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Coupet: "le plaisir et l'envie avant tout"

Publié le 22 juillet 2005 à 08:38 par R.B

[IMG6335L]A 32 ans passés, <b>Grégory Coupet</b> est désormais l'un des anciens du groupe. <br> A Lyon après l'entraînement, à l'issue d'un match du championnat quelque part en France ou en déplacement en Corée du Sud, il est toujours aussi disponible, ouvert, plein de vie...

A 32 ans passés, Grégory Coupet est désormais l'un des anciens du groupe. A Lyon après l'entraînement, à l'issue d'un match du championnat quelque part en France ou en déplacement en Corée du Sud, il est toujours aussi disponible, ouvert, plein de vie. Alors à Séoul, Busan, pas question de se cloîtrer dans sa chambre. Il part seul ou avec d'autres joueurs découvrir les sites des villes. Ce vendredi matin, il est allé par exemple visiter le Stade Olympique ; il est aussi retourné au temple en face de l'hôtel… Il n'hésite pas à goûter la cuisine locale : les larves de papillon à Busan et il a envie de manger du chien à Séoul. Il parle de sa famille, de ses enfants et du bonheur qu'il a à trouver des cadeaux : « je dois me rendre dans un magasin de jouets ». Il nous dit aussi qu'il souffre de la chaleur et du manque de sommeil. « C'est terrible cette chaleur, elle est pesante ; j'ai du mal à m'endormir avant 2 heures du matin… Je ne me souvenais pas de tout ça, et pourtant c'est mon 4ème séjour ici ».



Installé confortablement dans un des salons de l'hôtel, il a été facile, agréable de lui poser des questions et de noter ses réponses.



Greg, quels souvenirs gardes-tu de tes 3 premiers séjours en Corée du Sud et tes impressions sur ce dernier ?

« Le premier, c'était avec l'Equipe de France pour la Coupe des Confédérations. C'était mes débuts en Equipe de France. C'était important, même si j'avais joué et perdu 1 à 0 le match contre l'Australie. J'avais fait un super arrêt sur un coup franc, mais derrière cela n'avait pas suivi. Ce match, avec une équipe largement modifiée, n'avait pas été un cadeau. Le deuxième ? La Coupe du Monde bien sûr. Comment dire… le scénario catastrophe. Avec nos armes offensives, nous n'avons pas inscrit un but. Moi, j'ai profité ; je me suis éclaté ; j'ai bossé. J'ai eu beaucoup de complicité avec les gars du RAID. Cela reste une belle aventure humaine. Le troisième ? C'est la première édition de la Peace Cup. Un séjour fatiguant avec ces kilomètres en bus, ces déplacements… Celui-ci ? Ce qui marque, c'est d'abord la chaleur. Je ne me souvenais pas des effets. Aux entraînements, je souffre ; je transpire énormément d'une façon générale, alors là… c'est quelque chose. Cela te rince dès que tu fais un effort, te pompe ton énergie. Autrement, il y a ces Coréens. C'est un plaisir de les côtoyer. Ils sont polis, respectueux, paisibles. Lorsqu'ils ne sont pas sympas, en rigolant, c'est quand ils ne comprennent pas l'Anglais ».



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Peux-tu nous dire un mot sur les 3 recrues ?

« Sylvain Monsoreau ? Un homme très réservé, paisible ; ils se livre petit à petit ; il s'adapte et cherche de plus en plus le contact. C'est déjà un joueur d'un très bon niveau. Il répond présent et il est attentif. Benoît Pedretti ? Il le dit… il est heureux d'être à l'OL. Il est très donc motivé et déjà très bien intégré. Il a aussi conscience qu'il y a de la concurrence et que ce ne sera pas facile. John Carew ? C'est du bonheur ; un super mec ; il est très avenant. C'est beau de voir la façon qu'il a de s'intégrer ; il apprend le Français. Et dans le jeu, cela évolue, même s'il faut que tout le monde s'adapte. Ses 2 buts contre les Coréens lui ont fait du bien. Il est puissant, adroit et quand il fait ses déviations, tu peux constater qu'il ne les fait pas n'importe comment ».



Où en es-tu de ta forme ?

« J'estime que je suis à 80% de mes moyens. Je n'ai pas encore ma vitesse habituelle, ma tonicité pour démarrer ; je ne vais aussi haut que de coutume. Il y a donc du boulot. Mais en même temps, je me demande si les conditions climatiques ne sont pas un handicap. Rémy Vercoutre ressent les m�mes choses que moi. Le genou ? Ca va, mais je ressens toujours une douleur dans certaines situations ».



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A ton âge, qu'elles sont tes priorités dans le football? Les titres… les sélections… l'argent… le plaisir ?

« Le plaisir et cette envie d'avoir toujours envie. J'ai les crocs. Tant que je serai ainsi, cela voudra dire que je suis capable de faire toujours aussi bien… que je suis vivant. Je suis un adulte avec un appétit de gamin. L'argent ? Maintenant, je ne me bats plus pour ça. De ce côté là, je n'ai plus de souci à me faire ; il n'y a plus le stress des lendemains. J'ai fait le tour de beaucoup de choses dans ce métier ; quand tu as côtoyé la grande équipe de France de 98, tu as vécu des moments exceptionnels, hallucinants tout en étant, moi, tranquille, un peu planqué. Est-ce que je me sens vieillir ? Non, il y a un simplement un décalage car les gars sont plus jeunes. Cela ne peut pas être la même chose dans les relations avec Hatem Ben Arfa que cela l'était du temps de « Toph » Delmotte. Mais je dirais que c'est enrichissant… sur la nouveauté, le vocabulaire, les centres d'intérêt. Avec l'âge, il y a un avantage : les choses glissent d'avantage sur moi. Paul Le Guen m'a canalisé sans me pénaliser. Je suis plus serein, moins extraverti. Je m'énerve moins que par le passé. Avant j'aurais pété les plombs plus facilement ; je me serais fait des nœuds à l'estomac. J'avais la même exigence envers les autres que celle que je m'impose. Aujourd'hui, je crois que je conseille plus que je n'exige ».



N'est-ce pas trop difficile tous ces stages, ces mises au vert, ces déplacements… ces absences loin de chez toi ?

« Je crois que j'ai surtout peur du jour où cela s'arrêtera et que je resterais tout le temps à la maison! Ma vie actuelle m'équilibre. Ma femme gère le quotidien et je me rends compte quand je suis à la maison que ce n'est pas évident. Quand je reviens je dois être bien présent, notamment avec les enfants. Moi, je me régale de découvrir toujours de nouvelles choses. Bon aujourd'hui, je vais quand même dire que je commence à trouver le temps long, mais je ne vais pas me plaindre. J'ai de la chance et je le sais. Lorsque je suis en déplacement, je découvre, je m'entraîne, je récupère… j'ai mes habitudes. En plus le coach (Gérard Houllier) ne te bloque pas. Une mise au vert, un séjour comme celui-ci n'empêchent pas de vivre ; et moi je suis bien en étant vivant ».



Tottenham en finale de la Peace Cup ?

« J'ai un peu regardé le match contre la Real Sociedad… on doit y arriver et il faut gagner. Notre progression passe aussi par ce genre de victoire. Je suis d'ailleurs impressionné par la qualité athlétique de certains joueurs du groupe. Il y a des monstres, des athlètes… ».



R.B