masculins / Milan AC 3 - OL 1

Bonsoir tristesse !

Publié le 04 avril 2006 à 22:50 par BV

Si loin de Milan comme beaucoup de supporters lyonnais, qu’il est stressant d’attendre patiemment ce rendez-vous avec l’histoire tant attendu. Plus la journée avance et plus la tension grandit. Encore 2 heures et les 22 joueurs envahiront mon poste.

Toute occupation, même insignifiante, rompt joyeusement l’espace d’un instant cette terrible attente. Lyonplus n’avait probablement jamais aussi bien titré que ce matin en prédisant « Le jour le plus long ».
Les pronostics se multiplient. Dans la bouche de chacun revient le même refrain : 1-1 but de Juninho sur coup franc. Absent au match aller, le Brésilien et son arme préférée cristallisent tous les espoirs d’un peuple lyonnais, et français, frustré d’un match aller stressant. « Je mise sur Nino » s’avance Sève…avant de rappeler les difficultés éprouvées par l’OL cette saison contre les équipes jouant en rouge et noir. Esprit de contradiction, ou curieuse répétition de l’histoire ?

« Et si… » ! Vite, chasser cette effroyable vision d’un OL éliminé. Chasser ce maudit chiffre de 31% qui ne rappelle que trop la difficulté de la tâche. Et si tout s’arrêtait ce soir vers 22h35. Et si l’OL laissait passer cette formidable chance de disputer une finale de Champions League « à domicile »... Ne pas y penser. Expliquer… Monologuer sur l’importance de Nino Wiltord lors d’une telle rencontre. Auteur de 13 buts cette saison, il devrait à n’en pas douter parvenir à reprendre un centre de « Flo La Fnac » ou un coup franc millimétré de « Juni ».

Horreur ! Continuellement branchée sur OLTV depuis le début de la matinée, la télévision rend l’âme. Après les croissants lors du flash de 8 heures puis le cornichon à midi, Serge Colonge l’achève avec son goûter. Comme 10 fois par jour Eric est appelé à la rescousse. Juste le temps d’installer un nouvel écran que "Sergio" réapparaît pour brûler un cierge…
Marilyne multiplie les aller et retours entre le plateau et la salle de rédaction afin de préparer la grande soirée de Champions League d’OLTV. Les invités regagnent doucement le plateau.
Un café, un ou deux coups de téléphone, et Richard fait son apparition en duplex depuis Milan. Devant San Siro, il se veut rassurant : « l’arbitre de la rencontre est monsieur Hauge qui avait déjà arbitré les Lyonnais face à Porto il y deux ans… » Et si on essayait d’oublier cette référence… Et si on ne retenait que la seconde partie de son intervention consacrée à la composition de l’équipe lyonnaise : « Govou… Wiltord… et Fred ». Ca pour une nouvelle ! Gérard Houllier innove et aligne une équipe très offensives. Fred ? Et si le salut venait d’un de ses coups de tête. A peine le temps de se poser en entraîneur du dimanche que Richard revient pour révéler le 11 milanais. Comme prévu Inzaghi a été préféré à Gilardino. Abondance de biens ne nuit pas !
Marilyne fait chanter son plateau et rend l’antenne à Richard depuis sa cabine de commentateur qui nous laisse profiter dès les premiers instants du bruit « monumental » de San Siro. Mais pourquoi Gattuso éprouve-t-il le besoin de chauffer un stade déjà si bouillant ? Malgré la pression du public, les hommes de Gérard Houllier ne commencent pas les 20 premières minutes comme lors du match aller. A l’inverse du premier acte, Nino et Fred se créent deux grosses occasions... au dessus. Surtout ne pas regretter, faire confiance à Bernard Lacombe qui affirme que « cela ne fait rien ». Oui Richard, effectivement, « les Lyonnais ont haussé le ton ». Inzaghi multiplient les positions de hors-jeu. "Ce garçon est né hors-jeu" lance Bernard.
La salle de rédaction est pleine... et pétrifiée lorsque Fred perd un ballon à 30 mètres du but de Grégory Coupet et ne peut qu’observer Inzaghi tromper le portier lyonnais d’une tête croisée. A y regarder de plus près, cela ne change rien. A peine le temps de s’en convaincre que Juninho se retrouve dans la position tant espérée. Et s’il en profitait... Après un rebond sur Cris, Djila Diarra exauce nos vœux et redonne le sourire à 15 fervents supporters massés devant leur poste comme à la France du football.

