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Anthony Réveillère: réservé, tranquille... et sympa

Publié le 25 août 2004 à 15:03 par R.B.

[IMG2861L]Qui est <b>Anthony Réveillère </b>? Après 14 mois de vie lyonnaise, <b>46</b> matches officiels disputés sous le maillot olympien, on a toujours le sentiment de ne pas le connaître, même un tout petit peu. Pourquoi ? Serions nous impressionné par cette forme de distance qu'il met avec les gens coupant court à un éventuel dialogue? « Je n'ai pas un mauvais contact avec les gens. Je le reconnais, je ne fais pas forcément le premier pas...

Qui est Anthony Réveillère ? Après 14 mois de vie lyonnaise, 46 matches officiels disputés sous le maillot olympien, on a toujours le sentiment de ne pas le connaître, même un tout petit peu. Pourquoi ? Serions nous impressionné par cette forme de distance qu'il met avec les gens coupant court à un éventuel dialogue? « Je n'ai pas un mauvais contact avec les gens. Je le reconnais, je ne fais pas forcément le premier pas. Je suis quelqu'un de réservé. Gamin, j'étais déjà comme çà. Avec la famille, les amis, je suis différent. Sincèrement je ne joue pas un rôle. Je suis comme je suis. Je me méfie sans doute aussi ; il y a tellement de requins qui gravitent autour du football… ».



Anthony, le tranquille, emboîte presque naturellement les pas d'« Antho », le réservé. « Je ne prends la tête à personne et je n'aime pas qu'on me la prenne. J'aime bien rester chez moi ; écouter de la musique, du rap américain en ce moment ; me promener dans Lyon ; aller au restaurant, faire les magasins avec ma copine Caroline. On apprécie les vêtements tous les deux. Pour nous ; pour se plaire. Pas question de se trimballer en survêtement ! Moi, j'aime changer de style ; ma copine aussi. J'adore les baskets. J'ai une collection raisonnable. Quand j'étais gamin je ne pouvais pas me payer ce genre de chaussures… » Aimer les chaussures ne serait-ce pas de l'atavisme ? « Je ne sais pas. C'est vrai que mon père travaille dans la fabrication de talons de chaussures pour femme… ».



On part alors un instant du côté de chez lui ; dans un bled, comme il dit, de 3 000 habitants. «Vihiers, c'est chez moi, même si je suis né à 20kms de là, à Doué-la-Fontaine, le pays des roses. C'est joli. Quand j'ai une occasion j'y retourne. Pendant la trêve hivernale par exemple… ». Le papa dans la chaussure ; la maman, aide soignante et ce beau pays d'Anjou réputé pour sa douceur et autrefois Angers… son équipe de foot. «A mon époque, il y avait une solide formation de D2 avec Aubry, Ramé, Lagrange, Daury, Viaud… Cela jouait bien au ballon ».



Le ballon, on y revient obligatoirement sans plan de carrière établi chez l'ancien rennais. « Le bilan on le fait à la fin. L'important c'est de ne pas avoir de regrets une fois que tout sera fini. Tout va tellement vite. Alors les plans de carrière ! Mais comment nier que les titres sont importants. En venant à l'OL, je voulais en gagner ; cela a bien commencé ; j'espère en avoir d'autres ». On se risque à avancer l'attente différente des supporters olympiens à son sujet... « Je crois que les gens me cataloguait comme un défenseur qui monte. Je suis avant tout un défenseur. Certes, la saison dernière, j'ai mélangé le bon et le moins bon. En arrivant de Valence, j'étais fatigué. Cette année, j'ai fait une bonne préparation physique ; cela va payer. Bien sûr, je veux donner plus, montrer de grandes choses. Mais n'oublions jamais que le plus important, c'est le collectif… ». Ses meilleurs matches à l'OL ? On lui dresse une liste : Lens 4 à 0 ? Montpellier 3 à 0 ? Nice 5 à 0 ? Bordeaux 3 à 0 ? « Oui, je suis d'accord. Contre Lens, j'ai marqué, fait une passe décisive ; contre Montpellier, j'ai fait aussi une passe décisive, cela frappe plus les esprits ».



Défenseur à la vitesse de course exceptionnelle, il n'a pas de bête noire sur un terrain, ni de peur particulière et il avoue ne pas hésiter dans certaines circonstances. « Quand tu affrontes un attaquant qui provoque, il faut être un peu plus vigilant. Finalement, je crains plus les gars qui centrent sans déborder comme Rothen, Mathieu . Tu trouves que le Niçois Roudet m'a donné du fil à retordre ? Je ne suis pas d'accord. Il avait surtout l'envie de se montrer pour ses débuts en Ligue 1 ; il a fait preuve d'activité, mais à la sortie, çà a donné quoi de concret ? La peur ? Je suis défenseur. On dit que c'est le défenseur qui doit inspirer la crainte à son adversaire… Non, je n'ai jamais peur. Et puis souvent sur un terrain, il y a de l'intox et pas de violence. Cela me fait rigoler. Quant à mon comportement, je dirais qu'il correspond à celui du milieu. En match, tu n'as pas toujours le temps de réfléchir quand tu tacles, ou que tu interviens. Mais entre laisser filer un gars… et l'empêcher à tout prix de marquer un but, j'ai choisi. Le tout sans aucune idée de faire mal à mon adversaire ». Des amis dans ce monde « impitoyable » ? « Citony, Paisley, Piquionne, Meslin… »



Le temps passe ; un aveu : notre latéral n'aime pas poser ses yeux bleus sur les matches qu'il vient de disputer –sauf si j'ai marqué, ou fait une passe décisive- Et quid d'Anthony, le nonchalant ? « Là aussi, ce n'est qu'une apparence. J'ai lu la déclaration de Raymond Domenech sur mon côté touriste. Je crois qu'il a voulu dire que je me facilitais trop les choses, en m'appuyant essentiellement sur ma vitesse. Bien évidemment, la presse s'est fait un malin plaisir à ressortir cette phrase ».



Les journalistes, tu en penses quoi au fait ? « Je ne lis pas les journaux, mais on me rapporte tout. Je sais qu'ils me taillent souvent. C'est un peu facile. Cela fait mal à mon entourage. Je reconnais que j'étais un peu distant la saison dernière avec eux, que je ne réagissais jamais… On verra à l'avenir… ».



Anthony aura 25 ans le 10 novembre prochain. Pour un peu, il était né le jour commémorant l'armistice de la grande guerre. La guerre, la violence, et leurs conséquences ? « Je n'aime pas la violence. Il y a des actes qui me révoltent dans la vie, la pédophilie et tous ces attentats. Là, je trouve vraiment que la justice est trop laxiste. Moi, je serais beaucoup plus sévère. Et si on touche à ma famille par de tels agissements ou autrement, je sais que je suis capable de m'emporter au point de ne plus me maîtriser… crois moi, ce ne sont pas des paroles !».



Anthony, le méfiant, s'inquiète « du compte rendu » de cette interview. « Tu comprends, dernièrement, un journaliste a utilisé, à mon propos et aussi à propos de ma copine, des clichés peu avantageux pour rapporter des choses que nous avions exprimées différemment. Cela me dérange, surtout quand tu pars dans l'idée de faire un truc sympa ! » Te fais pas de bile, Anthony, je t'ai trouvé sympa...



R. B.

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