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G.Coupet : « Le derby est capable de te faire ressentir des sentiments incroyables »

Publié le 04 février 2017 à 12:55 par VW

Grégory Coupet fait partie des personnages incontournables du derby. Passé du vert au rouge et bleu à l’hiver 1997, l’actuel entraîneur des gardiens de la réserve lyonnaise évoque ce match tant attendu, un entretien exclusif rempli de souvenirs.

Greg, quels souvenirs gardez-vous de vos premiers derbys avec l’ASSE ?

Je me souviens d’un derby joué ici à Lyon, on nous avait dit qu’on allait prendre une correction. On avait bien résisté en ne perdant qu’un but à zéro (en 1995). C’était un souvenir déjà intense, parce qu’un derby que ce soit côté stéphanois ou lyonnais on vous en parle toute la semaine. Ça se prépare en avance, médiatiquement aussi. Quand on est joueur c’est très motivant mais quelque part aussi très stressant. On a envie de bien faire et de ne pas décevoir les supporters. C’est un mélange d’excitation et de hantise. Mais on s’entraîne pour vivre des moments comme ça.

Ce match est-il vécu de la même manière dans les deux villes ?

Évidemment. Saint-Étienne est une ville de football, passer là-bas une semaine sans parler de football ce n’est pas possible, donc quand c’est le derby c’est multiplié par deux.

Vit-on le derby différemment quand on est gardien de but ?

Oui bien sûr car l’histoire des derbys fait que l’animosité est grande chez les kops présents derrières les cages. Notamment à Geoffroy-Guichard où les supporters sont vraiment proches. On a le droit à tous les noms d’oiseaux. J’en ai parlé avec Antho (Lopes) dernièrement. Même l’arrivée au stade est un moment extraordinaire. On entend les impacts sur le bus, c’est impressionnant mais ça nourrit aussi une excitation incroyable. Suivant le tempérament du joueur soit on est un petit peu effrayé ou au contraire ça nous fait ressentir des sentiments assez incroyables.Mais ça reste tout le temps des bons souvenirs. J’ai eu la chance dans mes onze ans et demi à Lyon de ne jamais perdre un derby.


Tu as vécu des derbys historiques avec l’OL, lequel t’a le plus marqué ?

Je pense à chaque fois aux scénarios incroyables lorsqu’on a marqué dans les arrêts de jeu, avec les buts de Delmotte (en 2000) et de Sidney (en 2004). Il y aussi la fois où l’on s’est maquillé contre eux, c’était quelque chose de très fort. On avait eu très peur des conséquences. Mais je pense qu’on avait une génération un peu folle à ce moment-là, quand une décision était prise tout le groupe suivait. On dit que ce sont des matchs qui ne se jouent pas mais qui se gagnent, et quand tu le gagnes de façon collective comme cela c’est très fort.

Il y a également celui de 2008 avec ce but gag que tu encaisses…

En tant qu’ancien stéphanois j’avais toujours une pression supérieure lors des derbys, je ne voulais surtout pas qu’il y ait la moindre critique ou suspicion d’être resté un « sale Vert » ou de « l’avoir fait exprès ». C’est quelque chose d’assez horrible. Sur ce coup-là, je me rappelle que l’idée que j’avais eu était bonne mais que la réalisation technique était mauvaise. Heureusement que j’avais assez d’expérience pour ne pas être trop déstabilisé ensuite.

Comment vois-tu le derby de dimanche ?

J’espère que les conditions ne seront pas trop mauvaises, je pense qu’on a quand-même la capacité de manœuvrer les verts. L’équipe stéphanoise empêche avant tout l’adversaire de développer un jeu, elle est plus contrariante que joueuse. C’est un scénario qui est compliqué pour nous. Il va falloir développer un jeu quand-même. L’important aussi c’est de savoir gérer ses émotions. Il faut arriver à faire un match comme les autres finalement. Pratiquer un jeu mais en ajoutant de l’agressivité en plus dans les duels. Car un derby se gagne en premier lieu dans les duels.

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