olivier Blanc.

[IMG42155#L]1999/2000
Juin 1999 marque une césure dans l’histoire de l’OL. Pathé entre dans le capital du club à hauteur de 100 millions de francs, 34% des parts. Désormais, plus rien ne sera jamais comme avant. Avec cet apport financier, l’OL s’offre Sonny Anderson pour 17,7 millions d’euros en provenance du FC Barcelone. Dans l’esprit de Jean-Michel Aulas, « Lyon mérite une grande équipe ». Le pari est risqué. Le président lyonnais sait-il qu’il sera gagné ? Alexandre Bompard, directeur des sports de Canal+, n’en doute pas : « Jean-Michel Aulas est quelqu’un de courageux, qui a les pieds sur terre et qui essaie toujours d’avoir un coup d’avance ». Le Brésilien sera l’élément déclencheur qui fera entrer le club dans une autre dimension, la dépense qui donnera une crédibilité au projet de l’OL vis-à-vis des médias, des partenaires et des supporters. Un transfert qui sera bien vite rentabilisé. L’ancien avant-centre de l’Olympique de Marseille et de l’AS Monaco termine meilleur buteur du championnat avec 23 buts. Malgré ce renfort de poids, le début de saison est entaché d’une immense déception sportive : l’OL chute au tour préliminaire de la Ligue des Champions contre les Slovènes de Maribor (1 – 0, 2 – 0). La coupe de l’UEFA ne consolera guère les Rhodaniens. Au troisième tour, après un succès 3 buts à 0 au match aller, ils s’inclinent 4 buts à 0 à Brême.
L’Europe semble n’être que désolation en cette saison 1999/2000 mais la troisième place en championnat assure à l’OL l’essentiel : pérenniser sa présence sur la scène continentale.

[IMG42156#R]2000/2001
A l’intersaison, Bernard Lacombe a laissé sa place sur le banc à Jacques Santini. Qualifié une nouvelle fois pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions, l’OL ne laisse pas passer sa chance. Les Lyonnais disposent sans difficulté de l’Inter Bratislava (2 – 1, 2 – 1). Au terme d’un succès 1 but à 0 sur l’Olympiakos, ils se qualifient pour la seconde phase de poule où ils dominent aisément le Bayern Munich à Gerland 3 buts à 0. Ce soir là, Sidney Govou se révèle à l’Europe en inscrivant un somptueux doublé. L’OL entrevoit la qualification pour les quarts de finale mais laisse s’envoler ses espoirs sur la pelouse de Moscou (1 – 1).
Sonny Anderson termine meilleur buteur du championnat, grâce à une fin d’exercice de toute beauté (douze buts lors des dix derniers matchs), l’OL clôture sa saison par sept succès consécutifs, mais ne parvient pas à rattraper Nantes. Dans le sillage de son attaquant, le club rhodanien s’octroie la deuxième place du championnat, directement qualificative pour la Ligue des Champions. A cette deuxième place sur le podium, l’OL ajoute une victoire en Coupe de la Ligue, en dominant Monaco en finale, le premier trophée remporté par le club depuis l’épopée en Coupe de France en 1973. L’équipe lyonnaise retrouve le goût du succès. L’histoire est en marche.

[IMG42157#L]2001/2002
Après avoir frôlé l’exploit la saison passée en Ligue des Champions, les Lyonnais ne parviennent pas à s’extirper de leur poule. Reversé en coupe de l’UEFA, ils quittent la scène européenne sans briller, éliminés par Liberec. Malgré les déceptions continentales, la saison 2001/2002 est historique. Méthode Coué ou foi inébranlable dans les qualités de son groupe, Jean-Michel Aulas répète, malgré l’abyssal retard que les Lyonnais accusent sur Lens en championnat, que le club sera sacré à la fin de la saison. « Lens ne vois tu rien venir » titre le quotidien sportif l’Equipe. Le 4 mai 2002, l’issue semble inéluctable : Lyon va être titré pour la première fois de son histoire. Le succès 3 buts à 1 des hommes de Jacques Santini valide la politique mise en place par Jean-Michel Aulas depuis quinze ans. « Nous étions certains de décrocher des titres, clame t-il quelques heures avant cette victoire historique. Nous ne savions pas quand mais à force de tutoyer les sommets, arrive un moment où l’on finit par l’atteindre ». A l’intersaison, l’OL s’est en effet donné les moyens de ses ambitions en recrutant le meilleur joueur du championnat, Eric Carrière. Même s’il ne fut pas déterminant dans l’obtention du titre, Juninho Pernambucano a posé ses valises entre Rhône et Saône. A suivre…

[IMG42158#R]2002/2003
A l’été 2002, Jacques Santini quitte les bords du Rhône pour prendre la tête de la sélection française… mais l’ambition demeure intacte avec Paul Le Guen. Symbole de la notoriété acquise par l’OL : en novembre 2002, le club intègre le G-14, regroupement des 18 plus grands clubs européens. Cette reconnaissance du milieu footballistique s’accompagne d’un développement économique. En développant la marque OL, le club augmente ses ressources. Jean-Michel Aulas ne s’en cache pas : un club de football se gère comme tout autre société. Sur le terrain, l’OL devient le premier club depuis l’OM à conserver son titre de champion de France. Grâce notamment à Juninho, qui termine meilleur buteur du club (13 buts), l’OL coiffe Monaco. Même s’il ne brille pas en coupe d’Europe, l’OL participe de nouveau aux joutes continentales, une participation essentielle à la bonne marche du club. « La Ligue des Champions, et ses revenus, sont indispensables pour grandir chaque année » assure Jean-Michel Aulas. L’OL décide de pérenniser la filière brésilienne. Un ancien Lyonnais se voit confier le rôle de recruteur : Marcelo dénichera Cris, Nilmar, Fred et Fabio Santos.

