masculins / Un jour de match

Bergues: "Le match? C'est le devoir que l'on rend"

Publié le 05 août 2005 à 14:18 par R.B

Sa gentillesse, son côté chaleureux et la qualité de ses séances d'entraînement ont déjà conquis sa nouvelle famille de travail. Lorsque vous demandez à <b>Patrice Bergues</b> si l'on peut parler de <b>son jour de match</b> sur une des pelouses de Tola Vologe, pour les besoins d'OLTV, il répond sans calcul : « où vous voulez, je suis à votre disposition… ». Après, la saison dernière, <b>Paul Le Guen</b> et son staff... après le président <b>Jean-Michel Aulas</b>... c'est donc le jour de match de <b>Patrice Bergues</b>...[IMG6409L]

Sa gentillesse, son côté chaleureux et la qualité de ses séances d'entraînement ont déjà conquis sa nouvelle famille de travail. Lorsque vous demandez à Patrice Bergues si l'on peut parler de son jour de match sur une des pelouses de Tola Vologe, pour les besoins d'OLTV, il répond sans calcul : « où vous voulez, je suis à votre disposition… ».



Après Paul le Guen, l'ensemble de son staff la saison dernière… et le président Jean-Michel Aulas, nous avons voulu connaître ce fameux jour de match du nordiste, adjoint de Gérard Houllier. « C'est nouveau pour moi… Disons que chronologiquement, cela commence par le petit déjeuner obligatoire au niveau du staff vers 8h 30. Nous en profitons pour lire la presse sportive nationale, régionale. Nous préparons ensuite le trajet pour la promenade. Moi, je prépare la mise en place sur les coups de pied arrêtés avec Rémi Garde. Ensuite, c'est la promenade d'un quart d'heure (11h 30), puis le déjeuner. Au niveau du staff, nous discutons jusque vers 14h. Après chacun tue le temps comme il l'entend. Moi, je cherche s'il y a un match de n'importe quel sport à la télé… ou je bouquine. Tout s'enchaîne rapidement avec la collation, la causerie, l'arrivée au stade, l'échauffement, le match… Dans les vestiaires, nous refaisons un point sur les coups de pied arrêtés… j'essaie aussi de sensibiliser le groupe sur des points précis et de rassurer ceux qui en ont besoin ».



Patrice as-tu des habitudes ?

« Pas vraiment. Mais je me prépare comme un joueur ; je n'aime pas trop discuter. Je reste concentré. Mais ma tête est plus détendue. Par rapport aux joueurs, je dois donner l'image d'une personne très relâchée, même si à l'intérieur cela bouillonne. Chaque match est la sanction du travail de la semaine. A ce moment là, tu estimes que tu as tout fait dans la semaine pour préparer le match, mais il faut accepter qu'il y ait une part qui nous échappe : c'est celle qui appartient aux joueurs. Nous ne sommes pas responsable de tout… Pour en revenir aux habitudes, avant j'étais comme bon nombre de joueurs... je faisais attention à des détails... je voulais me rassurer. Et puis, tu t'aperçois au fil du temps que tout cela est futile ».



Que représente pour toi le match ?

« Le match? C'est le devoir que l'on rend. En acceptant les divers scénarii et en sachant l'analyser. Cela permet ensuite de s'appuyer dessus pour la semaine de travail à venir, le prochain match. Cela nous donne des clefs par rapport à un instant donné ».



Es-tu acteur ou spectateur ?

« Forcément acteur, mais plus ou moins engagé. Sur le banc tu encourages, tu peux conseiller. Mais il ne faut pas se leurrer, quand il y a 40 000 spectateurs dans le stade, les gars n'entendent pas grand-chose. Il y a donc un sentiment d'impuissance. Alors, il faut se servir de tes observations pour la mi-temps, pour après… Ton rôle d'adjoint te permet de réconforter ceux qui en ont besoin, d'en calmer d'autres. Tu actives les ficelles en étant en permanence attentif, parce que tu peux prendre plus facilement du recul en n'étant pas exposé comme l'entraîneur. A la mi-temps, Gérard tient un discours pour le collectif ; moi, je m'attache uniquement à celui individuel, lorsque je sens que c'est nécessaire ».



Stressé sur le banc ?

« Moins qu'avant. L'expérience m'a aidé à avoir des certitudes. Le match est donc plus facile à vivre. Et puis, tu dois te maîtriser ; les joueurs ont besoin d'être rassurés. Il est vrai aussi que le comportement change en fonction du club où tu travailles. Ce n'est pas la même chose si tu joues le titre ou le maintien. L'exigence est différente »



Participes-tu au coaching ?

« Avec Gérard, nous avons des habitudes. On discute, on doit se mettre simplement d'accord en sachant qu'il est très rare que nous soyons en désaccord sur le sujet �.



Que fais-tu de ton après-match ?

« Déjà, je n'ai pas la pression du résultat. Mon esprit est tourné vers l'entraînement qui va suivre. Pas question donc de me prendre la tête. Au contraire, il faut que je, m'aère l'esprit pour être prêt psychologiquement à repartir au travail quel que soit le résultat. J'ai beaucoup appris de Samy Lee, un des adjoints de Gérard à Liverpool. Il était toujours de bonne humeur. Cela ne sert à rien en effet d'en rajouter une fois que le match a été disputé ».



Enfin comment imagines-tu ce ton premier match à Gerland ?

« Je n'y pense pas. Je n'imagine pas aujourd'hui que je vais ressentir quelque chose de spécial. Mais,on verra dimanche. En revanche, je peux te dire que tous les matins, je suis content de venir à Tola Vologe. Je sais que je vais retrouver des conditions de travail que j'aime, un groupe que j'apprécie, un staff en parfaite symbiose. J'étais loin d'imaginer cela il y a quelques mois. Je me dis : punaise… j'ai de la chance ; je suis heureux. Après pour la reconnaissance du public de Gerland… attendons de remporter des titres. Il faut rester humble, travailler, avoir des résultats et après nous pourrons peut-être parler de reconnaissance, même si elle n'est pas le moteur principale de notre métier… »



R.B

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