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Bruno Genesio : « Le match contre le PSG nous a décomplexés »

Publié le 07 mai 2016 à 08:00 par R.B

Avant cette finale face à l’AS Monaco, large tour d’horizon avec Bruno Genesio... qui revient évidemment sur ce qui s’est passé depuis sa nomination... Il est question de son métier, de son groupe, de son staff et de ces 90 minutes capitales...

Bruno, sincèrement, est-ce-que tu croyais en un tel scénario début janvier ?
« J’en rêvais et j’y ai toujours cru même quand on avait 10 points de retard sur Monaco après notre défaite à Bastia. Pourquoi une telle confiance ? Le climat général du groupe, la qualité des joueurs, de nos matches et aussi cette culture du club à ne jamais lâcher. Mais, je ne pensais pas que l’on se retrouverait avec cet avantage. J’imaginais plutôt un ou deux points de retard... » .

Cette situation tu l’attribues en priorité à l’OL ou à la baisse de régime des Monégasques ?
« Je considère que c’est l’OL qui a su revenir et pas l’inverse. Regarde notre rythme lors de la phase retour... c’est un parcours de champion. A tous les niveaux, les chiffres sont parlants ».

As-tu une fierté particulière ?
« Que l’équipe soit à l’image de ce que j’aime dans le foot. Pour moi, il y a un collectif, du travail, de l’exigence, du respect, et aussi du talent. L’adhésion des joueurs ? Je m’en doutais. Mais cela a certainement dépassé mes attentes. J’ai demandé et je demande encore des choses difficiles et les joueurs ont accepté. On a fait du chemin ensemble, même si le plus dur et le meilleur restent à venir ».

Un entraîneur qui fait des choix pertinents (10 points de pris notamment après coaching en match) ?
« C’est important parce qu’un entraîneur est avant tout jugé sur les résultats. Et que la frontière entre une victoire, un nul et une défaite est souvent étroite. Le coaching ? Il y a une part d’intuition. Tu sens aussi les choses comme à Toulouse avec le choix de faire entrer Clément (Grenier). Mais tous tes choix sont validés par les joueurs. Je pense qu’ils sentent qu’il y a de l’honnêteté et cela les conduit à adhérer. Oui, cela aussi crédibilise un entraîneur surtout quand il débute ».

Un métier de fou mais j’aime ! Il faut être maso. Il génère des émotions fortes. Tu peux passer de la  joie à la déception  en une poignée de secondes comme à Toulouse. C’est indescriptible...

Comment définirais-tu ce métier ?
« Un métier de fou mais j’aime ! Il faut être maso. Il génère des émotions fortes. Tu peux passer de la  joie à la déception  en une poignée de secondes comme à Toulouse. C’est indescriptible... Et il faut rester lucide, transmettre du positif aux joueurs, faire sentir que tu ne subis pas. En passant du rôle d’adjoint à celui d’entraîneur principal, tu changes de monde. Tu es plus exposé. Tu n’as plus la même vie, cela se voit par exemple dans la rue. Mais je le vis bien. Je reste mesuré, c’est si fragile. Aujourd’hui en haut et demain ? Est-ce-que je me surprends ? Oui. Je pensais avoir plus de difficultés à faire tout cela ».

Un moment où tu as senti que la saison basculait du bon côté ?
« La semaine et le match face au PSG. La veille, on a fait une mise ne place et j’ai senti une force collective. Il ne pouvait pas nous arriver grand-chose malgré les absences. Ce match nous a fait beaucoup de bien dans nos têtes. Il nous a décomplexés. On a franchi un cap ».

Avoir la main en recevant Monaco est-ce un avantage ?
« Oui, car il y a deux possibilités de résultat favorable. Cela peut changer la manière d’aborder la rencontre mais pour moi, les deux équipes sont dans l’obligation de gagner. Je m’attends à un match ouvert. Je m’attends à voir un Monaco différent et pas attentiste, par exemple. Cette équipe a une très bonne organisation, possède des joueurs d’expérience, un entraîneur aussi. Il y a encore du talent dans ce collectif de qualité à l’image de Silva, Subasic, Toulalan... Un groupe difficile à bouger qui peut avoir des fulgurances offensives. Une équipe très performante sur les phases arrêtées offensives ».

Plus un match de coupe que de championnat ? De l’impatience ?
« Oui, c’est plus un match de coupe. Après, je ne crois pas qu’il y ait de l’impatience mais juste l’envie de bien préparer la rencontre avec de la sérénité, du sérieux. On revient de loin. On est désormais dans l’objectif fixé entre nous début janvier. Cela montre la force de ce groupe... On a des convictions. Après on verra. Effectivement notre première période face à Nice et le match contre le Gazelec ont montré moins de liant dans notre jeu. L’enjeu y est peut-être pour quelque chose plus que la fatigue. Cette semaine, je vais insister sur tout le positif accompli pour dédramatiser ».

La 2ème place ?
« C’est l’objectif, synonyme de réussite au regard de ce que l’on a fait ».

Jo (Bats) ? L’expérience. Il empêche de s’enflammer. La bonne parole... Claudio (Cacapa) ? Une très bonne surprise. C’est une valeur ajoutée... Michel (Audrain) ? Lui, aussi une surprise. Je lui ai dit ce que j’attendais de lui. Il s’est senti concerné et il le rend... Les préparateurs physiques ? Comme moi, on les attendait au tournant, déjà parce qu’ils sont jeunes. Ils ont répondu en mieux aux attentes... Le staff médical ? Expérience, compétence, travail en restant chacun à sa place. Il y a entre eux une grosse complémentarité...

Un mot sur ton staff ?
« Il est à l’image de l’équipe : travailleur, rigoureux, solidaire, compétent. Gérald (Baticle) ? La responsabilisation... Jo (Bats) ? L’expérience. Il empêche de s’enflammer. La bonne parole... Claudio (Cacapa) ? Une très bonne surprise. C’est une valeur ajoutée... Michel (Audrain) ? Lui, aussi une surprise. Je lui ai dit ce que j’attendais de lui. Il s’est senti concerné et il le rend... Les préparateurs physiques ? Comme moi, on les attendait au tournant, déjà parce qu’ils sont jeunes. Ils ont répondu en mieux aux attentes... Le staff médical ? Expérience, compétence, travail en restant chacun à sa place. Il y a entre eux une grosse complémentarité... »

Enfin, Bruno, es-tu capable de préparer ton équipe pour un match de Ligue des Champions ?
« Je pense que oui (sourire)... J’en suis convaincu. Après, qu’est-ce-que cela veut dire ? Je me souviens de ce que disaient, début janvier, certaines personnes sur moi. Franchement, cela ne me perturbe pas sinon je l’aurais été depuis longtemps. Les expériences heureuses et malheureuses vécues dans ce métier m’ont fait grandir, m’ont apporté du recul. J’ai envie de dire aussi que j’entends, je lis des choses  qui m’insupportent comme celles à propos des capacités de Laurent Blanc... Il faut rester dans les limites du correct, dans l’analyse...


Entretien extrait du programme de match "Tribune OL" spécial #OLASM

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