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Antonin Da Fonseca, le « pote » performance

Publié le 17 mars 2015 à 14:33 par SC

Antonin Da Fonseca, le « pote » performance

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Après avoir brillamment apporté son savoir-faire aux filles, le préparateur physique de 31 ans a été transféré chez les garçons l’été dernier. Avec les mêmes méthodes mais de nouvelles exigences, il est aujourd’hui pleinement intégré au Pôle performance et dans une équipe très chambreuse.

Un peu plus de 20 heures au Stade Vélodrome. Antonin Da Fonseca est le premier lyonnais à s’aventurer dans l’arène marseillaise. Il est accueilli par un tonnerre de sifflets et de huées. Imperturbable, le préparateur physique sait rester solide sur ses appuis même dans les contextes les plus déstabilisants et malgré sa jeune expérience au haut-niveau. Ou tout du moins, dans le football masculin. A seulement 31 ans, Antonin a en effet déjà de la bouteille dans le métier. « J’ai intégré le centre de formation de Montpellier féminin en Master. J’ai travaillé avec Patrice Lair sur l’équipe professionnelle en 2006-2007, puis sur la sélection du Rwanda. » Et dans le club. « Patrice est à ce moment-là contacté par l’OL féminin. Il m’appelle pour me dire qu’il aimerait que je le suive. Donc je l’ai rejoint. » Une première expérience lyonnaise réussie qui en appellera une autre quelques années plus tard.

Des filles aux garçons, passage réussi

A l’été 2014, le secteur de la préparation physique de l’équipe masculine est remodelé. Antonin Da Fonseca, réputé au club pour son travail et ses résultats avec les filles, est sollicité pour apporter sa pierre à l’édifice et une expérience parfaitement extrapolable aux garçons. « La structure est différente. Mais en soit, les exercices, les contraintes sur le plan biomécanique, physiologique sont les mêmes car c’est le même sport. Il y a une charge de travail plus importante chez les garçons et une plus grande prévention chez les filles au niveau des genoux car c’est une blessure plus présente. Sinon, la façon dont on voit les choses et on aménage les séances, c’est sensiblement pareil. » Antonin Da Fonseca a du tout de même s’adapter à un nouveau public. « Dans l’approche, c’est très différent. Les filles étaient plus âgées, plus matures, elles arrivent à se prendre en main. Avec les garçons, il fallait être un peu plus derrière au début. » Depuis les méthodes ont été pleinement intégrées. Antonin aussi.


"Je n’aime pas arriver en imposant. Je suis arrivé sur la pointe des pieds pour prendre mes marques. Et ça s’est bien passé."


Le récent trentenaire a utilisé son âge pour en faire un atout, pour être moins dans l’autorité, plus dans la complicité, la camaraderie. « Le contact avec les joueurs passe très bien. Il n’y a plus la barrière de l’âge quand ils comprennent qu’on peut les faire progresser. » Le traditionnel stage de préparation à Tignes lui a aussi beaucoup facilité la tâche. Un peu plus d’une semaine de vie commune avec ses nouveaux collègues de travail. « Ça nous a permis d’être ensemble au quotidien. On a pu discuter, jouer au pingpong. C’est plein de petites choses qui permettent de communiquer et aussi de comprendre le fonctionnement des joueurs. Ça s’est fait avec le temps qu’il fallait. Je n’aime pas arriver en imposant. Je suis arrivé sur la pointe des pieds pour prendre mes marques. Et ça s’est bien passé. » Certains n’ont tout de même pas hésité à le chambrer parce qu’il venait des filles. Ou à le taquiner, Coco Tolisso en tête. Un signe de plus qu’il fait partie intégrante du groupe…

Une machine bien huilée

Et d’un Pôle performance qui a clairement trouvé son rythme de croisière. Tout y est parfaitement ficelé comme une séance d’échauffement. « Alexandre Marles est responsable de la performance. Ange-François Costella est plus porté sur la partie médicale et tout ce qui est boisson, récupération, nutriments. Dimitri Farbos se focalise plus sur la réathlétisation et la prévention des blessés. Je suis plus sur la partie performance du groupe, sur le travail. » Des réunions avec le staff technique sont quotidiennement organisées pour fixer les objectifs de la séance du jour et selon cela, adapter l’échauffement mais aussi le travail effectué en salle avant l’entraînement. « C’est pour la prévention avec du renforcement musculaire, du développement des qualités en fonction des profils. Ça prend 20-25 minutes. Les joueurs se sont bien pris au jeu. Ils ont une TV avec le programme dessus. Ils sont à l’heure et sérieux. C’est très intéressant. »

Ange, Alexandre, Antonin, Dimitri…ne sont pas les seuls à avoir débarqué dernièrement. La bute et le bac à sable ont aussi fait leur apparition dans le paysage de Tola Vologe. Des outils beaucoup utilisés par ces derniers pour individualiser le travail. « Le bac à sable a un intérêt pour le travail de réathlétisation ou lorsqu’il y a des petites douleurs. Il y a moins de contrainte articulaire. La bute permet d’adapter le travail selon les profils. On fait beaucoup travailler les joueurs explosifs. » Ces deux nouvelles attractions sont aussi des lieux de compétition dans un esprit bon-enfant, de rigolade. Entre collègues. Entre potes.

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