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Athènes à quelques heures du match

Publié le 01 novembre 2005 à 15:55 par R.B

[IMG7046L]Le sport est une religion en Grèce. Le Basket rend fou ; le football déchaîne les passions. 2 exemples bien connus. Les parquets locaux se transforment en coupe gorges ; les stades en arènes vociférantes. Souvent, ces clubs sont omnisports. Les supporters sont prêts à toutes les dépenses, tous les sacrifices, tous les voyages pour encourager leurs couleurs. On naît supporter d'une équipe par atavisme, par lieu de naissance, de vie...

Le sport est une religion en Grèce. Le Basket rend fou ; le football déchaîne les passions. 2 exemples bien connus. Les parquets locaux se transforment en coupe gorges ; les stades en arènes vociférantes. Souvent, ces clubs sont omnisports. Les supporters sont prêts à toutes les dépenses, tous les sacrifices, tous les voyages pour encourager leurs couleurs. On naît supporter d'une équipe par atavisme, par lieu de naissance, de vie. Il y aurait ainsi près de 4 000 000 de fans de l'Olympiakos. Son grand rival, le Panathinaikos, n'en compterait que 2 500 000. Imaginez un peu le pays un jour de derby !



Les fans des Rouge et Blanc rencontrés pendant notre avant match promettent gentiment l'enfer. Cela fait un bail qu'ils n'ont plus pris la direction de leur belle maison constituée par le Georgios Karaiskakis. Les coéquipiers de Yaya Touré restent sur 2 déplacements en championnat. En Champions League, aussi ; avec cette seule réception le 13 septembre dernier conclue par une défaite surprenante face à Rosenborg. Le dernier succès à domicile, toutes compétitions confondues, remonte au 24 septembre : victoire 2 à 0 contre Akratitos. La patience n'accompagne pas souvent la ferveur des cœurs locaux. Les débordements partent dans les 2 sens… d'un côté la passion amoureuse ; de l'autre, la colère.



[IMG0#W]Ici, les stars ne laissent jamais indifférents. La préoccupation des journalistes grecs, des supporters a un nom : Rivaldo. Le Brésilien va-t-il jouer ? Absent à Lyon ; sur le banc lors de la dernière journée de championnat, le natif de Recife (33 ans) n'est plus tout à fait ce qu'il a été, mais son pied gauche reste toujours une arme d'une incomparable précision, même s'il n'a pas inscrit le moindre but depuis le début de saison, lui qui en avait marqué 10 en Champions League avec Barcelone lors de la saison 1999-2000… en 14 rencontres. Ce merveilleux soliste ne semble pas trop dans les petits papiers de son coach Trond Sollied qui préfère, dans son discours langue de bois, mettre en avant le collectif. Pour les supporters, il ne fait aucun doute que l'ancien barcelonais, milaniste… jouera ce mardi soir. Attendons encore quelques heures pour savoir.



Dans ce match à enjeux, Peter Fröjdfeldt l'arbitre, devra se faire respecter à l'occasion de son 33ème match international, son 3ème en Champions League, son second à Athènes après celui du 7 décembre 2004 entre Panathinaikos et le PSV Eindhoven.



Dans le hall de l'hôtel, la langue française est à l'honneur ; l'OL aussi. Les supporters lyonnais, de tous âges, joignent l'utile à l'agréable. Echarpes au cou, ils parlent du match à venir - la pression commence à monter, avoue l'un d'entre eux- et de leurs visites de la journée. Un autre prévient : « n'oubliez pas le match ce soir ».



Dehors, le soleil est revenu timidement sur la capitale de la Grèce. La pollution, elle, n'a pas pris de vacances… elle n'en prend jamais. Les immeubles, les stores, les voitures sont couverts d'une pellicule de crasse. Les récents Jeux Olympiques ont mis leur touche de modernité au milieu de tous ces vestiges liés à l'Antiquité. Les touristes, nombreux, ont ainsi encore plus de boulot. Au Pirée, le port d'Athènes, les bateaux se mélangent. Ils n'ont pas les mêmes raisons d'être. En voyant les yachts, les ferries, les paquebots, on pense aux célèbres armateurs du pays. On pense aussi à toutes ces îles au loin, synonymes pour certains de souvenirs de vacances. Oh les belles Cyclades : Naxos, Paros, Santorin, Ios, Sifnos… ou encore, bien sûr, Mykinos. Du blanc, du bleu, du soleil, des ruelles en pente, des escaliers, de la douceur, de la musique, des odeurs méditerranéennes, des chats en vadrouille… Un autre temps.



En plein centre de la ville, que de bruit, de voitures, de motos. La place Syntagma est animée avec ses rues commerçantes colorées. Devant le Parlement, les gardes en habits traditionnels attirent les touristes. Avec de la chance, vous pouvez arriver juste pour la relève. Les pigeons sont aussi les rois de l'endroit. Ils attendent leur pitance des mains de passants avides de photos « originales ». Le National Garden, tout à côté, offre fraîcheur et calme. Les chiens se dorent au soleil ; les chats ne sont pas plus actifs. Ils ont la belle vie les quatre pattes ! Le Panathinaikos Stadium apparaît au bout de cette verdure ; il resplendit. La Grèce Antique et Moderne se rejoignent dans ces gradins de marbre et cette piste d'athlétisme. Nous imaginons, sans peine, les athlètes en plein effort, déboulant par exemple pour boucler leur marathon.



Retour au bruit en direction du Square Monastiraki dominé par l'Acropole. Les tavernes sont bondées. C'est l'heure des Mezze, de l'Ouzo. Quant à la clope, on a l'impression que les autochtones ne l'éteignent jamais. La circulation devient un enfer. Athènes, royaume des taxis jaunes, des deux roues avec ou sans casques, du klaxon, de l'agacement verbal. Il y a, à l'évidence, beaucoup de « fantaisie » dans la conduite grecque. Sous terre, le métro moderne parcours les entrailles de la Cité millénaire offrant ainsi un répit aux embouteillages. Dans une poignée d'heures, le Georgios Karaiskakis va rugir. Un autre spectacle nous attend.



R.B

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