masculins / Gregory Coupet

A l'heure de l'au revoir

Publié le 04 juillet 2008 à 23:15 par R.B

Greg avant annoncé son départ la veille de la finale de Coupe de France,mais cette fois il est officiellement ailleurs. La nuance est d’importance. Près de 12 saisons dans un même club,une éternité empreinte d’énormes progrès et de grands succès,comment oublier,Au revoir et merci champion.

Se permettre ce dernier arrêt sur images semblait une évidence en forme de remerciements pour tout ce que tu as fait pour l’OL depuis ce mois de janvier 97. L’OL est une Institution de plus en plus reconnue, appréciée. Toi, tu étais devenu avec le temps, une institution dans l’Institution. Gardien d’un temple que tu voulais préserver plus que tout avec tes différents partenaires, voire pour certains, tes frères d’armes. Pas seulement sous la forme d’arrêts extraordinaires, de plongeons salvateurs, de sorties appropriées, d’une présence imposante. Nous passerions des heures à nous remémorer la qualité, la régularité de tes performances. Un seul arrêt dans un match, voire deux ou trois… ou alors ce festival à Blackburn, au Bayer Leverkusen, à Nantes, à Barcelone… La liste n’est pas exhaustive.

Pas seulement, parce que derrière cette tenue de gala, cette scène aux artistes parfois trop éclairée, il y avait le travail, la joie de vivre, la volonté, la concentration, la ténacité, la fierté, l’exigence, l’intransigeance, la passion, la lucidité, le dépassement de soi, la reconnaissance, la mémoire, le comportement d’un véritable sportif, d’un homme qui refuse l’à peu près, l’échec, la régression. « Je ne m’accepte pas faible » disais-tu en novembre, décembre dernier lorsque tu bossais comme un damné pour revenir au plus haut niveau, ton niveau après ton opération du genou. Et tout ceci se palpait en plein jour. Que de plaisir pris en te regardant transpirer dans un spécifique gardien avec ton mentor « Jo ». Quelle leçon de vie à te suivre dans ta rééducation du genou. Donner envie. Voilà, tu donnais envie d’en faire autant avec ses moyens. Donner envie sans jalousie. Un modèle, une référence.

Dans un milieu où souvent la langue est celle d’un bois tournée plusieurs fois, tu avais choisi la parole, pas toujours amène, mais tellement en harmonie avec le ressenti de l’extérieur. La parole parfois d’un boxeur ayant besoin d’évacuer un trop plein de mécontentement. Et tant pis, si quelques coups dérapaient. Tant pis si cela dérangeait et n’était pas vraiment « corporate ». Tu assumais.

Des arrêts, des propos. Du bonheur, aussi, dispensé lorsque tu prenais le temps de prendre le temps de faire plaisir aux supporters. « C’est quand même un peu grâce à eux que le football existe, que nous existons. Et puis, nous avons tellement de chance de faire un tel métier ».

De l’émerveillement, de l'étonnement, de la curiosité, en tout, pour grandir, s’enrichir naturellement. Greg, boulimique de la vie. Pourquoi faire les choses à moitié ? Pourquoi toujours calculer ? Et ce sourire quasi permanent au point de faire douter de sa sincérité chez certains grincheux. Parfois le masque tout autant respectable. De la jeunesse à revendre ; la jeunesse qui se moque d’une date de naissance trop souvent rappelée en France, notamment aux sportifs de haut niveau. De la sensibilité derrière ton armure de preux combattant.

518 matchs sous le maillot lyonnais. 7 titres de champion de France, 1 coupe de la Ligue, 1 coupe de France, 1 doublé, 5 Trophées des Champions, 1 coupe Intertoto, plus de 30 sélections en Equipe de France. Titulaire indiscutable depuis son premier match jusqu’à son dernier. Une progression, puis une constance dans les performances, quelques blessures dont une dernière sérieuse, des boulettes si peu nombreuses que l’on peut presque toutes les citer. Un bilan hors norme !

A l’heure de l’au revoir et de te souhaiter bonne chance dans ton nouveau club, on a du mal à se trouver à la hauteur de ce que tu as fait. On voudrait monter notre niveau, inventer des mots rien que pour toi, te faire ce cadeau, toi qui nous en fait de nombreux. La plus belle envolée personnelle ? Te dire merci, te serrer la main en croisant ton regard pour que tu comprennes que l’on oubliera pas.