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« Cela va être un super match »

Publié le 19 avril 2015 à 08:03 par R.B

Pour Grégory Coupet le derby reste un match à part… le regard avisé de l’ancien gardien des deux clubs entre son histoire personnelle et celle actuelle des deux équipes…

Au moment de l’interview, il était à Genève pour une opération avec l’UEFA accompagné de Pat Müller, Sonny Anderson… Il y a quelques mois, il avait mis les pas dans ceux de sa femme pour boucler le marathon de New-York avant d’embrayer en solo sur celui de Séville en 4H avec dans le viseur les 42 bornes si spéciales du Médoc. Il partage toujours sa vie entre Madrid et Paris. On peut l’écouter sur RMC. Il est devenu vice-président du club des anciens internationaux de football français. Il s’est mis de façon ludique à la boxe. « Greg », 42 ans, toujours en mouvement. Ne comptez pas sur lui pour ressasser le passé, se mettre les vidéos de ses matches, commenter les arrêts : «le passé, c’est le passé. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il y a devant moi, d’avancer. Bien sûr, ce que j’ai vécu, c’était chouette, magnifique. J’ai eu du bonheur, des satisfactions… Non, je ne suis pas du genre à revenir dessus… et puis en travaillant dans les média, les gens ont l’occasion de m’en parler ».

701 matches en pro dont 518 avec l’OL, 96 chez les Verts ; 701 matches dont 14 derbies (10 avec l’OL sans défaite). Le joueur le plus titré de l’OL. Un monument.


Après toutes ces années que reste-t-il de ton passage à l’ASSE ?
« C’est un club fantastique où j’ai eu la chance d’être formé, de débuter ma carrière. C’est un club avec des vertus populaires. On sent qu’il y a une attente des gens, une pression de leur part. On ressent l’Histoire. C’est un maillot fantastique à porter. Je n’ai plus vraiment de contacts ».

Même question pour l’OL ?
« Le meilleur de ma carrière en ayant vécu son évolution, en ayant soulevé des trophées, en ayant progressé… C’est aussi une extraordinaire aventure humaine. J’ai toujours des contacts réguliers avec plusieurs personnes ».

Que dirais-tu du derby ?
« Pour moi, c’était spécial en raison de mon parcours. Je le vivais plus intensément. Après, il y a une suprématie à aller chercher, mais je ne ressentais pas cela comme quelque chose d’agressif même si les jours de match, c’était particulier. En Espagne, on pourrait plus l’assimiler aux matches entre Barcelone et le Real qu’entre le Real et l’Atletico ».

Si tu avais un souvenir de derby ?
« Oh, la joie de «  Sid » (Govou) ou de « Toph » (Delmotte) après leur but. Ces joies sont si belles. L’égalisation de Karim (Benzema) ? Ah, elle est spéciale. J’ai toujours dit qu’elle m’avait enlevé une belle épine du pied (Greg avait encaissé un but gag de Bafétimbi Gomis après un dégagement manqué et l’ASSE menait 1 à 0 à la 94ème minute de jeu) sinon j’allais être celui qui fait perdre le derby… »



Que dirais-tu de cette équipe stéphanoise ?
« C’est une équipe solide  qui a cependant des soucis offensifs. Une équipe plutôt talentueuse mais qui reste assez irrégulière dans ses performances. Loïc Perrin incarne à la perfection ce club. Il est la base de cette équipe ».

Et l’OL ?
« C’est l’équipe rafraichissante du championnat. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle tienne aussi longtemps à ce niveau de jeu, de résultats. Je suis fan de l’équipe, des Gonalons, Lopes, Grenier… Lacazette confirme son statut… Je n’oublie pas de saluer le travail du coach Fournier. Fekir ? C’est un phénomène, mais il ne faut pas trop lui dire (rires). Sincèrement, c’est un super joueur. J’espère qu’il gardera l’esprit lucide, qu’il va continuer de travailler, de progresser, de rester humble… On attend désormais énormément de lui. Le plus dur commence ».

Es-tu surpris par la réussite d’Hubert Fournier ?
« J’étais de ceux qui n’avaient aucun doute sur sa réussite à l’OL. Je considérais même qu’il était fait pour le poste. L’important à Lyon, c’est d’être soutenu  par la structure et il l’est. Hubert, je l’ai eu comme coéquipier. Je connaissais ses qualités d’homme. Il est humble, compétent, intelligent. Et ce qu’il a fait, notamment dans la gestion de son groupe, c’est super ».


"Pour moi, Anthony, c’est le gardien du championnat. C’est vrai que je me revois un peu en lui. Il avance, il ne subit pas (...) Derrière son jeu, je vois le travail de Jo"

 


Parle-nous d’Anthony Lopes et de Stéphane Ruffier ?
« Pour moi, Anthony, c’est le gardien du championnat. C’est vrai que je me revois un peu en lui. Il avance, il ne subit pas. Il bouge ses défenseurs ; il bouge aussi les attaquants adverses. Derrière son jeu, je vois le travail de Jo (Bats). Il est très fort. Stéphane (Ruffier). J’adore. Il a une prestance, de la sobriété. J’aime son côté introverti. Il est régulier. C’est un plus pour son équipe ».

Comment vois-tu ce derby ?

« Je crois que cela va être un super match surtout si les Verts ne ferment pas le jeu. Car l’OL ne sait pas calculer. On peut aussi se demander si ce ne sera pas un match à l’ancienne avec l’importance du physique dans les débats. Au match aller, les Verts s’étaient imposés physiquement. Je pense que les Lyonnais avaient trop misé sur leurs qualités technique et celle de leur jeu. Oui, l’impact physique avait manqué à l’OL et c’est la raison de cette défaite 3 à 0 ».

Le résultat du derby peut-il impacter la fin de saison des deux clubs ?
« Oui, car un succès met de la confiance. On est dans le money time ! Les deux équipes ont des ambitions. L’OL peut-il être champion ? Si les joueurs n’y croient pas en étant dans leur situation actuelle, ce serait à rien n’y comprendre. Evidemment, que l’OL peut être champion de France ».

 

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