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Benzema a "faim de matchs et de ballons"

Publié le 18 septembre 2007 à 07:00 par BV

Karim Benzema est un vrai modeste que ses récentes performances ont inévitablement placé sous les feux des projecteurs.

Auteur de huit buts en sept journées de championnat, dont un triplé lors de la dernière à Metz, le jeune attaquant lyonnais est très naturellement, à la veille du déplacement de l’OL au Camp Nou, au centre de toutes les attentions. Alors, au moment d’accepter le rôle de principale arme offensive du sextuple champion de France, le regard se fait plus fuyant, le sourire gêné ; il en viendrait presque à rougir s’il n’appelait à la rescousse la quasi-totalité de l’effectif lyonnais : « Il n’y a pas que moi à Lyon ». Et de citer pêle-mêle « Juninho, les défenseurs, les milieux de terrain, Govou, Keita, Ben Arfa. »
Ne lui parlez guère plus du classement des buteurs de la Ligue 1 qu'il domine avec trois unités d'avance sur ses plus proches poursuivants : « ce n’est pas un objectif ». Tout juste reconnait-il que « chaque attaquant aime bien marquer » et concède : « si j’ai la chance de marquer à chaque match, j’accepte. » (Rires) Refus récurrent de ne pas, à seulement 19 ans, tirer la couverture à lui, certes ! Perception innée du football et sens du sacrifice collectif, plus sûrement encore ! « J’ai la chance que cela me sourie et qu’on me mette dans les meilleures conditions. » Karim Benzema respire le football jusqu’à en mesurer avec une étonnante maturité les indispensables équilibres.

Une autre tentative dans le champ de l’affectif : un déplacement à Barcelone, terre d’éclosion de l’idole, Ronaldo, auteur de 39 buts en 44 matchs sous le maillot blaugrana en 1996/1997. On y pense ? Et cette gestuelle de joie après un but qui procurerait une si forte impression de déjà-vu aux 80 000 spectateurs de Barcelone. Ca doit tout de même faire cogiter, non ? « Pour moi, ce n’est pas un match particulier, mais il est évident que Barcelone, le Real ou le Milan AC sont des équipes qui font rêver. »

Finalement, le phénomène Benzema, ce sont ses coéquipiers qui en parlent le mieux. Pour Sidney Govou, qui l’a vu grandir au sein du centre de formation du club olympien, « là où il est vraiment impressionnant, ce n’est pas tant dans ses statistiques que dans sa grande maturité à son âge ». « On savait qu’il avait énormément de talent, on connaissait tous ses qualités. On savait qu’il allait marquer des buts, confie-t-il. Ce qui est intéressant, c’est que c’est un vrai buteur mais également un joueur qui sait jouer avec les autres. Peu de buteurs ont ce registre là. Il sait jouer avec ses coéquipiers et se montrer décisif quand il faut l’être. »

De sa dernière saison avec Gérard Houllier, souvent positionné sur le côté gauche, il confie avoir « beaucoup appris », notamment « à étoffer (son) jeu. » Une saison 2006/2007 de tous les enseignements pour le protégé de Bernard Lacombe. « J’ai également appris à bien récupérer, révèle-t-il. La récupération, la sieste, ne pas faire n’importe quoi, ça compte pour être un bon footballeur. Aujourd’hui, c’est clair que je me sens bien, la tête se redresse, et j’espère que cela va continuer pour moi ».
A ses yeux, avec l'apport de ses coéquipiers, la clé de sa réussite tiendrait presque tout entière dans les efforts répétés à l’entraînement. Erigeant le « travail » en règle de d’or, tout juste tempère-t-il l’influence de celui-ci sur « le sang froid nécessaire devant le but. » « Depuis que je suis tout petit, devant le but, j’arrive à mettre le ballon au fond » sourit-il.

Titulaire lors de toutes les rencontres officielles de l’Olympique Lyonnais cette saison, le jeune international français ne semble pourtant guère pressé de passer son tour. Fatigué ? Du tac au tac : « Non je ne suis pas fatigué. J’ai faim de matchs et de ballons, ne pouvant réprimer un sourire de plaisir. Je ne suis pas fatigué, je suis en pleine forme. » Ca, on s’en serait douté.
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