masculins / Le retour de Grégory Coupet

Coupet: une semaine de travail

Publié le 16 novembre 2007 à 16:30 par R.B

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Comme d’habitude, une semaine de travail chargée pour «Greg » qui enregistre avec plaisir de nouveaux progrès dans sa rééducation…

Nous avions quitté Grégory vendredi après-midi. Il s’apprêtait à passer un week-end de repos en famille sans oublier de venir partager dimanche soir le match contre l’OM avec ses coéquipiers. « Ce qu’ils font, c’est super. Il faut juste montrer plus d’intransigeance à domicile ».

Lundi 12 novembre, il retrouve Sylvain, le kiné, à 14h. Dans sa main le Midol, le journal des amateurs de rugby. «J’adore ce sport et les mecs qui le pratiquent… ». Grégory a déjà bossé le matin en dehors du centre. La salle de soins est déserte. Le groupe des pros non concernés par les sélections bénéficie d’une soixantaine d’heures sans travail. Prise de la masse graisseuse, mesures des tours de cuisses et de mollets, mesures de la flexion et de l’extension. Tout est noté, comparé. Il y a encore des manques, des différences et c’est normal. Mais que de progrès. « Tu vois, au début, je ne pouvais pas tendre la jambe. Le plus impressionnant ? Quand j’ai vu cette jambe gauche quelques semaines après l’opération. Le genou était plus gros que la cuisse et le mollet. Ce week-end, j’ai étiré ma cuisse et j’ai mis de l’argile sur la cicatrice ».

La torture commence avec Sylvain. Les visages se tordent, les muscles se tendent, la sueur trempe les corps, la table grince. Le travail d’un couple vers le même objectif. « Tu ne peux pas avancer, progresser s’il n’y a pas d’osmose, de confiance entre nous. Sylvain, il sait exactement ce que je ressens en me regardant ». Le but est d’atteindre une flexion de 130 en fin de semaine. «Greg » a une dizaine de degrés à gagner. Peu et énorme à la fois.

Entre deux tortures, le natif du Puy demande des nouvelles de Patrick Müller qui a joué avec la CFA. « Cela doit être difficile à supporter pour lui. Tu imagines les craintes qu’il peut avoir. Moi, dès que j’ai commencé à faire des exercices, je n’ai pas eu peur. Certes, je n’ai pas encore la puissance nécessaire. Du coup, ma détente est faiblarde… Il faut travailler ».

[IMG42620#R]Mardi 13 novembre, il met le nez dehors, sur le synthétique, en compagnie des jeunes Mounier et Paillot. Place à une série d’éducatifs relatifs à la course sous le regard compétent de Guillaume Tora (Toto). De la joie et du sérieux malgré le côté rébarbatif des exercices. Ce n’est pas le gardien de but international en action, c’est un athlète de très haut niveau. Il pige à la perfection les mouvements alors que les gamins ont souvent de la peine. Lors des pauses, il plaisante, chambre un peu les raideurs de ses coéquipiers. « C’est normal, les exercices ressemblent à des pas de danses qu’ils n’ont pas connues… ». Direction la douche. Non. Une envie pressante de ballon le titille. « Moune, on tape le le ballon ? C’est parti pour une trentaine de minutes sur le terrain jouxtant le synthé. Jeux de passes uniquement. Un gamin s’ébroue, s’émerveille d’une amortie manquée ou réussie ; d’une passe précise ou hasardeuse. Une petite quinzaine d’années le sépare de ses deux acolytes. Franchement, il semble le plus jeune, le plus fou, le plus heureux. Comment ne pas aimer l'acte sportif tout simple avec un tel mec!

Le lendemain matin, le temps s’est mis à la grisaille. Seul avec Toto. De nouveau un travail d’appuis où la hanche est énormément sollicitée. La douleur est apparente. Il fait certains mouvements en marchant. « Tout ceci est normal. Certaines parties de mon corps n’ont plus l’habitude… ». A côté « une bande de vieux » rigolent au tennis ballon. Ce serait un bonheur de rejoindre Bernard Lacombe, Robert Valette, Georges Prost, Patrick Paillot, Gérard Bonneau, Joël Fréchet ! Demain… sera un autre jour.

Travail le jeudi matin à l’extérieur du centre, puis dans la salle de musculation l’après-midi avec Toto. Les appareils sont au repos. Seul Gilles Rousset viendra les titiller un peu plus tard. C’est un peu lugubre ce silence, cette immensité d’appareils au repos et cette absence de lumière venue de l’extérieur. Dehors, il fait un temps tristounet et le thermomètre regarde le zéro de très près. Au moins, il fait chaud. Du vélo pour débuter en se confiant. «Pendant 2 mois, je n’ai vu que ces murs. J’en avais vraiment ras le bol. Tu mets le casque sur les oreilles et tu te fixes des défis. Quand tu recommences à travailler dehors, tu apprécies. Je bosse 4 à 5 heures par jour. Heureusement que tu peux matérialiser les progrès avec le cybex, les autres instruments de mesures… Le soir, je suis complètement vanné. En revanche j’apprécie vraiment les week-ends. Je suis avec ma famille. Je vais voir jouer le LOU ; je vais aussi regarder ma femme jouer au volley… Il y a les enfants. Ce sont des grands moments. »

[IMG42621#L]Divers exercices pendant une petite heure. Et toujours cette qualité dans les gestes effectués. Quelle coordination ! Quelle envie de dépassement de soi! « Après ma carrière, bien sûr que je vais continuer à faire du sport. J’aimerais jouer au rugby, mais je serais capable de me péter un genou… ». Son retour ? Il en parle bien sûr, mais pas question de le faire sans être prêt. «Et cela passe par un total recouvrement de mon intégrité physique ». Les ballons dorment d’un œil dans un coin. Il les a déjà retouchés. Ils vont ressortir bientôt avec Jo Bats qui lui aussi a du soigner en début de semaine un genou douloureux.
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