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Christian Gourcuff : « A Lyon pour prendre du plaisir »

Publié le 14 janvier 2011 à 11:23 par BV

L’année 2011 a idéalement débuté pour les Lorientais de Christian Gourcuff avec une qualification pour les 16es de finale de la Coupe de France.

Pour obtenir un bon résultat à Gerland samedi, et malgré les difficultés de son groupe à l’extérieur, l’entraîneur morbihannais n’entend pas renier ses principes de jeu, arguant que « la manière et le résultat sont imbriqués ».

   Comment est votre groupe après la victoire en 32es de finale de la Coupe de France contre Vannes (4 – 1) ?
Il n’y a pas de gloire particulière à en tirer mais c’est toujours bien de commencer l’année par une qualification, par une victoire assez nette dans le jeu comme dans le score. Pour la confiance, c’est un plus. Quand on est éliminé en 32es alors qu’on évolue en L1, on prend un coup sur la tête. Mais au-delà de la qualification, ce qui est très important pour nous, c’est qu’on est repartis sur les mêmes bases sur le plan du jeu, on a retrouvé des sensations, surtout en seconde période.

Dix clubs de Ligue 1 ont été éliminés en 32es. Cela vous donne-t-il des idées pour la suite de la compétition ?
Evidemment, on y pense. Il faudra être très prudents, on se méfie des déplacements comme celui qui nous attend contre Fontenay-le-Comte (CFA), face à des équipes hiérarchiquement inférieures, on redoute les conditions de jeu et les pelouses qui lissent les inégalités techniques, mais le fait qu’il ne reste plus que dix équipes de L1 offre des perspectives intéressantes.

Comment s’est déroulée la trêve hivernale ?
Les saisons précédentes, on faisait des stages dans la région avec des conditions d’entraînement souvent très difficiles. Notre terrain synthétique nous permet maintenant de bénéficier de conditions parfaites pour nous entrainer. Je ne suis pas un partisan des stages car il y a toujours une décompression lorsque l’on revient. Il y a également des aspects économiques à prendre en compte. Pour un club de notre dimension, on a fait une préparation idéale.

L’incertitude entourant l’avenir de Kevin Gameiro perturbe-t-elle le groupe ?
Bien sûr. On ne peut pas faire abstraction de l’impact médiatique. Cela déséquilibre non seulement le joueur mais également le groupe et le club. Tout le monde se pose des questions. Ce sont des périodes délicates à vivre. On avait déjà connu ça en début de saison, on ne maîtrise pas ces paramètres.

Pour nous, c’est un match où l’on a moins de pression, où la motivation est naturelle. On a la capacité de gêner les Lyonnais.

Comment jugez-vous l’évolution du FC Lorient depuis que vous en êtes redevenu l’entraîneur en 2003 ?
Le club évolue bien. On ne brûle pas les étapes mais on progresse à tous les niveaux. Je ne me focalise pas sur la place même si, pour un club comme le nôtre, ce n’est pas la même chose de terminer 7e ou 12e. Pour continuer de progresser, il faut avoir une marge suffisante sur le maintien pour ne pas se faire peur, pour ne pas avoir à gamberger et évoluer dans un contexte serein. On a pour l’instant 25 points, c’est moyen car le championnat est resserré à tous les niveaux, en haut comme en bas. Il faut donc être très vigilant. Si l’on se doit d’être ambitieux, il faut avoir conscience de nos possibilités. Cela n’exclut pas d’avoir des ambitions pour finir le plus haut possible mais on sait que la place est très aléatoire.

Lorient est 2e du classement à domicile et 18e à l’extérieur. Comme l’expliquez-vous ?
Il y a deux explications à cette situation. Il y a un aspect psychologique qui se traduit par un déficit d’intensité et de concentration : à l’extérieur, on a quasiment à chaque match la possession du ballon mais il y a toujours des erreurs parce que l’on n’est pas dans le match comme on peut l’être à domicile. Contre Lille par exemple, on a une possession de balle supérieure mais on se fait bousculer en vitesse. L’autre aspect, c’est notre pelouse synthétique qui nous permet d’exprimer toutes nos qualités à domicile.

Tout le monde reconnait que Lorient joue bien. Pensez-vous que vous pourriez être mieux classé si vous acceptiez de jouer plus mal dans le but d’être plus efficace ?
Non, c’est un faux débat. En foot, la manière et le résultat sont imbriqués. L’efficacité, il y a deux manières de la voir : à très court terme, sur un match, on peut faire beaucoup de concessions pour gagner mais cela ne mène pas très loin ; ou alors, on peut la voir comme la résultante d’un épanouissement collectif et individuel, ce que l’on obtient sur le long terme. Le Barça, c’est exactement ça. Cela nécessite de croire en ses convictions et de passer parfois par des périodes durant lesquelles on a moins de réussite.

Vous attendez-vous à affronter un OL très différent de celui que vous avez battu au match l’aller (2 – 0) ?
Oui, en tout cas plus serein, ce qui est essentiel. Au match aller, leur équipe n’était pas en place. Les Lyonnais étaient dans leur période la plus difficile. Le fait qu’ils aient retrouvé un rang plus conforme à leurs ambitions doit les aider à exprimer leur potentiel. Pour nous, c’est un match où l’on a moins de pression, où la motivation est naturelle. On a la capacité de gêner les Lyonnais.

  A quel niveau vous attendez-vous à retrouver Yoann Gourcuff ?
La gastro-entérite qui l’a handicapé pendant la trêve est forcément embêtante et pénalisante. Il a souffert en début de saison du manque de préparation, il y a ensuite eu cette blessure face à Schalke 04. S’il peut attendre encore un peu avant d’être en pleine possession de ses moyens, cela ne me dérangerait pas trop.

Cela vous pose-t-il un problème de préparer un match contre une équipe dans laquelle évolue votre fils ?
Pas de le préparer mais de le vivre, oui. Ce sont toujours des émotions contradictoires. Je suis supporter de l’OL, mais je suis aussi professionnel. Ce sont donc toujours des émotions particulières qui s’entrechoquent pendant le match. Préparer le match, c’est plus facile car on arrive à faire abstraction. C’est pendant le match que c’est difficile même si cela fait déjà trois saisons que je vis ça. Mais pour lui, ce n’est pas facile non plus. Ce ne sont pas des rendez-vous que l’on attend.

Signeriez-vous pour un match nul ?
Un match nul à Lyon serait forcément un bon résultat, mais en disant ça, je ne dis pas que l’on fermera la boutique. On va à Lyon pour jouer. Pour nous, le foot est un spectacle, c’est prendre du plaisir et en donner. Le résultat n’est pas accessoire mais il ne faut pas tout ramener à celui-ci. On se déplace à Lyon pour prendre du plaisir sur le terrain.

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