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Bastia... un déplacement particulier!

Publié le 02 février 2005 à 09:53 par R.B

[IMG4506L]Difficile d'oublier ce déplacement à Bastia. Il a commencé par la blessure du président Jean-Michel Aulas... il s'est poursuivi par une rencontre de faible niveau conclue par un match nul qui a laissé les Lyonnais sur leur faim. Un point de gagner... ou deux points de perdus... la suite de la saison livrera son verdict. Les Gones doivent réagir dès samedi contre Toulouse...

Direction Bastia mardi pour l'Olympique Lyonnais où les Gones doivent disputer enfin ce match de la 24ème journée remis samedi en raisons des conditions climatiques. Joueurs et staff technique étaient partis cette fois ci le matin de Lyon. Le reste de la délégation lyonnaise avec le président Jean-Michel Aulas à sa tête avait prévu de rejoindre la Corse en milieu d'après-midi. Rendez-vous donc à Bron pour un départ vers 14h 30. Le magnifique Falcon 50 attendra 90 minutes… l'arrivée du président qui en ayant glissé malencontreusement aux abords du siège de l'OL s'est rompu le tendon de l'épaule droite. Clinique, radio, attelle, opération en vue… le bel oiseau gris s'envolera à 16h avec un président souffrant mais bien présent. Entre temps, séquence souvenir à l'aéroport. On retrouve une photo de Bernard Lacombe aux côtés de Louis Pradel au retour de la finale de Coupe de France victorieuse en 1973; coups de téléphone à Bastia pour prévenir les dirigeants du retard... 5 minutes après le décollage, la grisaille locale fait place à une magnifique mer de nuages ensoleillée. Les Alpes, la Méditerranée, l'Île de Beauté… en 45 minutes pétantes, le bolide des airs a rejoint le tarmac de Poretta. En bout de piste, l'avion des joueurs attend le retour de ses ouailles. La température est douce. 2 taxis sont là pour rejoindre au plus vite Furiani. Direction la petite route tranquille qui sillonne la lagune. Et alors la neige ? «Je n'avais jamais vu cela de ma vie… Les villageois étaient bloqués dans leurs montagnes. Ils voulaient que nous allions les chercher en taxi. Mais c'était impossible. Eux là haut, ils n'ont pas d'équipement pour la neige… alors nous en plaine, tu imagines… ». Nous sommes bien en Corse en entendant l'accent typique de notre chauffeur de taxi. Ce chauffeur étant au passage le fils de Robert Vanucci, ancien joueur professionnel � Ajaccio, Sochaux, Marseille… et partenaire en sélection espoir de Bernard Lacombe. «Aujourd'hui, vous n'allez pas avoir de problème pour l'emporter… » se permet de rajouter ce fiston en guise de bienvenue. Les lumières du stade se rapprochent... les portes s'ouvrent par enchantement. Le bon président bastiais, Louis Multari, prévenu du retard a laissé ses consignes.



Les couloirs de Furiani ; à quelques mètres de la loge présidentielle, Christain Karembeu est en pleine discussion avec des supporters. Un bref salut au Kanak et tout le monde peut enfin s'asseoir. Le match a débuté depuis 14 minutes. L'OL semble bien installé dans cette rencontre. Les Gones vont d'ailleurs marquer rapidement sur une tête lobée d'Essien qui trompe un Penneteau avancé. C'est bien parti… Mais peu à peu, les Olympiens perdent le fil de leurs idées ; les locaux poussent et gênent le champion de France. Les fautes, de part et d'autre, se multiplient. Cela entraînent le courroux des supporters insulaires. Ayant repéré la délégation lyonnaise, les quolibets se font de plus en plus sonores à l'adresse de celle-ci. Dans les stades, là bas, ici ou ailleurs, l'être humain montrent souvent ses « drôles » d'égarement ! Ce n'est pourtant qu'un match de football. Que faire ? Répondre… «Surtout de rien dire. Ce n'est pas agréable… il y a des endroits où c'est plus pénible à supporter… ». Le président Jean-Michel Aulas reste imperturbable devant ces bêtises qui semblent déranger son homologue. A la mi-temps l'OL mène 1 à 0 et nous espérons que le repos va relancer la mécanique des coéquipiers de Govou.



Pendant cette pause, Christian Karembeu est présenté au public. Cela fait bizarre de voir un champion du monde. Le Calédonien est affûté ; il dégage, même en « civil », une incroyable puissance physique. En bon mâle, on cherche Adriana. La divine aux jambes interminables n'est malheureusement pas là. Le match reprend et après un sauvetage de Cris, le 2ème corner bastiais va se conclure par l'égalisation de Chimbonda (48ème). Réduits à 10 après l'expulsion d'Uras, les Bleu ont retrouvé l'âme corse ; les Lyonnais ne présentent plus le visage qui leur va si bien ; ce visage de conquérants. Le jeu devient inconsistant et l'on a compris que le nul sera au mieux la traduction de leur prestation. 1 à 1. Lille est de nouveau à 5 points ; Monaco, avec un match en moins, pointe à 7 longueurs ; l'OM à 8… Déception logique.



En descendant aux vestiaires, nous assistons aux belles retrouvailles de Née et de Coupet. Un dirigeant local salue Essien d'un amical "tu n'avais pas le droit de nous marquer ce but...". Uras, André, Sidibé viennent à la pêche au maillot... Les couloirs de Furiani sont toujours aussi exigus. Ici, les interviews d'après match ne sont jamais une sinécure. En voyant sortir Paul Le Guen des vestiaires, il est inutile d'attendre ses propos. Son visage suffit à traduire l'analyse à venir. Le coach n'a pas apprécié… les mots choisis confirmeront l'impression visuelle. Un Zimako tout en rondeurs salue quelques vieilles connaissances ; De Zerbi passe à son tour. Décidemment, c'est le passage des anciens ailiers du coin.



Il est 19h 45, direction les taxis et Poretta. Le Falcon est prêt… le retour sera sans histoire avec cette phrase présidentielle. «Avant lorsque nous repartions de Bastia avec un point, nous étions content… ». Un président qui souffre de son épaule mais qui n'en fait pas moins des calculs qui le laissent logiquement optimiste. A 21h, les lumières de Lyon sont en vue. La journée est passée à une vitesse incroyable. Une journée particulière, il faut en convenir. En reprenant la voiture, on refait une fois encore le match, le jeu et les joueurs. Rien ne sortira de l'habitacle… mais 4 heures après la fin de cette rencontre, la déception était toujours présente. « Il faut se remettre moralement avant d'accueillir Toulouse… Il nous faut une semaine à 4 points… il n'y a pas de sonnette d'alarme à tirer… ». En vrac, les propos de Paul Le Guen, de Jean-Michel Aulas et d'Anthony Réveillère seront la conclusion de ce 1er février. Le président, 8 heures après sa chute, ressent de plus en plus les conséquences de celle ci au point de craindre une fracture d'une côte. Direction de nouveau l'hôpital où les radios le rassureront. Quelle journée particulière...



R.B

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