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« C’est l’autre classico »

Publié le 27 février 2016 à 09:47 par SC

Jérôme Alonzo, gardien du PSG dans les années 2000 et aujourd’hui consultant, a posé son regard nostalgique sur les histoires anciennes, récentes et celles plus personnelles qui entourent une affiche entre Lyonnais et Parisiens qui l’a tant marquée.

Qu’est-ce qu’un OL-PSG vous évoque en premier ?
« Pour moi, c’est l’autre classico. C’est un match d’une très grande importance pour les deux équipes. Lorsque j’étais joueur du PSG, j’ai tout de suite senti une grande hostilité entre deux entités fortes du foot français. Il y a une vraie ambiance lourde autour de cette confrontation. C’est l’affiche la plus importante après l’OM.

Un souvenir ?
J’en ai beaucoup. Je reconnais que l’OL a été notre phare. On se repérait par rapport lui. J’ai un immense respect pour ce qu’il a apporté à cette époque. Je jouais contre des joueurs exceptionnels. Je me rappelle d’Anderson, Juninho, Coupet, Govou, Fred, les débuts de Benzema. J’ai tout dit quand je cite ces noms. C’est juste énorme et incroyable d’avoir eu le privilège de croiser la route de Lyon à cette époque, même si j’ai pris quelques gifles. Paris ne gagnait jamais à part en 2005. On a gagné le seul match avant l’ère qatarie. C’était énorme.

Il y a deux championnats, celui avec Paris et celui avec les autres. Dans celui-ci, l’OL doit avoir son mot à dire chaque année et se battre pour la 2ème place en attendant mieux.

Et la finale de Coupe de France en 2008 avec le but de Govou en prolongations ?
Mon dernier match avec Paris… C’est le plus beau hold-up de l’année. On doit gagner. Je fais mon premier arrêt en prolongations. C’est une immense déception. Ça fait partie des grosses claques de ma carrière, ça fait mal. Je rêvais d’un tour d’honneur devant mon public. L’histoire ne s’est pas terminée comme je voulais. Avec le recul, ça reste un bon souvenir même si c’est très dur sur le moment. Coupet avait fait un très gros match. C’est un modèle dans le comportement, la performance et l’adversité. Il a connu des graves blessures et est revenu à chaque fois. On s’est tous inspirés de lui. Il a fait l’unanimité. C’est le mec qu’on aime aimer, l’antistar. J’ai beaucoup de respect pour lui.


Quel regard vous portez sur l’évolution des deux clubs ?
Au PSG, l’argent est arrivé, les grands joueurs aussi. Il faut saluer le travail de Blanc car beaucoup de gens doutaient. Il gère très bien. Pour l’OL, c’est la courbe inverse. Il y a moins d’argent et on fait avec des jeunes excellents. La transition se fait. Il y a deux championnats, celui avec Paris et celui avec les autres. Dans celui-ci, l’OL doit avoir son mot à dire chaque année et se battre pour la 2ème place en attendant mieux. Tout le monde est trop loin de Paris malheureusement. C’est un peu moins passionnant. La saison de l’OL ? En dent de scie. Sur le papier, Monaco n’est pas meilleur que Lyon donc c’est un peu décevant. Il n’y a jamais 10 points d’écart lorsque tu regardes les effectifs. Je suis content pour Genesio car j’ai fait mon premier match pro avec lui en 93. Il y a des joueurs que j’aime bien, Grenier Lacazette Fekir Lopes, Tolisso… Ils sont doués et doivent apprendre la constance. Lyon sera à ce moment-là en haut. Ce n’est pas normal qu’il ne le soit pas cette saison avec autant de talent.

Que retenir des 4 confrontations précédentes ?
J’ai commenté celle de Coupe de la Ligue. Ce jour-là, t’as l’impression que l’OL peut embêter Paris pendant une heure mais jamais les battre. Ça manque de maturité, de constance. Dans le défi physique et le jeu, le PSG a été plus costaud, même si l’arbitrage a été catastrophique. Quand ils ont décidé d’accélérer, c’est fini pour l’équipe en face. Le onze type de l’OL dans une ambiance de fou contre un PSG pas au top… je pense que le PSG peut perdre. Mais Lyon ne sera pas au complet. On connait l’importance d’Umtiti derrière, de Tolisso, Grenier au milieu. Jallet est aussi absent. Les eaux sont encore contraires alors que tout sourit au PSG. Tout le monde est au top avec un Ibrahimovic monumental. Rien ne peut les toucher. Les évènements sont trop défavorables. Ça va être un match compliqué.

Lopes ? Je suis complètement fan. Il a énormément progressé, même si je le trouvais déjà très bon. Il est un des rares à tenir son rang. J’adore son attitude très volontaire. Il a dû beaucoup bosser.

Un mot sur les gardiens…

Lopes ? Je suis complètement fan. Il a énormément progressé, même si je le trouvais déjà très bon. Il est un des rares à tenir son rang. J’adore son attitude très volontaire. Il a dû beaucoup bosser. Il gagne des points. Juste tu te tais et t’admires. Il sait déjà faire l’arrêt du match qui fait 3 points. C’est fantastique. Trapp ? A confirmer. Beaucoup de boulettes. Il doit réussir d’autres gros matchs comme celui de Chelsea pour empêcher les gens de douter. C’est un bon gardien mais trop d’erreurs. Sirigu ? C’est la doublure de Buffon, ce n’est pas une truffe. Les gens ont été durs avec lui. J’étais pour son maintien en numéro 1. Je ne suis pas sûr qu’il aurait fait moins bien.

Qu’est-ce que représente le PSG dans la famille Alonzo ?
Mon papa a créé le centre de formation du PSG en 73. On est donc parti habiter à Paris. C’est le premier maillot de foot que j’ai eu sur les épaules à 4 ans. Je rentrais avec les joueurs le ballon sous le bras pour les matchs au Parc. J’ai eu énormément d’amour pour les autres équipes mais c’est à jamais avec le PSG. J’ai la prétention de connaître l’amour du maillot. Le PSG, c’est 7 ans de ma carrière, des entraîneurs incroyables, une 2ème place en 2004 derrière l’OL, des joueurs fantastiques. C’était le PSG qui ne gagnait pas trop, à part les coupes, mais il n’y a pas un jour sans qu’un mec dans la rue me dise « qu’est-ce que c’était bien cette époque ! » ou « on était fiers de vous ». Ils nous font comprendre qu’on était des mecs biens. Ça vaut tous les titres. Ça me donne des frissons. Tu te dis que t’as gagné, que ta carrière a été utile. C’était une grande aventure humaine avec une bande de malades mentaux. Humainement, c’était quelque chose d’unique. Il y avait une vie collective. Cette époque semble révolue. »

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