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Cacapa: Rencontre avec Captain Claudio!

Publié le 04 août 2004 à 14:14 par R.B.

[IMG2602L]Wouah… quelle rencontre ! On m'avait dit tu devrais faire un papier avec le capitaine. En bon soldat j'obtempère. Et là je découvre, avec bientôt 4 années de retard, que sous le brassard du capitaine, il y a un sacré bonhomme, né un 29 mai 1976 à <b>Lavras</b>, Brésil. Il n' y a pas de plage à Lavras ; pas de string, pas de chirurgie esthétique, presque pas de touristes… pour la traditionnelle carte postale brésilienne, on peut repasser...

Wouah… quelle rencontre ! On m'avait dit tu devrais faire un papier avec le capitaine. En bon soldat j'obtempère. Et là je découvre, avec bientôt 4 années de retard, que sous le brassard du capitaine, il y a un sacré bonhomme, né un 29 mai 1976 à Lavras, Brésil. Il n' y a pas de plage à Lavras ; pas de string, pas de chirurgie esthétique, presque pas de touristes… pour la traditionnelle carte postale brésilienne, on peut repasser... Alors, Lavras, c'est comment? « Le top ! J'y ai toute ma famille. J'ai acheté à quelques kilomètres de là un ranch. Il y a des chevaux, des vaches… mais juste pour le plaisir. Quand je reviens au pays, on se retrouve tous ensemble… ». La famille, Claudio Cacapa en parle avec émotion : « j'ai 4 sœurs et 4 frères sans oublier 16 neveux. Mon père est mort en 1997. Mes parents ont travaillé dur ; ma mère lavait le linge à la main ; mon père déchargeait les camions. Aujourd'hui, j'ai un frère cordonnier, une sœur coiffeuse… Alors moi, je ne peux pas me plaindre. Ce qui m'arrive est extraordinaire. Même si je te l'assure, l'argent n'est pas le plus important dans ma vie ». Claudio, c'est quoi le plus important ? « Dieu. Je suis croyant ; je vais à l'église le mardi et le dimanche. Je lui parle tous les jours à Dieu. Sans lui, je ne peux pas vivre. Je le remercie tout le temps pour ce qu'il a fait pour moi… Le genou, c'est lui… ». Ce genou justement, opéré le 27 février 2004 ? « Je n'ai plus du tout mal. Je ressens pour l'instant la fatigue après les rencontres. Mais c'est normal, non, en étant resté 5 mois sans jouer ! ».

« Claudio, c'est un rayon de soleil. Il est tellement heureux de revenir… » Coupet a les yeux qui brillent en parlant de son capitaine : « Cette joie, il l'exprime sur le terrain dans sa façon de jouer. Contre le PSG, il a été fort, propre. C'est un capitaine par l'exemple. Sinon comme joueur je le compare à Basile Boli, en plus technique. Il est puissant, imposant, rapide. Au contact, il ne bronche jamais… ». Claudio est donc capitaine de l'OL : «pour moi, cela signifie beaucoup de choses, d'autant que je suis un étranger. Mais cela ne change pas grand-chose mis à part d'avoir le brassard. Nous sommes en vérité 11 capitaines sur la pelouse… ». Ce monstre de gentillesse élève-t-il la voix pendant une rencontre ? « Oui, bien sûr. S'il faut crier. Je le fais, mais je ne suis jamais méchant dans mes propos. Evidemment quand tu dis à un gars de se replacer, tu ne rajoutes pas -s'il te plait-… on est sur un terrain de foot! ». Ce brassard, il l'a déjà porté au Brésil avec son club de l'Atletico Mineiro. Et parmi les capitaines de l'OL sa mémoire le porte au passé récent. Il cite Muller, Anderson, Violeau, Garde, Laville, Caveglia. Di Nallo, Mignot…attendront et personne ne lui en voudra.

Ce bonhomme a des allures de buffle sur un terrain ; la vitesse d'une gazelle; la ténacité d'une sangsue; sa tête, pas du tout marquée, renvoie l'image d'un ancien grand champion américain de boxe: Marvin Hagler, un puncheur terrifiant. En crampons, comment se comporte cet ex-membre de la Selecao (6 ou 7 sélections, il ne sait pas trop). « Je n'aime pas mettre des coups. Mais l'adversaire, je ne peux pas le laisser passer tout de même ! Alors, c'est vrai, je donne l'impression d'être méchant. Juste l'impression. Je ne parle jamais avec mes adversaires, Brésiliens compris. Je n'ai peur de personne, sinon c'est fini...Je ne pense qu'à une seule chose : ne pas prendre de but… ». Et en marquer ? « Alors là, c'est le bonheur total …». 4 buts inscrits en championnat et 1 en finale de la Coupe de la Ligue. A chaque fois important. En championnat, il a inscrit les buts de la victoire contre Monaco à Gerland (2-1), et celui du succès au Havre (2-1). Sans oublier ses deux coups de boule à Montpellier (2-1) et contre Sedan (6-1 certes, mais sa tête donnait l'avantage aux siens juste avant la pause). Quant à ce but en finale de la Coupe de la Ligue, les filets monégasques s'en souviennent encore !

Claudio est donc de retour sur une pelouse. Son contrat lyonnais s'achevant à la fin de cette saison, la question semblait évidente. Que souhaites-tu faire ? « Rester ici, Je suis super bien. J'ai encore des choses à accomplir avec ce club. Parfois, je me demande si à la fin de ma carrière je ne m'installerais pas à Lyon. Au Brésil, il y a trop de violence. J'apprécie énormément cette ville de Lyon et les gens… ils sont tellement gentils avec moi. Je crois qu'ils m'aiment beaucoup. Avec ma femme, on se balade tranquillement. Je suis quelqu'un de casanier. Je n'aime pas sortir, aller dans les boîtes. En revanche, nous allons au restaurant. Et de temps en temps, je bois un verre de vin. Cela me fait dormir. Sinon je bois de l'eau, du jus d'orange… ».

Il parle encore de sa maman qui doit, enfin venir le voir en France. « Elle a peur de l'avion. Mais, je crois qu'elle va se décider bientôt ». Et ce match à Nice ? « Là bas, c'est jamais facile, mais on va tout faire pour gagner>>. Avant la rencontre, Captain Claudio aura prononcé quelques mots à ses coéquipiers, toujours les mêmes : « il faut tout donner. Nous n'avons pas le droit de garder des forces… ». Il explique ses propos simplement : « un match de foot dure seulement 90 minutes. Alors, pas de calcul! ».

Au fait, pourquoi Paul le Guen lui a-t-il confié le brassard de capitaine ? « il s'est dégagé naturellement comme leader. La saison dernière, il était vice-capitaine. En sachant que Patrick Mûller est parti, que « Greg » ne veut pas l'être, il s'imposait ». L'entraîneur olympien, ancien capitaine lui-même lorsqu'il était joueur, liant « cette distinction » aux qualités suivantes : « l'exemplarité, la compétence, la loyauté, l'intérêt du collectif et que le joueur soit un titulaire potentiel ».

Confondu par tant de gentillesse et de disponibilité, on a du mal à le quitter. Lui s'en va répondre, gentiment, à d'autres questions, avant de se glisser dans sa mini rouge et de rentrer chez lui. Ce gars là, je vous le dis, est une véritable "crême".



R. B.

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