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ASSE 2 OL 3: Un derby de folie... pour l'OL!

Publié le 03 octobre 2004 à 23:59 par R.B

[IMG3261L]Au terme d'un match fou, fou, fou, les Lyonnais dans les arrêts de jeu se sont imposés 3 à 2 devant des Verts qui étaient bien revenus dans la rencontre en deuxième période. L'OL est toujours invaincu; partage le fauteuil de leader avec Lille et a montré une sacré force mentale pour faire la différence. Quel Derby!

A St-Etienne, stade Geoffroy-Guichard, ASSE 2 OL 3 (mi-temps : 0-1 ) ; temps : frais; pelouse : bonne état; spectateurs : 34 793; arbitre : M. Pascal Garibian (Ile de France).



ASSE : Janot – Carteron, Camara, Hognon, Ilunga, Sable (cap), Zokora, Feindouno, Hellbuyck, Marin, Piquionne (Compan 91).



OL : Coupet – Réveillère, Cacapa (cap), Cris, Berthod (Frau 68ème), Diarra (Nilmar 75ème), Essien, Juninho (Diatta 92ème), Govou, Malouda, Wiltord.



Buts pour l'OL: Juninho (33ème), Juninho (86ème), Govou (91ème) ; pour l'ASSE, Marin (48ème), Feindouno (59ème)



Cartons jaunes : pour l'ASSE, Carteron (33ème) ; Ilunga (70ème), Janot (86ème) ; pour l'OL, Cris (59ème), Juninho (86ème), Govou (91ème).



Petit souvenir personnel ; la première victoire des Lyonnais, depuis leur remontée en Ligue 1, contre les Verts (1 à 0) date de la saison 90-91. Cette année là, au mois de décembre 90, la célèbre course St-Etienne – Lyon, 62kms à travers les Monts du Lyonnais, avait été neutralisée à St-Catherine (32ème kilomètre) en raison des fortes chutes de neige ; une véritable tempête ! Il aurait fallu des bottes de sept lieus pour franchir la deuxième partie de cette magnifique épreuve, qui après le Col du Moreau descend en pente douce vers la capitale du Forez. De nuit, vallonnée à souhait, sans parler parfois du brouillard, du froid, de la gadoue… cette course ne se donne jamais au premier venu ! Depuis cette édition si particulière, le sens ne change plus : on va de la Loire au Rhône. Serait-ce une forme d'allégeance ? Qu'importe lorsque vous êtes à « Sainté », au départ ou à l'arrivée, vous pensez aux mines d'autrefois, à Manufrance, à Casino et aux Verts.



Les Verts, à jamais dans l'épopée du football français, retrouvent leurs « amis « lyonnais pour un énième derby. 3 à 4 internationaux africains d'un c�té ; 11 d'un peu partout de l'autre. Le passé face au présent. Une « jalousie » inversée. Elie Baup, ancienne casquette de gardien à Muret… Mazamet, sur le banc local ; Paul Le Guen, de la catégorie, lui, des anciens grands joueurs, assis sur le banc visiteurs. Bernard Caïazzo, président d'une équipe de Ligue 1 ; Jean-Michel Aulas, président, en plus, d'un club membre du G14 qui vient de recruter Sylvain Wiltord, une star française qui fêtera bientôt sa 66ème sélection. Tout les a toujours opposés ; tout les sépare encore. Qu'importe… seule la victoire est belle pour… faire tourner le compteur points et atteindre ses objectifs de maintien, de place plus moelleuse ; voire un ticket européen ou bien sûr un nouveau trophée de Champions. La suprématie régionale ne peut être une fin en soi ! Cela rend juste le petit noir du lendemain plus sympa.



A ma droite un collectif invaincu depuis le début de saison, qui tourne à 2 points de moyenne par match ; à ma gauche, un groupe en apprentissage à moins de 1 point de moyenne par rencontre. L'OL est clairement le favori de ce derby et après la surprenante défaite à domicile de Monaco 4 à 3 contre Nice, il a la possibilité de rejoindre, voire de dépasser ce concurrent très sérieux pour le titre tout en partageant, dans le meilleur des cas, le fauteuil de leader avec les Lillois. Ce serait « cool » pour profiter à plein de la mini-trêve.



On ne change pas une équipe qui gagne ! Paul Le Guen a reconduit dans son intégralité le 11 de départ victorieux dans la semaine du Sparta Prague (2 à 1). Patrice Carteron, lui, a été titularisé chez les Verts; gare à ses vieilles jambes face à celles véloces du Guyanais Malouda ou encore de Wiltord !

