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« Avec le cœur et les tripes »

Publié le 22 septembre 2015 à 18:06 par SC

C’est avec le maillot bastiais que le natif de Lyon revient là où il a fait ses premiers pas ballon au pied. Julian Palmieri est fièrement et viscéralement, attaché à son île d’origine, la Corse, et son équipe de cœur, le Sporting.

Comment se passe le début de saison de votre équipe ?
« Ça se passait très bien jusqu’à il y a trois semaines. On avait bien débuté mais on vient d’enchaîner trois défaites de suite. On a joué contre deux grosses équipes, c’était difficile. On ne doit pas perdre contre Saint-Etienne, ce n’est pas mérité. A Marseille, il n’y a pas eu photo. Contre Nice ce week-end, on a fauté tactiquement et fait un peu trop d’erreurs techniques. C’est donc un début de saison moyen à l’image de notre classement dans le ventre mou. Il faut réagir. On veut obtenir le plus rapidement possible notre maintien. On veut se pérenniser en L1. On savait qu’on allait passer par des périodes plus délicates mais on les gère avec intelligence, avec sérénité.

Et sur le plan personnel ?
C’est plutôt pas mal, je pense. Statistiquement, j’ai déjà marqué deux buts (ndlr, l’un des deux ne lui a finalement pas été attribué). J’ai déjà égalé mon total de la saison passée. Je suis à l’origine aussi de notre but contre Nice. Je joue milieu ou arrière gauche donc j’essaie de m’adapter aux exigences de chaque poste. Je peux encore mieux faire.

Je n’avais pas trop cet instinct de vouloir marquer avant mais ça vient progressivement. J’ai envie de jouer plus haut, de me porter plus vers l’avant, de plus tenter ma chance.

 

Justement, est-ce que votre trophée du plus beau but de la saison passée vous donne envie de plus tenter votre chance ?
Complètement. Ça m’a donné envie de connaître de nouveau cette sensation de joie. A chaque fois que je marque, c’est quand je joue milieu gauche. J’ai de plus en plus envie d’être décisif offensivement. Je n’avais pas trop cet instinct de vouloir marquer avant mais ça vient progressivement. J’ai envie de jouer plus haut, de me porter plus vers l’avant, de plus tenter ma chance.

Quels sont vos souvenirs de l’OL ?
Oula, ça remonte. Je me rappelle de mes premiers entraînements à Tola Vologe quand j’avais 6 ans. C’était sur un terrain juste à côté du centre. Ça a beaucoup changé depuis le temps. J’ai connu beaucoup de joueurs là-bas…Cédric Bardon, Florian Maurice. Ils sont devenus mes amis. On est toujours en contact. J’ai passé de belles années à Lyon avec ma préformation, le collège. Ça ne s’est pas très bien terminé mais je ne suis pas du tout rancunier, ni revanchard. L’OL, c’est du passé. C’est un club comme un autre.

Pourquoi avoir ensuite choisi la Corse ?
J’en avais fait une priorité. Après l’OL, j’avais le choix entre Rennes et Bastia. Je n’ai pas hésité. J’ai des origines corses et j’ai de la famille là-bas. C’était une évidence. C’est vraiment un plaisir et même une fierté de jouer pour le Sporting, ce club qui revient tellement de loin. Je suis content de ce qu’on fait depuis quelques années. Quand je joue avec le maillot bastiais, je joue davantage avec mon cœur et mes tripes qu’avec mes qualités footballistiques.

Est-ce qu’un départ est inenvisageable ?
Tout est possible dans le football. L’incertitude fait partie de la carrière et de la vie d’un footballeur. Je suis dans ma dernière année de contrat à Bastia. Tout le monde connaît mes envies pour la suite. Ça n’a pas changé. Je suis bien ici. On va discuter pour trouver un arrangement. Mais je ne m’inquiète vraiment pas. La L1 n’est pas une division trop élevée pour moi. J’ai des objectifs personnels. Je les garde pour moi. Je sais ce que ce je veux faire. La première des choses aujourd’hui, c’est de sortir de cette spirale négative.



Quels sont vos souvenirs de Gerland ?
Je garde en tête ce match contre Lens qui permet à l’OL de remporter son premier titre de champion. Je me souviens de la frappe contrée de Pierre Laigle qui trompe Warmuz. J’ai pas pas mal de petits souvenirs comme ça. J’avais fait aussi le déplacement au Stade de France pour la finale de la Coupe de la Ligue en 2001. A Gerland, je me mettais tout le temps derrière la cage de Pascal Olmeta, qui était un ami à mon père. J’étais un privilégié. C’était génial. Toujours différent de jouer à Lyon ? Ça reste un match spécial. J’étais spectateur avant, je suis acteur aujourd’hui. Mais plus le temps passe, plus ça m’est égal. Je ne cherche pas à m’inventer d’autres souvenirs. Ça me permet de voir des amis ou des anciens dirigeants quand j’étais gamin. C’est rigolo. J’espère aussi jouer dans le Grand Stade.

Quel regard portez-vous sur l’OL de cette saison ?
C’est une équipe qui va se réveiller, j’en suis persuadé. J’ai regardé ces derniers matchs. L’OL a perdu Nabil Fekir, un des deux meilleurs joueurs de son effectif. Mathieu Valbuena est aussi un très bon joueur. C’est une équipe compétitive. Il y a eu un recrutement malin. J’aime bien les regarder jouer, il y a de la cohérence, de l’intelligence. Ils sont un peu dans le dur en ce moment, ils ne sont pas où ils devraient être. Mais quand la machine va se remettre en marche, ça va faire très mal.

Au vu des difficultés lyonnaises à domicile, comment imaginer vous ce match ? Comment l’aborder, avec plus d’ambitions ?
Il ne faut pas se jeter dans la gueule du loup et ne pas se prendre pour d’autres. Ils ont besoin de se rassurer mais nous aussi. Il faudra répondre présent dans l’envie car l’OL est dans l’obligation de faire un résultat à domicile. Il faudra tenir le plus longtemps possible et savoir gérer nos temps faibles. Ça va être compliqué. Il ne faut pas être trop ambitieux puisqu’on risque de perdre en cohérence. On pourrait vite se faire punir. »

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