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« Cette taxe est profondément injuste »

Publié le 25 octobre 2013 à 14:14 par SC

Jean-Michel Aulas est revenu sur la journée sans match prévue le 30/11 qui proteste contre la mise en place d’une taxation à 75%. Il a évoqué une mesure dangereuse, pour l’avenir du football français, mais aussi pour le Grand Stade.

Quelle est la raison de ce mouvement entrepris par les clubs de Ligue 1 ?
C’est un mouvement de colère, c’est une journée sans matchs pour exprimer une situation qui est grave. C’est un cri d’alarme. On veut essayer de montrer qu’il ne s’agit pas de parler de solidarité des riches par rapport à des gens moins aisés, mais de survie d’un certain nombre d’activité et des clubs de football.

Ce sont les entreprises qui vont payer cette taxe, expliquez-nous…
C’est le fondement de notre réaction. Tout le monde est d’accord pour que la solidarité puisse jouer. Aujourd’hui on se retrouve avec une taxe, qui va venir frapper des entreprises sur des contrats signés antérieurement à cette décision. On n’a pas les moyens de payer cette taxe. Elle est profondément injuste parce que nous ne pouvons pas faire en sorte d’adapter notre stratégie à ce qui nous ait demandé. On peut mettre en place des dispositions qui vont vers un allégement de la masse salariale, un plafonnement des rémunérations, mais ce qui est difficile à admettre c’est que l’on va taxer des contrats à temps  qui ont été décidé avant, et sur lesquels nous n’avons aucune possibilité d’interaction. Ce que nous revendiquons, c’est qu’on puisse ne pas taxer les contrats signés avant ou qu’on puisse exonérer des entreprises qui sont déjà déficitaires. Elles vont supprimer des emplois pour pouvoir payer cette taxe. C’est cela qu’il faut expliquer au Président de la République.

 Est-ce que vous craignez que ce mouvement soit impopulaire ?
Bien sûr qu’il y a une crainte. C’est la raison pour laquelle nous sommes là pour expliquer que nous ne voulons pas aller contre des mouvements de solidarité mais qu’il s’agit d’aller pour l’emploi, pour trouver des solutions pour que le foot français garde son rang. On est dans une économie de marché, donc il va forcément s’affaiblir avec cette taxe. Que François Hollande nous reçoive jeudi prochain est déjà un geste d’ouverture et une possibilité d’évoquer cela.

Est-ce que cette taxe peut mettre en danger le projet du Grand Stade ?
Bien sûr. Le Grand Stade a été établi sur un business plan, avec pour des banques, des engagements. Nous avons fourni des plans qui ne pouvaient pas intégrer une taxe que l’on ne connaissait pas a priori. Cette taxe s’adressait au départ à ceux qui perçoivent ces rémunérations. Aujourd’hui, elle s’adresse à ceux qui créent l’emploi, aux entreprises qui développent l’activité. Les banquiers peuvent ne pas apprécier que l’on n’ait pas planifié cette taxe. Et puis, si elle devait être acquittée, elle viendrait amputer les remboursements d’emprunt qui sont prévus pour le financement du Grand Stade.

Est-ce que la mesure du gouvernement est paradoxale, puisqu’elle risque de détruire des emplois ?
On est dans des niveaux de taxation supplémentaire qui dépasse très largement le déficit global du football français. Si on supprimait ces impôts qui sont contraires à l’esprit d’initiative, on peut assurer qu’il y aurait une création d’emplois. Lorsque l’on prend une décision de construire le Grand Stade avec 2 500 emplois pendant la phase de création, et puis après 1 000 à 1500 emplois pérennes, je suis prêt à m’engager à créer des emplois si on ne met pas une taxe qui est contraire à cela.