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Au revoir Juni

Publié le 26 mai 2009 à 19:15 par R.B

Le maestro brésilien a pris sa décision... Nous ne reverrons plus le maillot lyonnais numéro huit porté par Juninho...

Nous avions compris depuis quelques jours que l’heure du départ était venue. Le match contre Caen aura bien été ton 344ème sous le maillot lyonnais ; ton dernier. Ce penalty, l’ultime but de ta carrière olympienne. Tu auras eu l’élégance d’atteindre la barre des 100. Tu nous as enchantés pendant 8 saisons par ton talent exceptionnel, ton professionnalisme, ta gentillesse, ta générosité, ta réserve respectueuse envers tout le monde et ta mémoire phénoménale. Tu nous as conquis aussi par ta façon de t'exprimer, ce débit rapide propre aux gens de ta région, et ton souci d'être complet dans tes réponses.

[IMG32791#R]Comment t'oublier? Des instants précieux à ranger dans l’armoire aux souvenirs. « Juni », ils ne prendront pas la poussière de sitôt. J’ai eu le privilège d’assister à l’intégralité de tes 344 matchs. J’ai dégusté la moindre de tes passes, de tes dribbles, de tes emportements. Je me suis enivré à chaque but. Il y en eut d’étonnant. Ce coup franc au Bayern face à l’immense Kahn. Celui à Ajaccio du milieu de terrain. Ce but à Marseille au terme d’un slalom très spécial. Ce doublé à St-Etienne. Et tant d’autres...

Tu es devenu au fil du temps l’homme important du jeu lyonnais, un jeu mis en place pour toi. Tu as été moult fois décisif. Un match sur trois ! Tu as été impliqué sur 40% des buts marqués en ta présence ! 86% de tes buts ont accompagné l’OL dans la victoire ! 11 titres glanés. Des chiffres qui se passent de commentaires. Des chiffres qui résument à la perfection l’incroyable qualité de ton œuvre lyonnaise.

Simple soldat, capitaine, tu es toujours resté au sommet après deux premières saisons passées sur les côtés. La médiocrité, l’à peu près, la baisse de régime ne font pas partie de ton art de travailler, de vivre. Tu as l’orgueil, l’exigence des grands champions. Tu as la notion de l'effort et de la remise en question permanente. Tu sais aussi ce que tu dois au collectif ; aux monstres qui t’ont accompagné. Tu as cité, sans être exhaustif, « Greg », « Maloude », « Abi, Cris, « Edi », Tiag », Essien, « Djila », Sonny, Karim… Tu as formé avec le Ghanéen Essien et le Malien Diarra, un milieu de terrain royal, peut-être le plus beau du Vieux Continent. Tu as reconnu le plaisir particulier pris avec Gérard Houllier. Tu as été immensément heureux mais aussi profondément triste en raison de cette Ligue des Champions envolée.

Un caractère! Un caractère à part; un caractère de champion ; un caractère qui fait la différence. Tu devenais parfois ombrageux quand tu étais contrarié. Et toujours anxieux à l’approche des matchs. Tu détestais l’injustice au point de voir rouge.

[IMG50042#L]« Juni », footballeur de l’esthétisme et de l’efficacité, tu nous a aussi emmenés pendant 5 de tes 8 saisons avec toi au Brésil pour honorer le maillot des Auriverde que tu as porté notamment lors du Mondial Allemand. Plusieurs voyages… et un très particulier, plus personnel, en avril 2005. Inoubliable en mettant mes pas dans ceux de tes débuts, dans ceux de ta famille, dans ceux d’un extraordinaire accueil fraternel. Recife... Rio... Vasco Gama... « Juni », homme de cœur pour les enfants et les adultes, au Brésil et en France. "Juni " immense particule d'un bonheur à part. Tu t’en vas. Tu as offert ton dernier maillot à Bernard Lacombe, un "Nanard" submergé par l'émotion... une superbe émotion tellement significative. Tu avais ce privilège d’avoir le choix. Choisir, la plus grande richesse que les hommes aient sur cette terre. Choisir, ta plus belle récompense de toutes tes saisons de labeur, de sueur. Pour le reste, je me sens orphelin, comme après le départ de « Greg », mais tellement plus riche en t’ayant côtoyé pendant toutes ces années. Un grand merci pour la vie.
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