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ASSE/OL: Derby... derby... derby...

Publié le 30 septembre 2004 à 17:07 par R.B

[IMG557L]. La France n'a plus de derby de footbal intra muros comme la quasi totalité des autres pays dans le monde. C'est une histoire de suprématie géographique, d'un département ou d'une région; lié aussi à plusieurs facteurs bien ancrés dans l'esprit des supporters, dirigeants... et de certains joueurs. Pas question pour autant de tout mélanger...

La France à l'inverse de quasiment tous les autres pays du monde n'a pas plusieurs équipes de football de haut niveau dans une même ville. Paris a connu cela par le passé. La dernière fois, c'était lors de la saison 1989-90 avec le PSG et le Racing Paris 1. Il y eut aussi ; à titre d'exemples, en 74-75, le PSG et le Red Star ; en 65-66, le Stade français et le Red Star ; en 47-48, le Stade Français, le Red Star et le Racing… Le derby intra muros existe aujourd'hui en Italie, Inter – Milan AC, Lazio - AS Roma… en Espagne, Real – Atletico, Espagnyol – FC Barcelone… en Angleterre, Arsenal – Chelsea, Tottenham – Arsenal, Fulham – Crystal Palace, Chelsea – Tottenham… en Ecosse, Rangers – Celtic… en Grèce, Olympiakos – Panathinaïkos… au Portugal, Benfica – Sporting… en Turquie, Galatasaray – Fenerbahce, Besiktas – Istanbulspor… Sans parler des derbies en Amérique du Sud, chauds comme la braise.



Le derby, c'est avant tout une rencontre entre 2 clubs très proches géographiquement ; à l'intérieur d'une ville, d'un département, d'une région. Il y aussi certains facteurs qui viennent « rehausser » l'opposition ; celui, encore en vigueur de nos jours, est religieux à l'image du choc écossais entre le Celtic et les Rangers de Glasgow. Il y a ou il y eut aussi des oppositions d'idéaux politiques, de situations sociales, d'appartenances à des organes du pouvoir (dans les Pays de l'Est)… Les cathos contre les protestants ; les riches contre les pauvres ; l'armée contre la police, les communistes contre les royalistes, les Antillais contre les Marocains… Il y a des pays, où passer à l'ennemi ne peut se concevoir. Le gardien grec Nikopolidis le disait récemment ; en disgrâce à l'Olympiakos, il avait été contacté par un autre club d'Athènes. Transfert impossible sous peine de gros soucis ! La modernité ayant créé des rivalités de style « derby » en style « classico », on se souvient du passage de Figo de Barcelone au Real Madrid… et de la réception du Camp Nou ! Et l'on imagine, en France, l'accueil du Parc des Princes fait bientôt aux Marseillais Fiorèse et Dehu !



Il y avait aussi, le passé convient de plus en plus, l'appartenance ville/club des joueurs. Né à Lyon, formé à l'OL, carrière au club… c'est quand même différent lorsque vous affrontez St-Etienne. Vous êtes nourris dès vos crampons de bébé à la notion « de différences » ! Avec l'ouverture des frontières, l'argent, les agents, les mentalités en pleine évolution, il y aujourd'hui des derbies en France, en Italie, en Espagne, en Angleterre… entre essentiellement des « pièces rapportées » ; ainsi Africains, Brésiliens, Argentins, Hollandais… se retrouvent au cœur de débats « étrangers » pour eux au départ. Remarquez, cela devient sur la pelouse des derbies de nationalités! On refait alors, en exagérant, le match Brésil – Argentine, Cameroun – Sénégal… ou mieux encore Brésil – Brésil ! En Angleterre, en France, en Italie... Les supporters, les dirigeants… sont là, on vous rassure, pour rappeler à ce joli monde ses devoirs de maillot. Et tenir, de préférence, la comptabilité des victoires.



Ces derbies sont tellement « importants », qu'ils sont au yeux des supporters, voire de certains joueurs les matches de la saison. A la limite plus important qu'une place au classement. Sans polémiquer, faut quand même pas pousser ! Un succès vaut toujours 3 points au classement. Pas question de bonus spécial.



En France, ne parlons pas de ces « Classico » nés des palmarès, des rivalités, de l'histoire, des médias, des supporters. OM – PSG en est l'exemple le plus frappant et à un degré moindre OL – PSG ou encore OM – OL. La notion géographique ne compte plus.



Pour en revenir aux véritables derbies, de ville à ville, de département, de région, actuellement le Nice – Monaco est celui le plus proche en terme de kilomètres ; 21kms, devant le Lille-Lens (38kms), Istres – OM et OL – ASSE (61kms), Ajaccio – Bastia (146kms)… Alors quand vous rajoutez à la proximité, une pincée de palmarès entre les clubs, créant des jalousies ; un doigt aussi de valeur du moment ; un autre doigt d'envie de garder ou de reprendre la suprématie ; un soupçon de « souvenirs » mélangés pour quelques joueurs ; une pincée de différences culturelles, sociales entre les villes… cela vous donne un OL – ASSE. Et il n'y a pas dans cette opposition, de « derby » entre présidents, entraîneurs comme cela peut exister ou a existé ailleurs.



Tout ceci ne doit pas pousser aux débordements absurdes. Hisser le drapeau de ses couleurs ? Oui, bien évidemment. Porter son maillot, chanter son amour du club, de ses joueurs ? A 100% d'accord. Chambrer ? C'est inévitable et bon enfant. Mais, tout le reste n'a rien à faire dans un stade et aux alentours. Que les supporters du foot prennent exemple sur ceux du rugby. « Le combat » est d'une tout autre intensité sur les pelouses ovales ; on emploie même le terme de guerre ! Mais il y a du respect, de la fraternité dans les tribunes. On se regarde droit dans les yeux, on se serre la main, on se souhaite bon match… et après les 80 minutes, on va boire une mousse ensemble en refaisant les débats ou en parlant du passé. Le rugby n'est pas aussi populaire que le ballon rond ; il n'a pas les mêmes origines sociales. Ne dit-on pas d'ailleurs que c'est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen ! Cela influe forcément sur sa mentalité ambiante ! Cependant, le foot, comme le rugby, est avant tout un sport ; un spectacle. Alors autant que ce spectacle soit beau… dans sa totale expression; et qu'il garde sa place dans les médias à la bonne rubrique. Good game… bon derby…



R.B.

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