Quelle impression de puissance et de maîtrise dégagée par le collectif lyonnais! Ultra dominateurs, Nino et ses coéquipiers se montrent les plus dangereux mais Fred et Govou manquent le KO. Flo Malouda multiplie les centres et Inzaghi perd ses nerfs devant un Cris dominateur récoltant ainsi un carton jaune. « Les mouches ont changé d’âne ».
A tous les sceptiques qui craignaient que François Clerc ne se montre dépassé par l’enjeu, le Bressan répond par son jeu. En tête à la pause des classements des ballons touchés (32) et des ballons récupérés (13), il maîtrise son couloir droit, parfaitement aidé par un Govou toujours aussi précieux défensivement. La mi-temps vient clore 45 minutes largement à l’avantage des Olympiens. Jusqu’ici tout va bien ! 8 tirs de part et d’autre mais 6 occasions à 1 pour les Lyonnais. Pourvu qu' ça dure!
Et si cela pouvait continuer 45 minutes de plus. La seconde période débute comme la première. Les coéquipiers de Juninho monopolisent le ballon et Gattuso continue de chauffer le public de San Siro. Un stade qui n’avait jusqu'ici pas grand motif à se réjouir à l’exception de l’annonce du but de Villarreal qui élimine ainsi l’Inter. « Juninho a vu Clerc » lance Richard pour entamer cette nouvelle mi-temps alors que Cris occupe l’espace des deux cotés du terrain.
Etait-ce la pression des Rossoneri ou la peur de gagner ? Les Milanais retrouvent le ballon en même temps que leur football. Leurs frappes sifflent au ras des poteaux de Coupet. Pendu à la télé, «Steph » dit "Caméraman", semble avoir oublié le derby pour quelques instants.
A ce moment, on s’imagine à San Siro pour les soutenir, applaudir les sorties volontaires d’un Greg Coupet rassurant. Il suffit de fermer les yeux, c’est de l’autre côté de la télé... mais tellement intense dans les cœurs. Les corners lyonnais se multiplient. On voit peu Seedorf tandis que Chevtchenko semble perdu sur un côté droit dont il est peu coutumier.

Les 22 acteurs entament le dernier quart d’heure et on commence à craindre un « but assassin ». Et si... Non, ce serait trop terrible et tellement injuste.
Revenu du coin de sa surface, Nino s’élève dans les airs au second poteau pour sortir magnifiquement une tête de Chevtchenko. Nino ! Ô Nino ! Merci Nino. Refrain tant de fois répété cette saison mais tellement apprécié en cet instant crucial.
« Si le score pouvait rester le même dans 10 minutes » prie Bernard Lacombe tout en plaçant les joueurs depuis la place de commentateur : « Nino, il faut que tu ailles sur le côté gauche. Suis le François ! Attention dans ton dos ! »

« NOOOOOOOOOOOOOON ». Terrible et cruelle 88e minute. Inzaghi reprend victorieusement un tir de Chevtchenko sur les deux poteaux. « C’est trop injuste ». Dominateurs durant la totalité de la rencontre, les Gones échouent dans les derniers instants ...à 2 minutes d’une demi-finale historique. Les mots de Vikash Dhorasoo nous reviennent en mémoire : "méfiez-vous de Pippo Inzaghi, les ballons frappent les poteaux et lui reviennent dessus". Chevtchenko peut porter le coup de grâce, le mal est fait . Le Milan AC se qualifie et laisse à quai, dans une infinie tristesse toute une communauté olympienne abasourdie. Paris n’est pas mis en bouteille mais tous ces 'Si' ont fini par avoir raison du beau jeu lyonnais. L’OL ne méritait pas ça. Les supporters rhodaniens présents à San Siro peuvent chanter haut et fort pour remercier les leurs. Dans la capitale des Gaules chacun s’associe à ces remerciements. Mais que le football est injuste ... et triste ce soir.

Retrouvez le résumé vidéo de la rencontre dès minuit sur OLWEB Premium
Sur le même thème