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Colleu: "Les Lillois sont des coriaces"

Publié le 26 août 2004 à 12:58 par R.B.

[IMG351L]Entraîneur, ami et adjoint de Paul Le Guen,<b> Yves Colleu</b>, Breton de 42 ans né à Dinard, quelle belle ville, confiait un jour pas si lointain que les métiers de joueur de football et d'entraîneur n'avaient rien à voir. Il nous en parle, avant d'aborder le sujet lillois. Il est le témoin de l'adversaire lyonnais du jour comme l'avaient été précedemment Coupet, Malouda et Révéillère... pour Nice, Sochaux et Metz.

Entraîneur, ami et adjoint de Paul Le Guen, Yves Colleu, Breton de 42 ans né à Dinard, quelle belle ville, confiait un jour pas si lointain que les métiers de joueur de football et d'entraîneur n'avaient rien à voir. «Quand tu es joueur, tu ne penses qu'à toi, mais tu n'es pas plongé 24h sur 24 dans le football. L'entraîneur, en revanche, il fonctionne différemment. Son esprit est en permanence occupé par le métier. Moi, par exemple, je n'arrive pas à lire un bouquin pendant la saison, tellement je suis absorbé par ce que je fais. Même à la maison, j'ai du mal à débrancher… ».



Si vous passiez par Tola Vologe le matin, plusieurs minutes avant que ne débute l'entraînement, vous le verriez souvent arpenter les terrains pour mettre en place la séance du jour. « Je la prépare après concertation avec Paul, Robert et Joël ; en fonction du programme de la période de la saison, du match précédent ou à venir. Je choisis donc tel ou tel thème. Les exercices s'inspirent de ce que j'ai déjà fait avec des innovations. Mais je ne change pas pour changer. Quand il y a ballon, il y a rarement de la lassitude chez le joueur. L'objectif ? Mettre sur pied un entraînement simple et efficace pour permettre au joueur de se préparer le mieux possible ».



Comment juge-t-il ensuite de la réussite de sa séance ? « La séance idéale, c'est lorsque tu as le sentiment que le joueur a travaillé avec du plaisir le domaine que tu souhaitais. Plaisir et efficacité. La notion de plaisir peut aussi avoir une conation de souffrance. L'analyse de « cette réussite », tu la sens immédiatement. C'est d'ailleurs important, parce que sinon, il faut être capable de changer ton fusil d'épaule pendant la séance ».



Mais Yves le concède : « le match reste l'essentiel à ce niveau là. L'entraînement est le moyen de bien aborder la compétition. Je vis le match comme Paul. J'essaie d'analyser notre performance, le fonctionnement de l'adversaire et son dispositif. Il faut réagir dans l'instant. Sur le banc, je ne suis pas spectateur, mais un acteur avec bien sûr des limites ».



Ce lecteur assidu du quotidien l'Equipe « c'est la première chose que je fais en arrivant à l'entraînement ; je le fais pour raisons professionnelles. Un entraîneur n'a pas le droit de ne pas être au courant de ce qui se passe dans son milieu… » nous a livré un secret de vestiaires les jours de match : « je prépare et j'affiche dès que j'arrive au stade une feuille récapitulative sur les coups de pied arrêtés offensifs et défensifs que je mets à jour lorsque nous connaissons la composition de l'équipe adverse ».



L'ancien joueur de St-Etienne, Angoulême, Quimper, Tours aborde ensuite le sujet lillois.



Yves quels souvenirs gardes-tu du match de la saison dernière ?



« Que du bonheur. Nous voulions réussir notre dernier match de la saison et fêter comme il se doit ce nouveau titre avec les supporters. Lors de l'exercice précédent, la défaite 4 à 1 contre Guingamp avait laissé un sentiment de frustration. Cette fois ci, la soirée fut vraiment formidable avec ce beau succès 3 à 0 »



A quoi penses-tu immédiatement lorsqu'on prononce le mot LOSC ?



« Que les Dogues sont des coriaces et l'ont toujours été. Cela tient à cette culture des gens qui sont habitués à souffrir. Sinon, mis à part le match de la saison dernière, je n'ai pas de souvenirs particuliers avec ce club. Je trouve que l'entraîneur Claude Puel incarne bien les valeurs maisons. Il bosse : il est intelligent et ne parle pas pour ne rien dire ».



Comment vois-tu le Lille 2004-2005 ?



« Les Lillois me semblent dans la continuité de ce qu'ils ont entrepris depuis plusieurs mois. Il y a une progression étape par étape. Ils ont eu quelques soucis en début de saison avec Tavlaridis. Mais je crois sincèrement qu'ils n'auront pas les mêmes problèmes que ceux de la saison précédente, où ils avaient été à deux doigts de tomber dans le ravin. Leur réussite en coupe Intertoto va leur donner de la confiance. Ce groupe est équilibré. Et puis il y a dans le club un souffle nouveau avec l'amélioration des structures, les projets du président. Ce souffle nouveau, cette évolution, cette envie partagée comptent et jouent sur les résultats ».



Enfin, quel type de match samedi ?



« Déjà, Lille, en ayant eu 4 jours pour récupérer après son match au Portuga, ne sera pas émoussé samedi. Ensuite, ce match ressemblera à de nombreux matches que nous avons déjà vus à Gerland. Les Lillois essaieront d'être bien en place ; ils joueront regroupés pour placer des contres en insistant sur nos points faibles du moment qu'ils ont du visionner. Nous, on a travaillé pour progresser, éliminer ces points faibles. Il faut qu'à domicile, notre jeu se mette en place pour favoriser l'expression de nos attaquants ».



R.B.