masculins / Steaua Bucarest - OL : 3 - 5

Cet OL est renversant !

Publié le 21 octobre 2008 à 23:45 par BV

Sur la pelouse du stade Ghencea, l’OL a peut-être remporté la victoire la plus importante de son début de saison. Certainement la plus spectaculaire, en tout cas.

S’il n’est pas certain que le score généreux contente pleinement Claude Puel, ce dernier, qui est passé par tous les états au cours d’une rencontre complètement folle, peut déjà se réjouir : en cas de succès face au Steaua, dans quinze jours à Gerland, le champion de France sera assuré de disputer au moins la Coupe de l’UEFA au printemps… tout en espérant mieux.

A tous ceux qui craignaient, au regard de la rigueur défensive de l’OL en début de saison que l’on s’ennuie, les Lyonnais apportent semaine après semaine un démenti pas toujours rationnel, ni forcément encourageant, mais terriblement emballant. Dernier exemple en date : en trois jours, face à Lille et le Steaua, l’OL a inscrit 7 buts, en a encaissé 5, et Fred a prolongé l’irrationnel : sifflé lors de sa sortie face à Lille, le Brésilien a, ce soir, inscrit un doublé et remis les siens à l’endroit.

Si le feu d’artifice offensif offert par les deux équipes incite à l’euphorie, il ne faut pas occulter la préciosité comptable de ce succès dans la capitale roumaine. L’OL, qui est passé en deux minutes du rien au tout, d'aucun point pris aux trois de la victoire, a remporté le match qu’il devait gagner et s'est entrouvert les portes des quarts de finale.

L’OL s’est fait peur mais a une nouvelle fois montré qu’il ne manquait pas de caractère, une vertu qu’on ne travaille pas, que l’on possède ou dont on sera toujours dépourvu, et qui permet d’accomplir les plus beaux exploits. Postulat : il a rappelé qu’il peinait à gérer ses temps faibles et confirmé sa fâcheuse tendance à se mettre tout seul en difficulté; depuis un mois, il réagit plus qu’il n’agit. Pour le match référence tant espéré, il faudra donc attendre. La défense rhodanienne s’est en effet une nouvelle fois montrée trop friable.Et, pour la seconde fois consécutive, étonnament absente sur coups de pied arrêtés. Comment expliquer ces récents débuts de rencontre catastrophiques ? Comme face à Nice, la Fiorentina et Lille, les Lyonnais ont complètement raté leur entame de match, encaissant deux buts coup sur coup par Arthuro (1 - 0, 8e) et Goian (2 - 0, 11e). Mais ils ont plus marqué de buts en fin de match qu’ils n’en avaient encaissé en début et cela a suffi.

Après ce faux départ, il fallut un éclair pour les remettre sur la bonne voie. Au départ, une ouverture de Jean II Makoun pour Kader Keita. De volée, l’Ivoirien, très timide face à Lille samedi, catapulta le cuir dans la lucarne de Zapata (2 - 1, 23e). Le combat avait changé d’âme. Emmené par un Kader Keita transfiguré, les Lyonnais se mirent dès lors à remporter la majorité des duels. Keita contraignit Zapata à une parade spectaculaire, puis ne cadra pas alors qu’il était seul au second poteau (30e).

L’élan semblait à cet instant pousser les Lyonnais, à mesure que les vice-champions de Roumanie reculaient sur leurs bases. Et l’OL retrouva d’un coup le fil de sa rencontre, le sens de son jeu, revenant à un point de départ dont il n’aurait, au regard du niveau de jeu déployé par les joueurs de Lacatus, jamais dû s’éloigner. Pendant un mois, les oreilles de Fabio Grosso ont dû siffler, l’absence de l’Italien ayant régulièrement été invoqué pour expliquer les difficultés des Rhodaniens. Sa qualité de centres est en tout cas un atout de poids. A la retombée de l’un d’eux, Karim Benzema égalisa de la tête (2 - 2, 33e). L’OL déroulait et semblait sur les rails de son premier succès de la saison. Rien ne pourra l’arrêter même s’il fut ralenti par un nouvel oubli coupable. Sur un corner de Nicolita, Petre devança Makoun de la tête (3 - 2, 45e). Mais le Steaua ne semblait pas en mesure de conserver son avantage durant toute une mi-temps.

Durant les quarante-cinq minutes qui suivirent, Lloris ne dut s’interposer que deux fois, sur deux têtes de Goian (58e) et… Anthony Réveillère (82e). Le reste se résuma à un siège des Olympiens sur les buts de Zapata. Ederson ne cadra pas (47e) et le portier roumain repoussa la frappe de Benzema (49e). Et tout bascula. Fred, rentré une minute auparavant égalisa tout d’abord d’une frappe puissante (3 - 3, 69e) avant que Juninho ne dépose un coup franc sur Benzema pour le troisième but de l’international français en Ligue des Champions (3 - 4, 71e). Dans les arrêts de jeu, Fred renforça un peu plus encore le caractère improbable de la soirée en signant un doublé (90e). Mounier fut ensuite tout proche de marque son premier but sous le maillot lyonnais (92e). Les deux équipes se retrouveront dans deux semaines à Gerland.
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