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Carte postale de Bucarest...

Publié le 26 septembre 2006 à 09:00 par R.B

Bordée par la Hongrie, la Serbie Montenégro, la Bulgarie, la République Moldave, l’Ukraine et la Mer Noire, la Roumanie semble complexe au regard simplement d’une carte à l’image de sa capitale Bucarest.

Si vous souhaitez vous réveiller en douceur, place de l’Université, c’est raté ! Un concert de klaxons, de sifflets. A peine 7h du mat, les grandes avenues sont bouchées, les trottoirs encombrés. Trams, bus, taxis, voitures, piétons, animaux roulent, marchent, trottinent au pas, voire patientent à l’arrêt. Il y a des odeurs orientales. Il fait 15 degrés en cette matinée. Du béton à perte de vue, dont au loin celui du Palais du Parlement, ancien Palais du Peuple. Une bâtisse érigée entre 84 et 89 sous la dictature de Ceausescu qui n’hésitera pas à raser des centaines et des centaines d’hectares pour implanter ce colosse impressionnant ! Il y a de petites rues, de grands parcs, des maisons plus attirantes, des avenues plus attrayantes, un arc de triomphe, des statues... des églises orthodoxes…. des fontaines. Bucarest est un mélange qu’il faut aborder avec patience, curiosité. Une cité de 2 000 000 d’âmes.

Le Nord de la ville est vert avec notamment les résidences des ambassadeurs. Il y a la maison de la presse offerte par les Russes avec l’argent… des Roumains. Un solide bâtiment typiquement d’influence soviétique. La statue de Lénine ne trône plus devant son entrée… elle a été déplacée au début des années 90. Plus loin, l’Arc de Triomphe construit en bois en 1922 puis refait en pierres. Mickäel Jackson a eu le privilège de passer dessous comme il a eu aussi celui de se présenter à la foule locale du balcon du Palais du Parlement. La Place de la Victoire ensuite, puis l’avenue du même nom datant du 17ème siècle. Commerces, monuments et ces nombreux casinos que l’on trouve à Bucarest… plus qu’à Monte Carlo précise une publicité. On passe devant le bâtiment du parti communiste où Ceausescu prononça son dernier discours avant d’être arrêté puis exécuté.

De Nord au Sud, direction le stade du Steaua. Le bus franchit une petite rivière (la Dimbovija). La légende prétend qu’une jeune fille a tellement pleuré la disparition de son fiancé que ses larmes se transformèrent en cette jolie rivière, sous affluent du Danube. Et soudain, le colosse de pierres présente ses façades : le Palais du Parlement et tous ses à côtés. 41 fontaines décorent l’avenue menant à l’entrée principale. Dans sa démagogie, l’ancien dictateur voulait que cette avenue soit plus grande et plus belle que celle des Champs Elysées ! Et tout autour des bâtiments, des immeubles aux dimensions surnaturelles. Tout ceci est loin d’être laid. Et fut construit entre 1984 et 1989… pendant que le peuple roumain avait du mal à survivre !

Après les beaux quartiers place à une zone industrielle juste avant celle des cimetières et d’immeubles nettement plus modestes. Le linge pend aux fenêtres ; les paraboles garnissent les balcons, la pauvreté est apparente. Ici, le salaire moyen est de 350 euros ; le salaire minimum de 150. Ceux qui gagnent 600 euros vivent très bien. En arrivant au stade pour la conférence de presse des Roumains, le président George Becali était déjà là avec des dignitaires de l’église orthodoxe. Tout ce monde allait bénir le stade !

En cette fin septembre, il y a aussi tout ce qui est lié au sommet de la Francophonie pour lequel plus de 70 chefs d’état sont attendus. Sécurité, drapeaux et tout le tralala comme la fouille systématique avant de pouvoir rejoindre les chambres à l’hôtel. Il fait chaud, près de 25 degrés… et on se dit qu’il fera aussi chaud sur la pelouse. Bucarest ne nous a pas tout livré. Elle semble complexe, excessive, fatigante, secrète mais aussi sensuelle par sa diversité culturelle et son histoire loin d’être de tout repos.

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