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Barthez - Coupet : Réussites diverses

Publié le 11 avril 2006 à 23:14 par BV

D’aucuns ne manqueront pas de voir dans la présence de Raymond Domenech dans les tribunes de Gerland un signe à moins de deux mois de la Coupe du Monde en Allemagne.

Le sélectionneur pourra arguer ses retrouvailles avec ses partenaires vainqueurs de la Coupe de France en 1973. Les concordances de l’histoire font pourtant de l’ancien arrière latéral de l’OL le témoin attentif et attendu de ce quart de finale entre les deux Olympiques.
Si les faits et gestes des deux portiers seront analysés à la loupe afin de trouver un vainqueur à ce « match dans le match », force est de rappeler avant toute exégèse le très haut niveau de performance atteint par les deux gardiens internationaux. Eu égard aux exploits passés de Fabien Barthez, nul n’oserait juger « Fabulous Fab » sur ses quelques récentes déconvenues mais nul ne peut faire abstraction des exceptionnelles peformances de Grégory Coupet, capable à l'image d'un grand buteur de "faire gagner des matchs".

Gerland ne s’y trompait pas, réservant au natif du Puy en Velay, peut-être un peu plus qu’à l’accoutumée, une chaleureuse ovation et de longs « Coupet, Coupet, Coupet... »
Concurrents directs, les deux portiers n’en demeurent pas moins animés d’un sincère fair-play et un farouche esprit de compétition. Dans une poignée de mains très attendue, et un sourire entendu, les deux gardiens lançaient avec respect et détermination cet alléchant duel à distance.

Pétard mouillé ou calme avant la tempête, les 15 premières minutes ne permettaient à aucun des deux hommes de faire étalage de leurs immenses qualités. Tout juste Fabien Barthez accompagnait-il le coup franc de Juninho au ras de son poteau droit (6e). Se méfier de l’OM qui dort, « Greg » l’apprenait à ses dépens. Après une chandelle anodine, il voyait Maoulida glisser le ballon sous son ventre et exhiber comme à son habitude un message personnel (17e). A l’exception d’une frappe de Cana au dessus de la barre (27e), il n’était pas plus inquiété au cours de 45 premières minutes paisibles. Tout juste applaudissait-il le virage sud lorsque celui-ci scandait son nom. C’était bien peu et bien différent de son alter ego marseillais.
En effet, sitôt l’ouverture du score intervenue, Fabien Barthez était mis à contribution par les incessants assauts rhodaniens. Se couchant parfaitement sur une frappe au ras du sol de Tiago (18e) puis sur une tête de Fred (20e), il repoussait l’inéluctable égalisation lyonnaise que Frédérico Chaves Guedes se chargeait de valider, laissant le portier marseillais impuissant sur sa ligne (21e). La tempête lyonnaise redoublait, dès lors, de violence mais préservait le portier marseillais du moindre effort. Juninho au dessus (31e), Sylvain Wiltord à côté (34e et 45e) et Tiago au ras de la lucarne (40e) inquiétaient le natif du Levelan sans le faire briller.
En même temps qu’un but qu’il avait quitté il y a tout juste 3 mois après une superbe reprise de volée de Sidney Govou, il retrouvait les attaquants lyonnais aussi actifs qu’avant la pause. Malouda à 3 reprises (50e, 57e, 67e ) et Tiago (66e) faisaient trembler l'ancien gardien de Monaco sans l'obliger à intervenir.

[IMG40457#R]A l’autre bout du terrain, Grégory Coupet s’ennuyait ferme. Aucune frappe cadrée des joueurs de Jean Fernandez ne lui permettait de se mettre en valeur. Toute quiétude trop prononcée pour un gardien inquiète et se double souvent de la menace lancinante d’un terrible coup du sort. Sur une action confuse conclue par Mahamadou Niang, Greg l'expérimentait et encaissait son second but de la soirée, sur le ... second tir cadré des Marseillais. Alors que Fabien Barthez regardait les missiles lyonnais s’envoler tout autour de ses buts comme sur cette ultime frappe de Sidney Govou (94e) après un bel arrêt réflexe, son duettiste solitaire observait impuissant, les mains sur les hanches, ses partenaires partir à l’abordage d’une surface traversée de toute part mais à la réussite fuyante.

On attendait un duel entre les deux meilleurs gardiens français, l’issue aura déçu. De duel il n’en fut point question. Devant une insolente réussite marseillaise, Coupet n’aura rien pu faire sur les deux seuls tirs qu’il aura eu à négocier. Son homologue aura quant à lui sorti un superbe dernier arrêt et bénéficié de l’inhabituelle maladresse rhodanienne. Chacun restait donc sur sa faim quand ce duel en forme de montagne accouchait d’une souris.
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