[IMG42159#L]2003/2004
Une nouvelle fois, l’OL est endeuillé. L’intersaison est en effet marquée par le décès de Marc-Vivien Foé lors de la Coupe des Confédérations, à Lyon. Quelques jours plus tard, l’OL est en Corée pour y disputer la Peace Cup. Une tournée indispensable à son développement économique et à l’exportation de son image au-delà des frontières hexagonales. Le club lyonnais atteint pour la première fois de son histoire les quarts de finale de la Ligue des Champions mais se heurte au futur lauréat : le FC Porto (0 – 2, 2 - 2). Rendez-vous est pris pour les saisons suivantes. La plus prestigieuse des coupes européennes va bientôt cristalliser les plus folles espérances.

[IMG42160#R]2004/2005
La Ligue des Champions se refuse toujours aux Olympiens qui voient s’échapper leurs rêves européens au bout de la séance de tirs au but à Eindhoven. Plus que jamais, les joueurs de Paul Le Guen semblaient taillés pour se hisser jusqu’en finale. L’injustice née d’une faute sur Nilmar oubliée sera quelque peu estompée quelques semaines plus tard lorsque le club rejoindra dans l’histoire du football Saint-Etienne et Marseille, les deux seuls clubs sacrés champions de France quatre fois consécutivement. Au terme de trois saisons exceptionnelles sur la scène hexagonale, Paul Le Guen jette l’éponge. Le ressentiment né de l’échec d’Eindhoven occupera une part notable dans la nomination de son successeur.

[IMG42161#L]2005/2006
Le choix de Gérard Houllier symbolise parfaitement les espérances que le président lyonnais nourrit pour son équipe. L’ancien entraîneur du PSG a accumulé les trophées avec Liverpool et jouit d’une grande aura dans le milieu footballistique. L’intersaison 2005 sera surtout marquée par le feuilleton Mickael Essien. Acheté 8 millions d’euros en 2003, le Ghanéen rejoint Chelsea pour… 36 millions d’euros, soit une plus-value de 28 millions d’euros. « Les succès financiers appellent les succès sportifs » résume le président lyonnais. La saison suivante, Mahamadou Diarra quittera Lyon pour Madrid en échange de 26 millions d’euros. Il avait couté 4 millions en 2002.
En championnat, l’OL écrase la concurrence et termine l’exercice par un cinquième titre consécutif ainsi qu’une avance historique de 17 points d’avance sur son plus proche concurrent. Mais le dernier carré européen se refuse une nouvelle fois à lui. A San Siro, cinq trop longues dernières minutes mettent fin au rêve de Juninho et des siens.

[IMG42162#R]2006/2007
L’OL réalise ce qu’aucun club européen évoluant dans un championnat majeur n’a jamais accompli : remporter six titres de champion de France d’affilée. Avec 50 points amassés à la trêve (sur 57 possibles), il a certes réalisé l’essentiel à mi-parcours. Rien ne semble alors pouvoir entraver la marche triomphale du club mais les Lyonnais connaitront un hiver difficile. Eliminés de la Ligue des Champions par l’AS Rome (0 – 0, 0 – 2), ils se hisseront en finale de la Coupe de la Ligue où ils s’inclineront contre Bordeaux. En fin de saison, Gérard Houllier quitte le club sans honorer sa dernière saison sur le banc rhodanien.
La saison de l’OL restera également marquée par son entrée en bourse en février 2007. Une première pour un club de football français. Fruit d’un travail entrepris depuis cinq ans, la cotation de la holding OL permet de lever 88 millions d’euros et de préparer l’avenir. En ligne de mire, la construction d’OL-Land, vaste complexe comprenant notamment un stade de 60 000 places. A l’image des clubs anglais, et tout particulièrement de Manchester United, le président Jean-Michel Aulas compte bien s’appuyer sur cette structure et sur la puissance économique qu’elle engendrera pour rivaliser avec les plus puissants clubs européens.
Preuve de l’importance grandissante de l’OL en Europe, Jean-Michel Aulas est élu, à l’unanimité, à la présidence du G – 14. Vingt ans après son accession à la tête de l’Olympique Lyonnais, il semble encore fourmiller d’idée et d’ambition, lui l’insatiable bâtisseur. «On devrait déposer Jean-Michel Aulas à l’institut de la propriété industrielle » résumé André Soulier.