masculins / OL 3 - Celtic Glasgow 2

Cet olympique est magnifique !

Publié le 10 décembre 2003 à 23:18 par TL

Dans un match fou, fou, fou, joué sur un rythme effréné et, surtout, dans une ferveur tout simplement exceptionnelle, l'OL a arraché sa qualification pour les huitièmes de finale de la plus prestigieuse compétition européenne. Il aura pourtant fallu aux Lyonnais en passer par toutes les émotions et puiser dans leurs ultimes ressources pour se remettre de deux égalisations écossaises et aller chercher ce précieux sésame. Mais, ce soir, rien ne pouvait faire dévier les Champions de France de leur objectif !



Quel match ! Il ne fallait pas être cardiaque ce soir dans les travées de Gerland... C'est bien simple, il y a tout eu dans cette rencontre, absolument tout: spectacle, ambiance, intensité, suspense et, au bout, au bout, un bonheur indescriptible pour tout le peuple lyonnais. Bref, à n'en pas douter, cette soirée restera gravée pour longtemps dans les mémoires entre Rhône et Saône...

D'ailleurs, le début de partie, après que les 22 acteurs furent rentrés sous une immense clameur de la part des 38 659 spectateurs d'un Gerland chauffé à blanc, donnait tout de suite le ton. Ainsi, dès la deuxième minute, Giovane Elber, qui allait dévoiler toute sa classe ce soir, plaçait un tir terrible des 20 mètres qui obligeait Hedman, le portier écossais, à se détendre. La furia lyonnaise commençait, le festival Elber aussi...



Il ne fallait, en effet, attendre que 4 minutes après cette occasion initiale pour voir le Brésilien ouvrir le score et faire bouillir encore un peu plus Gerland. Mais, à vrai dire, une grande part de ce but pouvait être attribuée à Juninho, auteur d'un coup franc "juninhesque", autrement dit magistral, qui avait rebondit dans l'angle d'un Hedman totalement battu et permit à Elber de reprendre tranquillement, de la tête, dans la cage vide (6'). Et la soirée de se présenter on ne peut mieux pour les Gones !

Mais, les 22 acteurs ne le savaient bien évidemment pas encore, ce but n'allait être que le premier d'une longue série. Car après deux nouvelles occasions très nettes pour l'OL et son duo "do Brasil" Juninho-Elber, auteurs chacun d'un tir frôlant littéralement les montants (9' pour Juninho, 18' pour Elber), dans un premier quart d'heure entièrement dominé par les Champions de France, le Celtic parvenait à égaliser.



Une égalisation assez malheureuse pour les Olympiens, sur la première véritable action écossaise, puisque par deux fois le ballon filait entre les jambes lyonnaises, celles de Caçapa puis d'Edmilson, ce qui permettait à Hartson de trouver le chemin des filets, après un sauvetage préalable de Coupet (23'). Tout était donc à refaire pour l'OL, qui pouvait compter toutefois sur un allié de poids: son public, vraiment merveilleux, qui redoublait ses encouragements.

Alors, les coéquipiers de Caçapa se jetaient corps et âmes dans la bataille à l'image d'un Diarra au four et au moulin. Et les Gones n'étaient pas loin de trouver la récompense. Sur deux coups d'accélérations, signés Luyindula (31') puis Govou (34'), les Ecossais croyaient ainsi s'incliner, mais Hedman, dans un face à face avec Péguy, puis Baldé, sur une frappe bien partie de Sidney, sauvaient les meubles vert et blanc. Et permettaient donc au Celtic, pas malheureux au cours de ces 45 premières minutes, de regagner les vestiaires le nul et, par conséquent, sa qualification en poche.



L'OL n'avait dès lors plus d'alternative: il fallait tout donner, et même plus, en seconde période pour forcer le destin. Et dans ce genre de situation, il s'en remet bien souvent à son homme providentiel, celui par qui la magie arrive à tout moment, Juninho bien sûr ! Après un début de second acte dominé stérilement par les Olympiens, le Brésilien prenait ses responsabilités et, à plus de 30 mètres, décochait une frappe absolument phénoménale, un missile venu d'ailleurs qui mystifiait totalement Hedman (53'). EX-CEP-TION-NEL ! Cette fois, alors que Gerland s'embrasait de mille feux et multipliaient les chants à la gloire de ce génie de Junigol, le doute n'était plus permis, l'OL allait tenir et arracher sa qualification.



D'ailleurs la suite confirmait largement cette hypothèse, les Gones passant la surmultiplié et les hommes de Martin O'Neill se révélant bien incapables de réagir. Tour à tour, Luyindula (56'), Elber (57'), Malouda (60') et Caçapa (65') se retrouvaient ainsi en position d'inscrire un 3e but, le but du KO vraisemblablement. Néanmoins, la défense verte et blanche, si elle pliait, ne rompait pas et il était dit que le suspense de cette rencontre durerait jusqu'au bout.

Car la fin de match se révélait totalement folle, surréaliste même. Alors que Coupet n'avait pratiquement pas eu de ballons chauds à négocier, Sutton profitait d'une mauvaise relance de Berthod pour se retrouver absolument seul dans la surface et arracher l'égalisation, à la surprise générale (75'). Un coup du sort cruel, terrible pour le jeune Gone, pourtant auteur d'une excellente prestation jusque là, qui sortait dans la foulée la tête rentrée dans son maillot, inconsolable. A ce moment là, à un quart de la fin, le sort du match venait, en effet, assez incroyablement, de basculer totalement...



L'OL allait revivre le cauchemar de Rosenborg, regretter ces deux occasions anodines transformées en but par d'opportunistes Celtes. Même Gerland semblait cette fois abattu. Seule l'énergie du désespoir permettait encore aux supporters de lancer quelques chants. Sur la pelouse, même constat: les hommes d'un Paul Le Guen complètement abasourdi, semblaient ne plus y croire vraiment. Mais, on l'a dit et on allait le vérifier, ce match n'en était pas un comme les autres...



Il restait 5 minutes à jouer, autant dire rien ou pas grand'chose. Et puis... Et puis, un coup de sifflet vint perturber cette torpeur ambiante. M. Meier venait tout simplement de désigner le point de penalty ! Baldé s'était aidé du bras pour détourner une tête, apparemment sans danger, de Luyindula. L'arbitre suisse avait tout vu. Le destin de la partie tout à coup rebasculait. Incroyable ! Poussé par tout un stade, ayant retrouvé toute sa vigueur en moins de temps qu'il faut pour le dire, Juninho posait le ballon sur le rond blanc à 11 mètres et s'élançait... Le temps suspendait son vol, interminable. Et puis... Et puis, les filets tremblaient, Hedman était pris à contre-pied !



La suite ? Du délire, de la pure folie ! Les Lyonnais se précipitaient vers Berthod. L'accolade était belle, émouvante... Le Celtic ne reviendraient plus. Le fabuleux suspense qui avait tenu en haleine tout un stade, toute un ville, tout un pays même pendant 90 minutes prenait fin, subitement. Et désignait donc un vainqueur: un OL extraordinaire, superbe qui y aura cru jusqu'au bout, au bout du bout. Un OL qui allait saluer ses fantastiques supporters dans une communion parfaite et qui rejoint donc le top 16 européen. Cet Olympique est magnifique !







TL

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