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« C’est la même école de football »

Publié le 24 octobre 2013 à 10:07 par R.B

Le Serbe Milan Bisevac est revenu sur les pelouses face aux Girondins après une blessure… Paroles d’un défenseur avant ce match contre l’équipe croate de Rijeka avec évidemment un regard avisé sur le football de son pays et de l’ex Yougoslavie…

 Peux-tu expliquer ta blessure face à Rennes (6 matchs manqués)?
« J’étais en sélection. J’ai voyagé de nuit de Cardiff à Belgrade et dans la foulée, je suis rentré à Lyon. Il y avait de la fatigue. Ce genre de pépin, cela m’était arrivé quand je jouais au PSG. Cela a été dur, car le foot, c’est ma passion, mon métier. Cela me rend triste, car dans ces moments, tu sers à rien »

Penses-tu que toutes ces blessures ont pénalisé l’OL ?
« Oui sans chercher d’excuses. On n’a pas un effectif comme le PSG ou
l’ASM. Chaque joueur est important surtout avec l’enchaînement des matchs. Quand tout l’effectif est là, tu peux faire récupérer. Cela n’a pas été facile pour le coach qui a dû improviser. Mais il faut s’adapter et avancer ».

Est-ce encore plus pénalisant lorsque cela touche la défense ?
« La stabilité dans ce secteur du jeu est très importante. C’est la base. On arrive à mieux se connaitre… Pour Gueïfa (Fofana), ce n’est pas évident de jouer à ce poste. Moi, je peux m’adapter à différents partenaires, mais je le répète, quand il y a pas ou peu de changement, c’est mieux ».

Comment vis-tu cette période délicate ?
« Ce n’est pas évident. On joue à l’OL. L’OL est un grand club avec une Histoire, des supporters. Pour jouer ici, il faut avoir la tête, les jambes et les épaules ! Et se dire, toujours, qu’une défaite c’est grave. Mais les victoires se méritent. Pour cela il est nécessaire de répéter les efforts, de se replacer vite, de  jouer ensemble, de mouiller le maillot. Le staff nous met dans les meilleures conditions possibles, mais après c’est à nous de jouer. Il faut avoir les « boules » quand on joue. Et un match tient souvent à des détails. Je peux péter un câble si on ne respecte pas ces détails. Cela exige une concentration permanente. Après mon match à l’ETG, j’étais blanc. Je n’avais pas été bon. Je voulais me cacher. J’avais mal aux tripes »

Es-tu un leader ?
« Oui, j’ai l’expérience pour. Mais je ne suis pas le seul. La preuve, on a perdu quand je jouais. Il faut être solidaire ».

Milan, quel est à ce jour ton meilleur souvenir européen ?
« Les deux matchs disputés avec l’Etoile face au Milan AC en 2006. Enorme malgré la défaite en barrage de la LDC. Et puis, je n’oublie pas ce match face au Grashoppers avec mon premier but inscrit sous le maillot lyonnais ».

Il faut avoir les « boules » quand on joue. Et un match tient souvent à des détails. Je peux péter un câble si on ne respecte pas ces détails

Que penses-tu de cette poule I ?
« Il n’y a pas de match facile. On l’a encore vu contre Guimaraes, même si je pense qu’au complet on aurait gagné. Je sais, c’est bateau de dire cela : on doit toujours être à 100%. Après, il y a cette équipe du Betis qui joue au ballon… Le but ? Evidemment sortir de la poule… et je pense qu’on va le faire  ».

 Est-ce particulier pour toi d’affronter une équipe croate et est-ce-que le football croate est différent du foot serbe ou des autres footballs de l’ex Yougoslavie ?
« Il n’y a rien de particulier à l’idée de jouer un club croate. Après, c’est la même école de football. On est les mêmes joueurs avec des qualités identiques. Le foot yougoslave d’avant ? La page est tournée. Les anciens disent simplement que l’on serait champion du monde en foot mais aussi dans d’autres sports… Sinon, il y a de l’amitié entre les footballeurs serbes, croates, bosniaques… »

Quelles sont les joueurs de ton pays qui t’ont marqué ?
« Stojkovic. « Pixie » a été mon président à l’Etoile Rouge. Quelle technique, quelle élégance, quelle vision du jeu. Je me souviens de ses buts contre l’Espagne… 2 buts extraordinaires. Il y a aussi Sinisa Mihajlovic, l’actuel sélectionneur de la Serbie. Un défenseur spécialiste des coups francs. Même aujourd’hui, il les met où il veut… Un défenseur central qui avait marqué trois buts dans un même match ! Il y a encore Boban, Prosinecki, Suker, Mijatovic… Susic, Djazic… ».

Un partenaire en défense central ?
« Vidic. Il m’a beaucoup apporté notamment au niveau de la concentration. Avec lui, tu n’as pas le droit de perdre le ballon des yeux une seule seconde, même quand il est loin. Il te met en confiance. C’est un gars tranquille sur un terrain mais il ne rigole pas. En France, il y a eu Dejan (Lovren), un ami. Quand j’étais à Valenciennes, j’aimais bien jouer avec Rafaël Schmiz. A Lens, il y a eu Hilton, un super mec… »

Et la Coupe du Monde ?
« Cela va être compliqué de la jouer un jour… Il y a de la déception… Après, on ne sait jamais pour la prochaine…J’espère que Dejan (Lovren) va la jouer et je serais content pour lui».

 


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