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Alain Casanova : « Il faut rester humbles »

Publié le 11 décembre 2010 à 11:00 par BV

A trois journées de la trêve, le Téfécé est dans la première partie du classement (9e). Pourtant, Alain Casanova demeure méfiant, refusant de « tirer des plans sur la comète ».

Toulouse est actuellement 9e, à 3 points des places qualificatives pour la Champions League. Quelles sont les ambitions du Téfécé cette saison ?
En début de saison, on s’était fixé plusieurs objectifs: dans un premier temps, on souhaitait améliorer notre efficacité sur les plans offensif et défensif ; dans un second temps, en raison de ce qui s’était produit durant la Coupe du Monde, mais également de la crise mondiale, on voulait montrer des valeurs dans lesquelles tous les supporters pouvaient se retrouver, notamment à Toulouse. C’est-à-dire des valeurs de combativité, de don de soi, de volonté, des valeurs qui nous permettraient d’être à la hauteur sportivement mais également d’avoir le nécessaire soutien de notre public ; enfin, essayer de faire mieux que la saison dernière (14e) en se rapprochant éventuellement de la 10e place.

Votre début de saison est-il conforme à vos attentes ?
On a connu un bon début de saison avec 4 victoires lors des 4 premiers matches. On a ensuite traversé un passage assez compliqué. Du fait du resserrement du championnat, toute victoire peut vous propulser vers les sommets, tout résultat négatif vous rapprocher de la zone de relégation. En gros, ce n’est pas parce que l’on possède 24 points que l’on peut tirer des plans sur la comète, il n’y a rien de fait. Il ne faut pas faire les malins, rester très humbles. On s’est redressés depuis deux matches mais on n’a pas changé d’objectif : notre objectif premier est toujours le maintien. C’est pourquoi je ne regarde pas trop devant mais plutôt derrière.



Toulouse est 14e du classement à domicile et 1er à l’extérieur. Comment l’expliquez-vous ?
Les matches tiennent parfois à peu de chose. A domicile, on rencontre souvent des équipes qui viennent pour défendre et nous opposent des blocs compacts et assez bas. On a une jeune équipe avec une grande marge de progression mais à domicile on n’a pas suffisamment de maîtrise technique pour mettre en difficulté ce type d’adversaires. On a des qualités pour bien défendre et pour sortir assez vite. A l’extérieur, cela nous a, jusqu’à maintenant, plutôt bien réussi.

Avez-vous une explication à votre début de saison à deux vitesses : vous avez débuté par 4 victoires consécutives puis remporté un seul succès entre la 5e et la 14e journée ?
On a tout d’abord eu un peu de réussite. Lors des quatre premiers matches, on a notamment rencontré deux promus (Brest et Arles Avignon) qui n’étaient pas encore prêts. C’était plus facile de les prendre à cette époque que maintenant. Bordeaux cherchait alors à mettre son jeu en place, la rencontre aurait tout à fait pu tourner en leur faveur. On est ensuite allés à Nancy qui connaissait des débuts difficiles sur son terrain synthétique. Notre premier souci est intervenu avec le départ d’André-Pierre Gignac, puis surtout avec la blessure de Xavier Pentecôte. Il a fallu se retourner rapidement et on s’est orientés vers deux jeunes joueurs (Tafer et Santander). On a ensuite connu une période durant laquelle on a pris peu de points alors que l’on jouait bien, que cela se jouait à pas grand-chose.

Reconnaissez-vous que l’attaque constitue le domaine où les progrès à accomplir sont les plus nombreux ?
Je dirais le domaine offensif plus que l’attaque. Depuis deux ans, on s’est beaucoup appuyés sur la qualité et l’efficacité d’André-Pierre Gignac. Il a ensuite fallu le remplacer et surtout trouver une animation offensive différente. Je ne veux pas que notre efficacité offensive soit uniquement dépendante de nos deux jeunes attaquants. C’est pourquoi tous les joueurs offensifs doivent apporter davantage. Cela se met en place, il faut du temps. C’est à travers les bons résultats et la prise de points que l’on s’améliorera.

Parmi vos attaquants, il y a Yannis Tafer, prêté par l’OL…
On a choisi Yannis pour son profil de joueur avec des qualités de jeu sans ballon, capable de prendre les espaces et la profondeur. C’est un jeune joueur qui a une grande marge de progression. C’est un joueur qui connait peu la Ligue 1, qui arrive dans une équipe qui possède un dispositif tactique avec une seule pointe, ce n’est pas facile. Il manque un peu de puissance pour le moment. Il essaie de trouver des automatismes. A lui comme à Santander, on leur laisse du temps. C’est en tout cas un joueur sur lequel on compte, qu’on est très contents d’avoir fait venir.

Quel regard portez-vous sur cet OL 2010-2011 ?
A l’image d’autres grosses cylindrées, ils ont eu un peu de mal à se mettre en route mais c’est une équipe qui présente désormais un tout autre visage, qui possède beaucoup de qualités dans son jeu, que ce soit au niveau de la récupération ou de son jeu collectif. Je sens une âme dans cette équipe. On a joué à Montpellier (défaite 0 – 1), je peux vous dire qu’aller y gagner comme l’a fait l’OL relève de l’exploit. Revenir contre le PSG alors qu’ils étaient en infériorité numérique montre des qualités mentales qui m’incitent à penser que l’OL jouera la première place cette saison. Cette équipe est dangereuse dans toutes ses lignes. Le propre de ces grandes équipes, c’est qu’elles possèdent des joueurs qui à tout moment peuvent vous faire gagner un match, que ce soit sur le plan défensif avec le meilleur gardien français, ou sur le plan offensif avec des joueurs de la trempe de Lisandro. Et en plus elle a des absents !

Vous avez été gardien de but. Que pensez-vous d’Hugo Lloris ?
Il confirme année après année qu’il est le meilleur gardien français. Il est décisif, fait des différences de points à lui tout seul. Il démontre une grande force mentale : s’imposer comme il l’a fait dans un club comme l’OL où il y a autant de pression du résultat, ou en équipe de France… Je lui tire mon chapeau.

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