D'entrée de match, une frappe lointaine contrée de Feindouno bien arrêtée par Coupet donnait le ton de ce derby. Les Lyonnais prenaient leur temps en confisquant le ballon, cherchant des solutions tranquillement ; le milieu de terrain faisait « mumuse » ; Berthod se rendait disponible sur son côté gauche ; Wiltord, une fois encore, travaillait beaucoup avec intelligence et en décrochant souvent. Les Verts contraient parce qu'ils avaient décidé d'attendre très bas. Il y avait vraiment une opposition de style. « Nino » obligeait Janot à un arrêt (6ème) ; Feindouno plaçait une tête sur corner légèrement au dessus du but de Coupet (12ème) en prenant le meilleur dans les airs sur Cris et Cacapa. Décidemment le royaume des cieux pose problèmes aux Champions de France ! Juninho sur coup franc ; Berthod dans la surface, contré de justesse avant que « Juni » sur un nouveau coup franc (17ème) ne pousse la panthère volante Janot à s'envoler à l'horizontale.



Les Stéphanois ne changeaient pas un iota leur façon de faire et sur un ballon en profondeur, Piquionne butait en face à face sur un excellent Coupet sorti à 100 à l'heure dans ses pieds (24ème). Piquionne, encore, Feindouno tirait à côté du but olympien. Et lorsque M. Pascal Garibian sortait le premier carton jaune de la soirée, il allait être fatal aux locaux. Cravate de Carteron sur Malouda (33ème) ; 3ème coup franc de la soirée pour Maître Juninho ; à 23 mètres, côté gauche, de la cage de Janot, il plantait une merveille de frappe au ras du poteau droit. Le petit fauve bondissant n'avait pas le temps, cette fois ci, de lever les pattes ! L'OL ouvrait le score ; le Brésilien marquait son 30ème but en championnat sous ses couleurs ; son 11ème coup franc en championnat. La première mi-temps se terminait avec la main mise des blancs, une nouvelle fois costauds. Après 45 minutes, il semblait que rien ne pouvait arriver de fâcheux aux partenaires de Cacapa, même si les Verts avaient frappé 10 fois vers le but de Coupet.



Se tromper, cela peut arriver à tout le monde ! Sur un long centre de Feindouno, Coupet détournait en l'air la tête de Piquionne. Corner, nouvelle sortie de « Greg » qui repoussait des 2 poings. Le ballon revenait sur le pied gauche d'Ilunga qui allumait un pétard repris à bout portant par le Marin Vert. A la 48ème minute de jeu, le Chaudron était en ébullition après cette égalisation. Les Stéphanois montraient les crocs en pressant plus haut ; les Lyonnais souffraient. Berthod, très bon, côté gauche sonnait la charge de la révolte (55ème), Cacapa, Diarra et surtout Govou pouvaient conclure... en vain. Le match devenait fou ; complètement fou. Plus de calcul dans ce derby en forme de combat de boxe. Cris (59ème) clouait Zokora au sol, prenait un jaune, il sera suspendu pour le prochain match ; et en plus, sur le coup franc, coup de boule décroisé de Feindouno au fond des filets de Coupet. Le cinquième but de la tête encaissé de la saison… sur 9… c'est vraiment beaucoup trop ! Et le quatrième à la suite d'un coup de pied arrêté.



Il reste 30 minutes au champion pour inscrire au moins un pion. Mais quelle énergie, réaliste, du côté des jeunes Verts ; un groupe positionné bien plus haut. Essien, en 2 minutes, plaçait deux frappes de mammouth à côté. Paul Le Guen changeait Berthod pour Frau (68ème). Un centre sur coup franc de Juninho semait la panique dans la défense locale, tout comme la tête de Cacapa sur le corner suivant (72ème). Tout était possible dans cette partie. Wiltord vendangeait une frappe ; Nilmar, à 15 minutes de la fin, suppléait Diarra. Frau, Juninho ne cadraient pas. Les Verts tenaient ; les Olympiens n'arrivaient pas en faisant dans l'approximatif, insistant notamment par trop dans l'axe au lieu de passer par les ailes. Frau (85ème) claquait une frappe juste à côté sur un décalage de Juninho. Et Janot descendait Govou dans la surface. Pénalty. Juninho, en 2 temps, du pied gauche, redonnait des couleurs aux siens, provocant la colère de Janot et prouvant que rien n'est jamais fini en football. Wiltord puis Cacapa étaient à un crampon et un coup de tête du 3ème but. Que Govou, tout un symbole, sur un service de Nilmar inscrivait à la 92ème. Alors qu'Hognon à bout portant croyait dans la foulée à l'égalisation.



Mon Dieu que le spectacle avait été beau et pas seulement parce que les Lyonnais avaient gagné. On s'est régalé. Ces Olympiens sont costauds, costauds… dans leurs têtes, dans leurs jambes…toujours invaincus et leaders avec Lille. On va savourer la trêve du côté de Paul Le Guen, avec déjà 3 jours de repos bien mérités.









Statistiques :



Corners OL : 7

Corners ASSE : 3

Hors jeu OL : 6

Hors jeu ASSE: 2

Coups francs OL: 21

Coups francs ASSE : 17

Tirs cadrés OL : 11

Tirs cadrés ASSE : 8

Tirs non cadrés OL : 11

Tirs non cadrés ASSE : 11

Coupet arrêts : 7

Coupet arrêts décisifs : 1



R.B

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