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Alain Perrin : « La difficulté m’excite »

Publié le 12 août 2007 à 17:01 par BV

Alain Perrin analyse la défaite des siens à Toulouse. « C’était un mauvais jour pour l’OL » reconnait-il. Pas question pour autant de « broyer du noir », l’entraîneur olympien rappelle que « c’est dans les défaites que l’on fédère un groupe ».

Quel regard portez-vous sur la défaite à Toulouse ?
Ce fut un match très particulier. On a eu l’impression que les éléments étaient contraires. Je suis déçu pour les joueurs qui, à dix contre onze, s’étaient « dépouillés » pour essayer de sauvegarder le point du match nul. Compte-tenu de leur investissement, ils n’ont pas été récompensés. C’est un point de perdu dans les ultimes minutes parce que rien n’allait bien. Quand on a deux blessés, un expulsé et un forfait la veille, on peut penser que c’était un mauvais jour pour l’Olympique Lyonnais.

Avez-vous cherché à réconforter vos joueurs ?
Non. Je n’en ai pas eu besoin au regard du contenu du match durant les trente-cinq premières minutes qui ont été intéressantes et cohérentes. L’équipe n’a pas été mise en danger. Face à une équipe toulousaine qui avait abordé le match de façon dynamique, on maitrisait plutôt bien les opérations. Même à dix contre onze, on a tenu et on s’est créé des situations intéressantes en contre. Il s’agit d’une déception parce que c’est la première défaite en championnat mais elle intervient dans des conditions particulières. Cela ne nous empêchera pas de continuer à travailler.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus ? La défaite ou les blessures ?
Une défaite est toujours envisageable n’importe où. Nos adversaires ont de la qualité, peuvent faire de gros matchs. Le plus dramatique, c’est l’expulsion de Kim qui va le rendre indisponible et les blessures de Cris et Govou.

Quelle est votre position par rapport au carton rouge reçu par Källström ?
Kim nous a mis en difficulté. Il a « pété » un plomb. Quand on est victime d’un coup non sanctionné, il y a un sentiment d’injustice. Ce qui est contestable, ce n’est pas le carton puisque le joueur a eu une réaction qu’il n’aurait pas dû avoir. Mais il s'est passé des choses auparavant. Si celles-ci avaient été traitées différemment, cette réaction n’aurait pas eu lieu. Au haut niveau, il faut être capable d’absorber toutes les frustrations mais il faut aussi excuser le joueur qui, sous pression, victime d’une agression, est meurtri et peut avoir une telle réaction. Neuf fois sur dix, Kim réagira positivement. C’est arrivé à d’autres joueurs avant lui.

[IMG42424#R]Avez-vous eu des nouvelles de Cris ?
Il a passé une très mauvaise nuit. Il ressent des douleurs importantes. Il est assez pessimiste et sent mal la chose. Seuls des examens précis permettront de révéler la nature exacte de la blessure et la durée de l’indisponibilité. Si celle-ci est évaluée à au moins deux ou trois mois, il y aura du souci à se faire sur le plan défensif. On a été très satisfait de la performance de Matthieu Bodmer qui a offert une belle prestation à Toulouse comme en Peace Cup. Sur ce que j’ai vu de ses qualités naturelles, de son intelligence de jeu, je vais le faire travailler dans ce sens. C’est une chance de l’avoir. Mais quantitativement, cela reste un peu délicat. Cela mérite d’être observé de près. On a un effectif pour gérer les blessures mais on touche du bois pour que la série s’arrête.

Pour remplacer Cris, le nom du Sochalien N’Daw avait été évoqué. Cette piste pourrait-elle être réactivée ?
Cela parait très, très compliqué. Je suis persuadé que, dans certains effectifs, figurent des joueurs qui font banquette et qui pourraient faire l’affaire.

Quelles peuvent être les conséquences de cette défaite sur la vie du groupe ?
C’est le rôle de l’entraîneur de positiver une défaite. C’est aussi dans les défaites que l’on prépare et que l’on fédère un groupe. Il faudra se pencher pour voir ce qui peut être amélioré et tirer les leçons d’une telle rencontre. Il faudra se relever la semaine prochaine à Lorient. Ce sera un autre déplacement. A nous de montrer que l’on a une capacité de réaction. On ne va pas broyer du noir. Dans la vie d’un club, il y a des périodes difficiles et d’autres euphoriques. Commencer par une période difficile n’est pas pour me déplaire. C’est peut-être un bien pour un mal. C’est facile de faire ce métier quand on gagne et quand tout rigole. Dans la difficulté, je m’éclate aussi car on réfléchit, on cherche des solutions. La difficulté m’excite.

Cris et Grégory Coupet sont deux éléments importants du vestiaire. Pensez-vous que le groupe puisse être touché mentalement ?
On n’est pas démunis. On a dans le groupe des joueurs comme Squillaci, Govou et Juninho. On a donc du répondant sur le plan du caractère.

Pour ce déplacement à Toulouse, vous aviez modifié votre schéma de jeu. Ce changement vous a-t-il plu ?
Il a duré trente-cinq minutes. Durant cette période, il a plutôt bien fonctionné même s’il nécessite encore quelques réglages. On avait un système cohérent qui nous permettait de contrôler la pression toulousaine. Il était par la suite prévu de revenir à un 4 – 4- 2, de préserver Juni car il n’avait pas 90 minutes dans les jambes. Quand on fait deux changements en raison de blessures, on ne maîtrise pas tous les changements suivants. Juninho a fait une bonne partie compte tenu de la forme qu’il avait. Il a tenu jusqu’au bout. En fin de match, il était fatigué. Le point positif est que cette rencontre a contribué à le remettre en forme.

Votre réflexion sur le profil du gardien que vous voulez recruter a-t-elle évolué ?
Non. On sait que l’on va recruter un gardien de but depuis la blessure de Greg (Coupet). Les performances de Rémy Vercoutre sont satisfaisantes. On lui cherche toujours une doublure.

Quand Fred sera-t-il prêt à rejouer ?
On ne peut pas le dire. Son retour dépend de sa vitesse de cicatrisation osseuse. C’est un paramètre très personnel qui dépend de chacun.