masculins / OL - ASSE J-1

C. Galtier« On doit se décomplexer »

Publié le 12 mars 2010 à 16:00 par BV

Christophe Galtier a passé une saison à l’OL (2007 - 2008), comme entraîneur-adjoint d’Alain Perrin. Aujourd’hui entraîneur de l’ASSE, il a accepté « avec plaisir » d’évoquer le derby rhônalpin.

Vous avez connu plusieurs derbies, tant sur le terrain que sur le banc. Comment définiriez-vous un derby ?
Tous les derbies sont chauds. J’ai connu des derbies entre Marseille et Toulon où, sur un plan défensif, on avait beaucoup plus de libertés qu’aujourd’hui. C’étaient toujours des matches très engagés. Mais je ne regrette pas que cette époque-là soit révolue, c’était à la limite du dangereux. Que ce soit dans le Nord, dans le Sud-ouest ou entre Lyonnais et Stéphanois, ce sont toujours des matches particuliers, des rivalités entre supporters. Ces matches sont entourés d’un fort engouement médiatique qui fait monter la pression durant toute la semaine. On sent alors au sein même du groupe une certaine nervosité, ce que je cherche à évacuer parce que cela reste un match avec trois points en jeu. Trois points dont on a besoin en ce moment. Par expérience, je ne veux pas qu’il y ait un excès de motivation parce que cela peut amener à un état d’excitation. Or, quand tu es dans l’excitation dans ce type de match, tu es complètement hors-sujet. Il faut avoir de la lucidité.

Pensez-vous qu’il existe des « joueurs de derby », capables de se sublimer lors de ces rencontres particulières ?
Cela existe de moins en moins parce qu’il y a aujourd’hui moins d’attachement au club, du fait que les joueurs en changent très souvent. Les joueurs s’identifient donc moins à un club. Toutefois, à Lyon, un joueur comme Sidney Govou fait partie de ces joueurs que l’on peut appeler des « joueurs de derby ». A Saint-Etienne, on peut citer Jérémie Janot, qui est au club depuis plusieurs années, ou Loïc Perrin, qui y a été formé et qui est un pur Stéphanois.



L’OL est 3e au classement, l’ASSE 16e. Le derby peut-il niveler les valeurs ?
Je pense surtout qu’il arrive à un moment où les deux équipes, bien qu’ayant des objectifs différents, ont besoin de points.

Le derby va-t-il niveler les valeurs ?
Je l’espère parce que je sais que l’on va rencontrer l’équipe en forme du moment, la meilleure en 2010. Depuis 10 ans, l’OL fait partie des meilleures équipes européennes, mais on doit se décomplexer par rapport à cela. En 90 minutes, l’ASSE doit être capable de battre l’OL.

Le derby aura lieu trois jours après le huitième de finale retour entre le Real Madrid et l’OL. Est-ce le bon moment pour affronter l’OL ?
L’OL est en forme actuellement. Cette équipe est prête pour le sprint final. Connaissant la qualité de son effectif et la mentalité qui l’habite, je sais que dans ce moment-là, elle est redoutable. Il faudra voir les conséquences que pourrait avoir sur elle la qualification ou l’élimination (l’entretien a eu lieu avant le match Real Madrid – OL). Croyez-moi : mercredi soir, je serai un fervent supporter de l’OL, mais je crois qu’il y aura une telle débauche d’énergie en prévision du match à Madrid qu’il pourrait peut-être s’ensuivre un moment de fatigue ou de relâchement à l’approche du derby. Du moins, je le souhaite.

galtier

Avez-vous conscience que vous prendriez une autre dimension si vous deveniez le premier entraîneur stéphanois à battre l’Olympique Lyonnais depuis 16 ans ?
Je n’y pense pas mais en préparant le match, je me souviens de certaines phrases de Monsieur Aulas qui me disait souvent : « Tous mes derniers entraîneurs ont été champion », « Tous mes derniers entraîneurs ont gagné le Trophée des Champions ». Cela me donnait une source de motivation supplémentaire, cela me poussait à puiser mes réflexions au plus profond de moi-même. Je me devais de faire aussi bien que mes prédécesseurs. Aujourd’hui, je suis de l’autre coté, responsable de l’autre équipe et je me dis : « Tiens, est-ce que ce ne serait pas un signe du destin que ce soit cette année-là ? ».

Le derby est il plus important à Saint-Etienne ou à Lyon ?
Je me souviens que quand je suis arrivé à l’OL, on m’a rapidement parlé de la double confrontation avec Saint-Etienne, ce qui n’a pas été le cas quand j’ai signé à Saint-Etienne.

Extrait de La Tribune OL / ASSE à télécharger en intégralité ici

Sur le même thème