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Ajaccio - OL: Faut-il avoir des regrets?

Publié le 04 décembre 2004 à 22:05 par R.B

[IMG3766L]Les Lyonnais ont terriblement souffert à Ajaccio. Ils auraient pu l'emporter malgré tout grâce à un somptueux coup franc de Juninho, mais la tête de Lucas a rétabli le tableau d'affichage dans les arrêts de jeu. Il y aura forcément des regrets chez les Gones. Assuremment ce point du match nul est un bon résultat au regard de la prestation des partenaires de Sidney Govou... L'OL est toujours invaincu après 17 journées...

A Ajaccio, stade François-Coty, Ajaccio 1 OL 1 (mi-temps : 0 - 0) ; temps : frais ; pelouse : mauvaise état; spectateurs : 5 500 ; arbitre : M. Bruno Derrien (Ile de France).



Ajaccio : Porato – Laurenti, Dzodic, Seck, Collin – Demont, Ouadah, Rodrigo (cap), André Luiz (puis Connen 83ème), Robin (puis Bezzaz 88ème) – Chapuis (puis Lucas 81ème)



OL : Puydebois – Diatta, Essien, Cris, Berthod, Diarra, Juninho, Govou (cap) (puis Bergougnoux 69ème), Wiltord (puis Nilmar 69ème), Frau (puis Clément 80ème), Malouda.



Buts : pour Ajaccio, Lucas (92ème) ; pour l'OL, Juninho (87ème)



Cartons jaunes : pour Ajaccio, Laurenti (84ème), Lucas (94ème) ; pour l'OL, Diatta (68ème), Berthod (65ème)



La pelouse du stade François Coty d'Ajaccio tout le monde du football en parle, mais qui mieux que Rolland Courbis peut la décrire avec autant de verve… méditerranéenne. Ces propos, ils les a tenus vendredi soir à Bernard Lacombe : « il y a par endroit un peu de mâche… ailleurs des brins de chicorée… tiens si tu ajoutes des œufs et des tomates… tu fais une superbe salade ! ». Pour taper dans un ballon, cette « salade mélangée » devient vite indigeste…



Revenu aux affaires corses après un séjour russe, l'ancien toulonnais aime aussi changer ses sauces footballistiques. On le croyait enclin, ce samedi soir, à reproduire son 3-5-2 payant contre Marseille et Bordeaux et le voilà revenu à un système à 4 défenseurs…… avec la rentrée de Seck aux côtés de Dzodjic dans l'axe de la défense.

Dans le camp des Champions de France, la conjoncture a obligé Paul Le Guen a repensé son arrière garde. Diatta retrouvant le flanc droit de la défense lyonnaise pour pallier la suspension d'Anthony Réveillère, l'indispensable Mickaël Essien hérite, en dépannage, de l'axe central aux côtés de la forteresse Cris. Soit la 6ème charnière de la saison après Cacapa-Abidal, Cacapa-Cris, Diatta-Cris, Diatta-Abidal, Diatta-Cacapa. Pour le reste, il n'y a rien de surprenant, si ce n'est que le Ghanéen Essien ne sera pas remplacé à son poste de récupérateur, l'entraîneur olympien ayant choisi une formule plus offensive sur le papier avec Malouda derrière Wiltord et Frau côté gauche.



22 points séparent Olympiens et Corses avant cette 17ème journée. Les uns mènent le bal de la saison avec le réalisme et toutes les qualités d'un futur champion ; les autres sont reléguables pour l'instant et souhaitent simplement le maintien en mai prochain. 2 mondes s'affrontent… mais personne n'affirmera avant les 3 coups donnés par M. Bruno Derrien qu'il est certain de gagner ou de perdre. «Rester invaincu jusqu'à la trêve est devenu clairement un objectif… ». Paul Le Guen et ses joueurs savent en revanche ce qu'ils veulent. « On ne va pas déclarer forfait sous prétexte que nous devons affronter l'OL… ». Dans la bouche de l'entraîneur ajaccien, cela signifie qu'il y a un match à jouer et que tout peut arriver…



