masculins / OL 2 - OM 1

Clerc / Ribéry : le match dans le match

Publié le 12 janvier 2006 à 10:47 par BV

Si le face à face Coupet / Barhez retenait l’attention des médias avant la rencontre, l’une des clés de ce choc entre les deux olympiques résidait probablement dans l’issue finale du duel entre Clerc et Ribéry amenés à se livrer un véritable match dans le match.

Un duel qui semble déséquilibré au premier abord tant l’ancien messin s’est imposé comme la révélation de ce championnat 2005/2006 : « J’aime bien ce joueur » reprennent en chœur Gérard Houllier et Sidney Govou (olweb.fr).
Malgré cette perspective alléchante, le début de rencontre nous offre un scénario inattendu : alors que les supporters de Jean Bouin se réjouissaient d’être les spectateurs privilégiés de cette opposition à grande vitesse, Franck Ribéry semble inexorablement attiré par l’axe de la défense. Un secteur où Cris règne en gardien du temple. Jouant le plus souvent en remise, dos au jeu, le natif de Boulogne sur Mer dispute 6 duels face au «Gendarme » pour presque autant d’affrontements perdus. Frappe contrée (3e), coup d’épaule régulier (16e), intervention musclée (21e) : le brésilien s’emploie à ne pas laisser exister le feu follet marseillais. Cris, Cris, Cris reprennent les spectateurs de Gerland alors que son adversaire tarde à se relever. Pendant ce temps, sur son côté, François Clerc s’en donne à cœur joie. Le couloir droit délaissé, il s’engouffre et multiplie les actions offensives. Lui à qui on promettait l’enfer semble totalement décomplexé. A la 10e minute, son centre en retrait est tout proche de trouver un partenaire mais Fabien Barthez sauve en corner. Sur son aile transformée en boulevard, il multiplie les débordements et les courses vers l’avant.
A la mi-temps, la comparaison est éloquente : alors que le jeune Lyonnais a délivré 4 centres (meilleur total des 22 acteurs) et 1 tir, son alter ego s’est montré incapable de dépasser une unité dans chacune des deux catégories.

Le retour des vestiaires est le moment choisi par le Marseillais pour retrouver son habituel pré carré et tenter de sauver une prestation jusque là bien terne. Une accélération et un centre capté par Coupet (55e) laisse présager une seconde période difficile pour le natif de Bourg en Bresse. La suite étonne et ravit le public de Gerland, ébahi d’assister à un tel spectacle. A trois reprises, le Lyonnais s’impose avec assurance et autorité (56e, 65e, 66e). Il se permet même de contrer et d’attaquer pour délivre deux centres pour Fred (63e) et Sidney Govou (65e). Dépité, impuissant, Franck Ribéry migre et abandonne son bourreau pour tenter sa chance du coté de Sylvain Monsoreau.

Serein et satisfait du devoir accompli, François Clerc laisse sa place à Benoît Pedretti sous les applaudissements nourris de Gerland (75e). Rassuré et fier de sa prestation, il termine meilleur centreur du match (7) et joueur ayant récupéré le plus de ballon (19). Sylvain Monsoreau peut saluer la prestation de son coéquipier : « François est meilleur que Ribéry ». Ce 11 janvier 2006, François Clerc a goûté à l’enfer promis. Il en redemande!
Sur le même thème