masculins / OL 1 - Manchester 1

C'est dur !

Publié le 20 février 2008 à 23:44 par BV

C’était moins trois. C'était la 87e minute. L’exploit était tellement proche… Il semble désormais beaucoup plus difficile à réaliser. Et comme souvent en football, cela s'est joué à un rien : à un ballon qui rebondit sur Fred et revient comme par miracle sur Tevez esseulé au second poteau. L’OL n’a peut être aujourd’hui pas suffisamment de certitudes dans son jeu pour résister à la poussée d’une formation mancunienne qui s’est fait peur et craignit jusqu’à 3 minutes de la fin d’être tombée dans un traquenard. En lieu et place d’un OL moribond et impuissant, Manchester United se heurta en effet longtemps à une formation généreuse, symbolisée par les deux sauvetages de Boumsong devant Ronaldo et Scholes (3e et 27e), à la rigueur retrouvée, qui crut durant plus d’une demi-heure qu’elle allait traverser la manche dans deux semaines nantie d’un sérieux avantage.

Alors, certes, la qualification ne s'est pas envolée, mais elle s’est tout de même singulièrement éloignée lorsque Tevez a trompé Grégory Coupet à bout portant. Un but qui pèse lourd dans la balance et contraint les coéquipiers de Juninho à un exploit à Old Trafford, le 4 mars. Les Lyonnais ne pourront en tout cas pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus : deux ans après avoir fait trembler le Milan AC, ils ont de nouveau gouté à l’amère déception de l’estocade dans les ultimes minutes. C’est probablement injuste, Manchester n’ayant qu’en de rares occasions inquiété Grégory Coupet, mais marquer le but qu’il faut au moment où il le faut fait partie de la panoplie des grandes équipes. Depuis leur dernier succès en finale de la Ligue des Champions en 1999, on sait que les Red Devils sont de celles-ci et n’abdiquent jamais. Ils l’ont encore démontré ce soir.

Statistiquement, les coéquipiers de Cristiano Ronaldo, nonchalant à l’excès, quittent le Rhône en position favorable. Moralement, s’ils peuvent légitiment nourrir des regrets, les Lyonnais sont certainement regonflés. Durant la quasi intégralité de la rencontre, ils ont en effet tenu la dragée haute à des Mancuniens annoncés brillants et virevoltants, pour lesquels Lyon ne devait constituer qu’un point de passage obligé sur la route de bien plus sérieux et glorieux combats. Sur un plan défensif, notamment, l’OL est parvenu à museler la redoutable attaque de Manchester. Il s’en est ainsi fallu de peu que le leader de la Ligue 1 ne devienne la quatrième équipe seulement à ne pas concéder de but à son homologue anglais, la première en Ligue des Champions cette saison.

Grégory Coupet repoussa longtemps l’échéance en remportant son face à face avec Rooney (25e) puis en boxant le coup franc de Ronaldo (44e). Surtout, en claquant l’ultime coup de pied arrêté du Portugais. Mais, dans l’ensemble, les Lyonnais ont bien contenu les Red Devils, le choix d’Alain Perrin de titulariser François Clerc sur le flanc droit de l’attaque s’avérant payant, Cristiano Ronaldo ne se montrant pas assez persévérant offensivement pour gêner Fabio Grosso, guère plus généreux défensivement pour empêcher les montées de l’international italien dont le centre fit passer le premier frisson dans la défense mancunienne (7e). Pour freiner les velléités (trop) prononcées de son traditionnel quatuor offensif, Alex Ferguson avait opté pour un milieu renforcé, Anderson densifiant l’entrejeu mancunien au détriment de Tevez. L'affrontement de deux tactiques avant tout destinées à annihiler le pouvoir de nuisance adverse pouvait difficilement accoucher d’une rencontre débridée. L’entame de match fut ainsi fermée et il fallut attendre le changement d’aile de Cristiano Ronaldo pour voir Sidney Govou prendre régulièrement son couloir et le meilleur sur Brown, et fissurer le compact enchevêtrement du milieu. Sur un coup franc obtenu par le numéro 14 lyonnais, Juninho inquiéta Van der Sar (20e). Durant 5 minutes, les Lyonnais firent feu de tout bois. Sur un centre d’Anthony Réveillère, Rio Ferdinand fut tout proche de tromper son gardien (23e). Surtout, sur une passe en retrait de François Clerc, Karim Benzema enleva trop sa frappe (26e).

Dans une rencontre pauvre en occasions, les Anglais auraient bien fait de se méfier de l’avertissement du meilleur buteur rhodanien. Car sa seconde tentative fut la bonne. Aux 16 mètres, il fixa la défense mancunienne et décocha une frappe victorieuse du gauche (55e). Les Lyonnais auraient ensuite pu prendre un avantage définitif mais le coup franc lointain de Juninho rasa le poteau (68e) et Hatem Ben Arfa frappa au dessus (86e). Au lieu de ça, c’est Tevez qui surgit au bout du temps réglementaire (87e).

Il fallait un double exploit pour franchir l’obstacle mancunien. Un seul suffit désormais, sans que l’on puisse dire que ce soit plus facile pour autant. Seule la teneur change : Benzema et les siens devront marquer au moins une fois dans le « Temple des rêves ». Cette saison l’OL a remporté deux de ses trois déplacements en Ligue des Champions. A la lumière de ce qu’il a montré ce soir, pourquoi pas ?
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