masculins / Ajaccio 1 - OL 2

Cet OL a du caractère

Publié le 01 février 2006 à 22:05 par BV

Chacun l’avait parfaitement préssenti : ce déplacement à Ajaccio avait tous les attributs du match piège.

Une équipe corse bien au chaud dans les profondeurs du classement de Ligue 1, une impérieuse nécessité de l’emporter du côté lyonnais et un cadre particulier (seulement 4000 spectateurs au stade François Coty) : les Lyonnais avaient tout à perdre. Pour troubler un peu plus les cartes, José Pasqualetti alignait une équipe de jeunes joueurs. Lucas et Edson au repos, Collin, Danjou et Robin montraient l’exemple à leurs néo-coéquipiers durant les premières minutes. A l’occasion du 200e match de l’Olympique Lyonnais en Coupe de France, Gérard Houllier innovait également en alignant au coup d’envoi un alléchant duo d’attaquants Carew – Fred. Malouda à gauche et le grand Norvégien à droite encadrant le Brésilien.
Malgré ces bonnes intentions offensives, Lyonnais et Ajacciens ne parvenaient pas à se procurer la moindre occasion et il fallait une nouvelle prise d’initiative de Juninho pour égayer un bien terne début de match. Après un corner de Florent Malouda mal dégagé par Danjou, le maestro brésilien envoyait son ballon lécher le poteau gauche de Trévisan, remplaçant d’un soir de Stephane Porato ( 18e).
Bien qu’imprimant une légère domination, les hommes de Gérard Houllier ne s’approchaient que difficilement des buts corses et voyaient le doute s’installer au fil du match.
C’était tout d’abord Anthony Réveillère qui, atteint par la malédiction qui semble s’abattre sur la défense lyonnaise depuis 2 mois, quittait ses partenaires. Alors qu’il effectuait sa rentrée après 3 semaines d’absence, le latéral droit de l’équipe de France portait sa main à l’arrière de la cuisse et laissait sa place à François Clerc (30e).
Malgré une grande débauche d’énergie brésilienne, les Olympiens ne parvenaient pas à infléchir un scénario qui semblait jusque là inlassablement se répéter en Coupe de France. Cris multipliait les montées afin d’épauler ses attaquants mais ni sa reprise sur un centre de Juninho (39e) ni sa frappe sur le poteau, sur le 5e corner olympien de la première période (45e), ni ce ballon dévié par son dos (57e) ne trouvaient les filets du portier corse. Fred l’accompagnait dans ses velléités offensives. Les centimètres lui manquaient (35e, 50e et 52e ). Sa tête s’envolait (69e) et certains se surprenaient déjà à redouter des tirs au but historiquement fatals aux Gones.
Une inquiétude qui s’intensifiait à mesure que les Corses décidaient de mettre à contribution Grégory Coupet. Après une heure de jeu au cours de laquelle seul Becas était parvenu à inquiéter le portier de l’équipe de France (40e), les actions ajacciennes se multipliaient. Rodrigo (73e), Scarpelli (75e et 79e) et Mandrichi (81e) faisaient passer des frissons dans les rangs rhodaniens.
La fin de match lyonnaise accentuait un peu plus le caractère dramatique de la rencontre. Une triple occasion Juninho – Govou – Tiago (86e) suivie d’une tête du Portugais dégagée sur la ligne (90e) semblaient dessiner les contours d’un match à regrets.
A la 95e minute, Fred et Mandrichi complotaient pour confirmer cette impression. Après une frappe à bout portant du brésilien miraculeusement sauvée par Trévisan, l’attaquant corse ouvrait le score suite à un mauvais dégagement de la défense lyonnaise (95e).
A la mi-temps des prolongations, l’OL ressemblait à s’y méprendre à l’image trop souvent aperçue d’une équipe éliminée faute de s’être montrée capable de concrétiser sa domination. Mais cet effectif Rouge et Bleu a du caractère et chaque match qu’il dispute semble confirmer cette formidable volonté dont sont animés les joueurs du président Aulas. La seconde période de la prolongation fut doublement Lyonnaise. Cris sur un coup franc de Juninho se chargeait d’égaliser (108e) avant que l’inévitable Sidney Govou, sur une passe de Tiago, ne rappelle qu'il est bien l'homme décisif des fins de matchs (113e).
Les trois coups de sifflet pouvaient retentir.
Les quadruples champions de France ont une nouvelle fois démontré leur force mentale et leur incroyable capacité de réaction. En Corse, ils ont obtenu bien plus qu’une qualification pour les huitièmes de finale. Cette victoire renforce la confiance d’un groupe en sa faculté à modifier le déroulement d’une rencontre. Un bien bel acquis pour les futures échéances européennes et hexagonales.
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