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« Avant le derby, je n’aurai pas besoin de leur parler »

Publié le 29 octobre 2011 à 12:40 par BV

Capitaine de l’ASSE en l’absence de Loïc Perrin, blessé, Laurent Battles évoque le derby, l’ambiance et l’engouement qui entourent cette rencontre si particulière, ainsi que la motivation qui habite ses coéquipiers.

Pour des raisons d’impression, on réalise cette interview avant le huitième de finale de Coupe de la Ligue, mercredi 26 octobre. Le résultat de celui-ci peut-il avoir une incidence sur le match de samedi ?
Les deux compétitions sont différentes. Il y a un match à élimination directe, un match de coupe, et un match de championnat où il y aura des points à prendre. Vu que l’OL reste sur deux défaites en Ligue 1, ils vont vouloir gagner samedi à Gerland pour prendre des points et rebondir. L’approche des deux matches est complètement différente. On ne peut pas dissocier les deux. De toute façon, on ne peut pas faire l’impasse sur l’un des deux matches.

Samedi, quelle équipe aura le plus la pression ?
Objectivement, c’est l’OL. Après sa défaite contre Lille (3 – 1), un concurrent direct pour le titre, l’OL ne peut pas se permettre de perdre contre Saint-Etienne, surtout dans un derby : ce serait mal vécu. L’OL a donc davantage la pression. Si les Lyonnais ne réalisent pas un résultat positif, cela pourrait les plonger dans le doute. Nous, de notre côté, on a tout à gagner.

Un nul vous conviendrait-il ?
Un derby ça se gagne bien sûr, mais si on prend un point, ça serait très bien pour nous. Cela nous permettrait d’enchainer par un sixième match sans défaite et montrer que l’on peut être solide dans ce championnat.

Le staff de l’OL est désormais très imprégné de la culture lyonnaise, Maxime Gonalons, pur Lyonnais, a pris davantage de poids dans l’équipe. Craignez-vous que cela ne change quelque chose ?
Non, je crois que c’est surtout très bien pour un club comme l’OL de s’attacher à la formation, à des gens du club, qui ont une identité de club, à l’instar de ce que font d’autres grands clubs. Ils ont compris que pour avancer, il fallait qu’ils gardent à l’intérieur du club des gens qui connaissent bien celui-ci, qui ont vécu son histoire. Former de bons jeunes permet de plus d’avoir une identité de jeu. J’ai le sentiment que c’est ce que prône aujourd’hui Rémi Garde.

Cela pimente-t-il un derby ?
Non, je ne crois pas. En tout cas, nous, on jouera ce match comme on se doit de le jouer. Peut-être que pour eux, qui sont de purs Lyonnais, il y aura quelque chose en plus. J’ai connu deux derbies la saison dernière, l’ambiance était incroyable. C’est quelque chose de beau de disputer un derby, surtout quand on est lyonnais ou stéphanois.

Ressentez-vous beaucoup d’engouement autour de ce derby ?
Bien sûr qu’on nous en parle beaucoup. Deux derbies d’affilée, cela ne s’est jamais fait, c’est extraordinaire à jouer. On m’en parle depuis un moment. C’est pourquoi j’ai essayé de calmer un peu le jeu. Après notre victoire sur Evian (1 – 2), les gens commençaient à nous parler du derby, mais ce que l’on voulait c’était de bien terminer la semaine avec une victoire face à Valenciennes avant d’évoquer ce derby.

Savez-vous quelle est la dernière équipe visiteuse à s’être imposée à Gerland en Ligue 1 ?
(Il réfléchit) Je suis beaucoup le football… Je ne me rappelle pas que Lyon ait beaucoup perdu à domicile… C’est peut-être nous !

  Tout à fait. Quel souvenir en gardez-vous ?
Extraordinaire. Il y avait une telle intensité ! C’était un contexte particulier, le centième derby. En plus, on ne méritait pas de gagner. L’OL était vraiment au dessus de nous et n’avait pas eu de chance. On marque sur notre seule occasion du match, c’était le destin. C’était un peu comme un match de coupe avec une équipe qui domine largement l’autre mais qui s’incline sur la seule occasion qu’elle concède.

Est-ce que vous sentez l’ASSE 2011 – 2012 capable de rééditer cet exploit ?
On ne peut pas comparer les deux équipes. L’année dernière, on avait un groupe qui avait vécu beaucoup de moments ensemble, et notamment des mauvais moments. C’était une équipe revancharde qui avait connu un très bon début de saison. C’était un autre contexte. Cette saison, c’est une équipe en reconstruction : on a perdu un international espoir (Rivière), deux internationaux A (Matuidi et Payet), il y a des joueurs qui viennent d’arriver, dont certains ne connaissent pas ce niveau-là, plusieurs autres sont blessés. C’est donc complètement différent, c’est une autre approche. On a peut-être perdu en talent pur, mais on a gagné en jeu collectif. On est donc peut-être moins beaux à voir jouer mais on fait avec ce que l’on a.

Vous êtes aujourd’hui le capitaine de cette équipe. Avez-vous des rituels avant un match ?
Non. A la base, le capitaine, c’était Loïc Perrin. Je n’ai donc pas de rituel particulier, j’essaie de faire ce que je fais depuis que je suis arrivé, c’est-à-dire de parler beaucoup avec tout le monde, de donner quelques conseils. Je suis le même, que j’aie le brassard ou non.

Marquer dans un derby a une saveur particulière, cela reste gravé

Que comptez-vous dire à vos coéquipiers avant ce derby pour les motiver ?
Je n’ai pas besoin de leur parler avant un derby. Il n’y a pas besoin de parler pour les motiver. Parfois, un simple regard suffit à comprendre si les joueurs y sont ou n’y sont pas. Du coté de Lyon, ce sera pareil.

Vous restez sur deux buts inscrits lors des deux derniers matches de Saint-Etienne en L1 (contre Evian et Valenciennes). Est-ce que vous croyez au proverbe « Jamais deux sans trois » ?
(Rires). Je l’espère. Ce qui est sûr, c’est que marquer dans un derby a une saveur particulière, cela reste gravé. La saison dernière, Hugo Lloris m’a sorti un arrêt extraordinaire sur la ligne. Mais le plus important, c’est que l’équipe fasse un bon résultat.

Le derby est traversé par une rivalité exacerbée. Y a-t-il des Lyonnais avec lesquels vous entretenez de bons rapports ?
Je n’en connais pas vraiment, à l’exception de Maxence Flachez (consultant d’OL TV), avec lequel j’entretiens de très bons rapports. C’est quelqu’un qui a beaucoup compté lorsque je suis arrivé à Grenoble. Il y a aussi Flo Maurice avec lequel j’ai passé de très bons moments à Bastia et que j’apprécie énormément. Au niveau des joueurs, le groupe lyonnais a été pas mal renouvelé, il n’y a pas beaucoup d’anciens qui ont mon âge. J’ai fait beaucoup de clubs mais je n’ai pas joué avec des joueurs évoluant aujourd’hui à l’OL.

Est-ce que durant cette interview, vous avez menti à un moment parce que certaines choses ne se disent pas avant un derby ?
Non..

Interview extraite de LA TRIBUNE OL spécial "OL - ASSE"



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