masculins / Nancy 0 - OL 2

« Air Lyon » au sommet

Publié le 16 janvier 2006 à 11:05 par BV

Si les médias américains ne raffolent pas du football européen (soccer), il en va différemment de leur passion pour les surnoms dont ils affublent bon nombre de leurs basketteurs. « Magic », « TP » ou encore autre « Flash » s’imposent dans le langage sportif outre-atlantique.

Tout particularisme dans leur jeu devient ainsi source d’inspiration. Pourtant certains joueurs acquièrent un surnom grâce à leur appartenance à une catégorie bien particulière : celle des «planeurs ». Sportifs dont chaque saut semble ne jamais prendre fin, ils intègrent la prestigieuse confrérie des « Air ». « Air Jordan » ou « Air Canada » (Vince Carter) en sont ainsi les plus éminents représentants.

Au terme de la rencontre Nancy – OL, tout supporter de l’Olympique Lyonnais aura aisément noté que l’une des plus importantes communautés d’ « Air » se situe entre Rhône et Saône. En effet, comment ne pas s’extasier devant la qualité du jeu de tête de l’ensemble de l’effectif lyonnais ? Comment ne pas demeurer impressionné devant la performance aérienne des défenseurs rhodaniens ?
Le début du match accouche d’un scénario imprévu : dès le coup d’envoi, les Lorrains imposent leur rythme tout en monopolisant la balle. Animés d’une volonté manifeste d’élargir le jeu sur les ailes, ils exploitent parfaitement toute la largeur du terrain. Les centres fusent au dessus de la défense lyonnaise. Pourtant malgré cette débauche d’énergie adverse, Grégory Coupet n’a pas le moindre arrêt à se mettre entre les gants. En effet, si les locaux conservent le ballon et prennent possession des couloirs, les planeurs de la défense lyonnaise veillent au grain et coupent court à toute action offensive adverse.
A l’escale de la mi-temps, Air Cris, Air Caçapa et Air Sly (Sylvain Monsoreau) sont en tête du nombre de duels aériens remportés (respectivement 11, 9 et 7). Ils en cumulent à eux trois 27 quand l’ensemble de l’effectif atteint le total de 36 (contre 32 aux Nancéiens).
La seconde période ne change pas la donne et au terme des 90 minutes, Cris, Claudio Caçapa et Sylvain Monsoreau pointent en haut du classement du nombre de ballons joués de la tête. « Le Gendarme » pousse la démonstration jusqu’à en disputer 16 dans les airs : la moitié de ses 32 ballons touchés. Spécialiste des joutes aériennes, il récite sa leçon. A l’efficacité défensive, le brésilien ajoute le bruit : de véritables claques qu’il assène comme autant de rappels de sa domination dans ce secteur de jeu.
L’analyse de match de « Sly » selon laquelle « les Nancéiens ont joué à l’anglaise » n’explique pas à elle seule les chiffres de la rencontre. Depuis le début de la saison 2005/2006, les hommes de Gérard Houllier se sont imposés comme une référence dans le domaine aérien. Ainsi, 15 de leur 60 buts furent inscrits de la tête. Bien que ne disposant pas de la meilleure détente du groupe, le Norvégien John Carew, bien aidé par son mètre 93, a inscrit 4 de ses 12 buts de la sorte. S’appuyant sur un timing parfait, Fred compte quant à lui 3 réalisations de la tête (pour un total de 7 buts) depuis son arrivée à l’OL. Les matchs face à Nancy, Rosenborg ou encore Troyes ont rappelé aux adversaires des Lyonnais qu’en cas de corner, la montée des deux défenseurs centraux constitue le principal danger. Les détentes phénoménales de Sylvain Monsoreau, Djila Diarra ou encore Sidney Govou renforcent, si besoin en était, le potentiel aérien de ce groupe. Toutes ces qualités individuelles sont parfaitement exploitées par la précision chirurgicale des coups de pieds arrêtés et des centres de Juninho. Un atout de poids pour ses coéquipiers lorsqu’on connaît la capacité de l’homme de Pernambuco à leur déposer le cuir sur le crâne.
Nancy – OL, 83e minute, Fred double le score de la tête suite à un corner de Sylvain Wiltord. Le club olympien a définitivement remporté la bataille des airs. Avec 14 points d’avance sur le second, « Air Lyon » s’envole au classement du championnat de Ligue 1. Ca plane pour l'OL!
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