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Bilan : la saison vue par le coach

Publié le 23 décembre 2005 à 15:30 par MG

De la joie au doute, de la crainte de voir s’envoler le championnat de D1 sans elles à la hargne de vouloir coûte que coûte rester dans la course, les joueuses de l’OL féminin ont eu à gérer un début de saison difficile.

Les anciennes sont parties. On a du piocher à la hâte dans les réserves pas tout à fait prêtes à cela, et reconstituer une équipe digne de la D1.
Au fil des matchs, le coach Farid Benstiti a composé sa partition qu’il a testée en plein direct. Exercice périlleux duquel il sort avec les honneurs. Les lyonnaises sont en effet, avec Toulouse, dauphines de Juvisy, en notant que Toulouse compte un match de retard face à Montpellier, club des championnes de France.
Dauphines de Juvisy à l’issue de la 13ème journée, un résultat plus que positif.
Reste la frustration d’avoir pu mieux faire encore pour éviter l’envolée juvisienne aujourd’hui à 14 points des lyonnaises.
Les violons accordés, le spectacle risque d’être surprenant, à partir de janvier.

Regard sur un début de saison avec le coach des féminines de cette D1, Farid BENSTITI.

« C’est un début de saison en 3 phases. Une première où on a eu quelques difficultés à recentrer notre groupe. Les aléas ont fait qu’on a du intégrer très vite de jeunes joueuses qui n’avaient peut-être pas les capacités à soutenir un championnat comme le nôtre.
La deuxième phase a été de digérer l’arrêt de certaines cadres de l’équipe comme Cécile Locatelli, Séverine Creuzet, Marianne Grangeon, Lorie Fair et Danielle Slaton qui sont toutes les deux rentrées aux Etats-Unis.
Et puis une dernière phase pendant laquelle on a eu la satisfaction de voir des jeunes joueuses qui ont réussi à sortir la tête de l’eau et à exprimer véritablement leur qualité comme lors de leur déplacement face au PSG. »

Tu es satisfait ?
>« C’est un sentiment mitigé. Satisfait de ce que l’on a pu retirer des capacités individuelles de très jeunes joueuses. Aujourd’hui on digère le retard qu’on avait pris au niveau athlétique et tactique. En cela je suis satisfait.
Mais le bilan est plus nuancé parce qu’on ne doit pas avoir d’excuses, même avec quelques soucis d’effectif. Il faut comprendre, et je le dis souvent aux filles, que tout est en construction. Nous étions FC Lyon, nous sommes olympiens aujourd’hui et fiers de l’être. On a de plus en plus de moyens.
Nous sommes dans une phase d’apprentissage. Mais malgré cela, je crois qu’on a manqué le coche à plusieurs reprises. On aurait pu gagner beaucoup plus de matchs que ça. On ne s’en prend qu’à nous même."

Les Filles sont souvent en difficulté à domicile. Comment l’expliques-tu ?
"Il existe deux comportements chez les jeunes joueurs. Il y a ceux qui sont complètement débridés et même un peu fou, comme Ben Arfa, Benzema ou Clément qui ont franchi un palier cette saison et sont bien encadrés par de plus anciens joueurs. Et il y a les adolescents qui sont très hésitants. Ils sont, excusez-moi l’expression « le cul entre deux chaises », ils se posent beaucoup de questions. Ces derniers sont plus compliqués à gérer. Ils n’expriment pas à 100% leur potentiel.
Je ne leur en tiens pas rigueur évidemment mais il est vrai que certaines n’ont pas la maturité pour ce genre de championnat.
A domicile, cela donne des matchs délicats parce qu’on doit prendre la responsabilité du jeu, on doit entreprendre, prendre des risques et amener l’équipe à la victoire. Des paramètres qui ne sont pas actuellement présentes dans la tête des jeunes joueuses. Mais ça va venir.

Tes objectifs Farid pour le reste de la saison ?
« Du moment que j’avais perdu mes cadres, il fallait reconstruire. Les sons de cloches d’impatience ou de nervosité, je n’en ai jamais tenu compte. Ce qui m’intéresse, c’est l’objectif que je me suis fixé compte tenu du groupe que je considère de qualité mais très jeune. Donc il faut être patient. Aujourd??hui, j’ai la possibilité de travailler sereinement, c’est ce qui va faire que l’on va faire une très bonne deuxième partie de championnat et que l’on va avoir beaucoup de regret, ça j’en suis certain aussi. »

Les lyonnaises, championnes de France, tu y crois encore ?
« Malheureusement, si on n’avait un championnat comme celui des garçons, il serait aisé de dire que l’on peut être champion de France. Le club fera les efforts avant le 31 décembre de renforcer avec 1 ou 2 joueuses, il travaille dans ce sens mais c’est très compliqué chez les filles.
Si on a la chance de se renforcer, on terminera très correctement la saison. Mais ce n’est pas un championnat de garçons. C’est très difficile de rattraper le retard pris sur Juvisy ou Montpellier. »
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