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Bruno Genesio : « J’ai découvert une nouvelle approche de mon métier »

Publié le 14 novembre 2016 à 20:20 par CC

L’entraîneur lyonnais a accepté de revenir sur le début de saison du club dans un entretien exclusif accordé à OLTV et OLWEB.

Bruno, quel regard portez-vous sur le classement actuel de L1 : l’OL est 7e à 10 points de l’OGC Nice et à 7 points de l’AS Monaco et du PSG.
On est en dessous des objectifs fixés en début de saison. C’est insuffisant.  On a trois points de moins que l’an passé et en plus on se retrouve cette fois derrière trois équipes (Nice, Monaco et le PSG) qui vont vite devant. Il nous manque six points sur notre tableau de marche. Je pense aux matchs contre Dijon et Lorient, ou évidemment celui au Parc OL face à Guingamp. Si on en est là, c’est qu’on l’a mérité et que l’on n’a pas tout fait pour y arriver. Après, il y a quelques circonstances atténuantes, notamment les nombreuses blessures qui nous ont empêchés pendant près de deux mois d’aligner notre meilleure équipe possible. C’est durant cette période que l’on a laissé filer pas mal de points en route.

Ce sera déjà bien si l’on atteint l’objectif fixé par le président. Si après on peut faire mieux, on ne s’en privera pas

Après les deux victoires consécutives sur Toulouse et Bastia, pensez-vous que le challenge de 31 points fixé par Jean-Michel Aulas, puisse être déjà revu à la hausse ?
On dit que pour finir dans les trois premiers en fin de saison, il faut prendre en moyenne 2 points par match. D’ici la trêve de fin décembre, il reste 7 rencontres à jouer donc si l’on prend ces deux points en moyenne par match, on serait en avance sur ce challenge. Mais ce ne sont que des calculs mathématiques. La réalité du football est bien différente. Ce sera déjà bien si l’on atteint l’objectif fixé par le président. Si après on peut faire mieux, on ne s’en privera pas.

Quelles explications pouvez-vous donner à l’utilisation de ces nombreux systèmes de jeu ?
Je l’ai fait par la force des choses. Il fallait s’adapter mais je sais très bien que changer à chaque match de système ou de positionnement des joueurs n’est pas la meilleure manière pour avoir des repères et être régulier. Je n’aime pas ça et évidemment, je préfère un système de jeu ancré avec des variantes possibles en cours de match.

En défense centrale, vous avez également utilisé 8 charnières. Mais depuis trois matchs Mouctar Diakhaby et Emanuel Mammana sont titulaires. Tenez-vous votre nouvel axe ?
C’est encore trop tôt pour le dire mais il est clair que l’on a besoin d’avoir une colonne vertébrale stable…Cela part du gardien de but jusqu’à l’avant-centre. Pour des raisons différentes, à savoir des problèmes de blessures et de performances, on n’a pas réussi à trouver cette charnière centrale. La stabilité de notre défense centrale avait été notre force durant la seconde partie de saison. Il faut vite la retrouver pour être de nouveau performant dans ce domaine.

Ces dernières semaines vous avez insisté sur le manque de confiance de votre équipe, quels ont été vos axes de travail dans ce domaine ?
Quand cela ne va pas. Il y a deux choses à faire. Travailler et dialoguer. Il faut échanger, parler pour garder le groupe solidaire. Quand on commence à perdre, on rejette souvent la faute sur les uns ou les autres. Durant cette crise de résultats, il fallait faire une autocritique individuelle et collective. Nous ne sommes pas encore guéris et cela prendra encore du temps, mais on a montré que le club était solide.

Quelles chances vous donnez-vous de participer aux huitièmes de finale de la Ligue des Champions ?
Il est bien difficile de donner un pourcentage. La seule chose dont on est sûre, c’est que nous n’avons plus notre destin en mains. L’équipe est pourtant passée proche de faire beaucoup mieux, notamment face à la Juventus. On aurait du prendre 1 voir 3 points en plus. Lors des deux derniers matchs, on va jouer malgré tout notre chance à fond. On va tout d’abord bien préparer le match à Zagreb pour tout faire pour le gagner, tout en espérant dans le même temps une victoire de la Juventus à Séville.

Cela fait presque un an que vous êtes à la tête de l’équipe première, vous attendiez vous à un rôle aussi difficile ?
Je m’y attendais mais tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne sait pas trop ce que c’est. J’ai eu la chance d’avoir 5 à 6 mois plutôt joyeux la saison dernière.  Sur cette première partie de saison, je vis des moments plus difficiles. Je découvre du coup une nouvelle approche de mon métier.  J’apprends à être dans la critique, dans la recherche de solutions. C’est une approche différente du métier et un travail aussi sur moi même. Pour résister, il faut faire preuve de ténacité dans ses idées et ne pas se laisser polluer par l’extérieur. Il faut montrer une force de caractère supplémentaire.  C’est aussi dans ces moments-là que l’on peut juger de la qualité des gens qui vous entourent et travaillent avec vous. En ce qui concerne les critiques, j’y suis habitué car j’ai été joueur. Il y a aussi beaucoup de gens qui m’encouragent, pas sur les réseaux sociaux, mais des gens que je croise. J’ai aussi beaucoup de soutien des entraîneurs, et c’est important d’avoir la reconnaissance du milieu.

Vous êtes-vous senti menacé pendant cette crise de résultats ?
Non, pas du tout. J’ai un staff qui a été très proche de moi, un président qui a été toujours dans le soutien en externe comme en interne, et j’ai senti aussi des joueurs qui étaient derrière moi. De toute manière, je n’ai pas trop pensé à ça.  Sinon on ne fait plus rien et on n’est plus soi-même. Alors que c’est dans ces moments là qu’il faut garder ses convictions. Après, on est jugé sur ces résultats, mais la frontière entre une victoire et une défaite est parfois très mince…

Pour terminer, quel est le message que vous souhaitez faire passer aux supporters ?
Je tiens tout d’abord à les remercier. L’équipe est bien consciente de ne pas avoir fait de très grands matchs depuis le début de saison. Les supporters nous ont pourtant toujours soutenus à domicile comme à l’extérieur. Je leur demande de continuer à être derrière nous car on a besoin d’eux, dans les bons comme dans les mauvais moments. Il est important pour le groupe de sentir l’adhésion de tout le monde.


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