En fait ce terrain à l'heure du match ne ressemblait pas à une mauvaise salade mélangée mais véritablement à une cour de ferme après le passage d'un troupeau de vaches… en raison de la pluie tombée dans l'après-midi. Dans ces conditions ne favorisant pas la pratique d'un football léché, les Gones étaient à deux doigts d'ouvrir le score dès la 3ème minute de jeu sur une passe lumineuse de Govou à destination de Wiltord repris in extremis par le retour de Laurenti. Sur le corner, Cris plaçait un coup de boule à côté. Un contre des rouge et blanc se terminait par une tentative lointaine et non cadrée de Rodrigo. A l'approche de la fin du premier quart d'heure, Demont contraignait Puydebois à se détendre avec brio et dans la foulée, Frau, décalé à l'entrée de la surface de réparation, poussait Porato à assurer le coup. Pas de temps mort dans cette partie agréable à regarder. Sur un corner joué à 3, Diatta se retrouvait à la tombée du ballon sans bonifier de la tête cette véritable occasion de but. Les appuis des 22 acteurs relevaient presque du miracle. Robin n'en avait cure en balançant un coup de tonnerre de 20mètres détourné somptueusement par Puydebois. Les Ajacciens, conquérants, avaient mis leur emprise sur cette rencontre avec énergie et intelligence collective. L'OL souffrait indéniablement. Cris sauvant même son camp en gagnant un face à face dans sa surface devant Ouadah (27ème). Les Corses maintenaient leur supériorité en écartant bien leurs actions à l'image de l'intenable Demont. Les Olympiens vivaient d'expédients… et subissaient. La patte gauche d'André Luiz faisait merveille pour orchestrer la manœuvre des locaux sans cesse en marche avant et trouvant comme par magie des espaces à gogo. Rarement les Olympiens avaient été aussi peu à l'aise sur une pelouse cette saison ! Mais à la mi-temps le score était toujours de 0 à 0 et on pouvait imaginer que le discours de Paul Le Guen allait recadrer cette machine souffreteuse... pas très bien dans ses pompes.



Cela repartait sur les mêmes bases… Cris clouant André Luiz devant la surface sans conséquence sur le coup franc expédié en suivant par Ouadah. A perdre trop rapidement le ballon, les partenaires de Govou subissaient de nouveau. Cris jouait une fois encore les pompiers de service (51ème). Décidemment… à l'heure de jeu, les supporters lyonnais n'étaient pas vraiment rassurés. D'autant qu'André Luiz faisait frémir la cage olympienne sur un coup franc travaillé (64ème). Le bleue de chauffe toujours et encore pour éviter de craquer. Berthod et Diatta se paraient de jaune… Nilmar et Bergougnoux remplaçaient Wiltord et Govou (69ème). Demont continuait ses arabesques déstabilisantes. Une éclaircie dans ces difficultés, survenait par la frappe du pied gauche de Nilmar détournée impeccablement par Porato en corner. L'OL, connaissant le résultat de Lille à Paris, semblait se dire que malgré tout ce match nul… était une bonne opération tout en se montrant un peu mieux dans son expression en monopolisant enfin le ballon. Et l'incroyable se produisait avec un coup franc extra-terrestre de maître Juninho dans la lucarne de Porato (87ème). Le réalisme avait été visiteur … jusqu'à la 92ème minute de jeu où Lucas claquait son septième but de la saison en reprenant de la tête un centre venu de la gauche signé Collin...



Décevante cette égalisation mais pas du tout imméritée. Les Gones attendront un peu pour être déclarés officiellement champions d'automne. Ils sont toujours invaincus après 17 journées et au regard de leurs 90 minutes corses, ils peuvent se dire que c'est un bon point tant ils ont eu du mal à s'en sortir devant la volonté de s'imposer des coéquipiers de Rodrigo.





Statistiques



Hors jeu Ajaccio : 3

Hors jeu OL : 4

Corners Ajaccio: 4

Corners OL: 4

Coups francs Ajaccio: 17

Coups francs OL: 13

Tirs cadres Ajaccio: 3

Tirs cadres OL: 4

Tirs non cadrés Ajaccio : 10

Tirs non cadrés OL : 5

Puydebois arrêts : 8

Puydebois arrêts décisifs : 2



R.B

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