masculins / Milan AC 3 - OL 1

Cruelles dernières minutes

Publié le 04 avril 2006 à 23:00 par SR

Le match nul concédé à Gerland laissait entrevoir de l’espoir, beaucoup d’espoir. L’OL n’avait pas hypothéqué ses chances au match aller contrairement aux saisons précédentes. Mais cette fois–ci, l’adversaire était d’un autre calibre.

Juninho, suspendu à l’aller, renforçait le collectif de ce groupe fort d’individualités. « Une grande équipe doit être capable de se passer de grands joueurs » justifiait Gérard Houllier. C’était le cas « Juni » à l’aller, c’est également valable pour Tiago, remplacé numériquement par Govou pour ce match retour. Un 11 de départ Lyonnais inédit et offensif plaçait Nino, l'homme en forme, en numéro 10. Côté Milanais, Pippo était préféré à Gilardino, trop réservé à Gerland la semaine dernière.

Par le passé, les Lyonnais s’étaient imposés deux fois à San Siro, contre l’Inter Milan. Et c’est un autre Milan que l’OL affronte ce soir. L’affiche présente un club Lombard indomptable à domicile contre un OL d’attaque à soulever des montagnes, toujours buteur hors de ses bases, pour le plus grand plaisir des 9500 supporters lyonnais présents en Lombardie. Qui mieux que le ballon d'or 2004 pouvait nous promettre « une rencontre ouverte » dans son jardin mythique affichant guichets fermés.

Les Lyonnais, en tenue blanche et rouge, donnaient le coup d’envoi et prenaient immédiatement l’ascendant sur les Milanais. Les occasions les plus nettes étaient à leur actif et bien que visiteurs, les Gones répondaient coups sur coups aux assauts Rossoneri. Le quart d'heure passé, une valse d'occasions non cadrées se succédaient. Sidney Govou ouvrait le bal et prenait sa chance à une vingtaine de mètres, sans trouver le but (14’). Inzaghi coupait un centre de Serginho sans avoir plus de réussite (16’). Au tour de Nino d'alerter Dida sur un ballon offert par le gardien brésilien…out. Après un excellent pressing de Fred, Malouda lobait le mètre 95 de Dida de l’extérieur du pied mais ne trouvait toujours pas le cadre (18’). Costacurta entrait en jeu pour suppléer Stam…blessé.
Après une pléiade d'occasion hors cadre, la première cadrée était la bonne. Et Contre le cours du jeu, c'est le renard Inzaghi qui plaçait une tête victorieuse après 25 minutes de jeu. La perte de balle au milieu de terrain s’avérait cruelle pour les Gones quand Seedorf en profitait pour servir Pippo sur un plateau. Aux 5 mètres 50, l'attaquant ne se faisait pas prier pour ouvrir le score.
Ce but sonnait le branle-bas de combat Milanais qui se remettaient dans le match, après une entrée timorée... ou plutôt aux antipodes de l'entame réalisée la semaine dernière à Gerland. Au retour, ce sont les Gones qui se chargeait d'assurer le show. Ils ne baissait pas les bras, ni la tête et Diarra, poussé par les supporters olympiens, répondait à Pippo quelques minutes plus tard. D’une tête rageuse. Suite à un coup franc de Juninho. Le Malien inscrivait son deuxième but en Champions League cette saison (31' ; 1-1).

Le ballon continuait de voyager d’une surface à l’autre. Seedorf adressait un missile (33’). Govou décochait le même en direction de la cage adverse, sans plus de réussite avant que Juninho n'envoie un centre-tir sorti par le bout des doigts de Dida (39’). La possession de balle était Lyonnaise et Djila était partout. En attaque comme en défense. Il s'en ai fallu de peu pour qu'il ne double la mise d'une nouvelle tête quasi-triomphante, repoussé par le montant... dans la foulée, il barrait la route à Kakà, qui s'en allait défier Coupet. Un monstre. Un animal comme le surnommait son copain Essien. Et comme le dit si bien Bernard Lacombe sur OLTV, « S'il ne gagne pas le duel, il débarrasse », pendant que derrière, le gendarme déménage. Inzaghi prenait du jaune pour s'être pris le bec avec Cris avant que Mr Hauge ne renvoie les 22 acteurs aux vestiaires.

A la reprise, « Juni » le métronome provoquait et obtenait un coup franc bien placé, repoussé par le mur. Abidal y mettait également son grain de sel en attaque et provoquait la colère de Dida sur une frappe fuyante (55’). De l’autre côté du terrain, Serginho fusillait un Coupet vigilent et retombait sur Caçapa. L’envoyant quelques minutes sur la touche... Les minutes s’écoulaient. Les Milanais poussaient tant sur le terrain que dans les tribunes. Nino revêtait le costume de sauveur in-extremis en repoussant le cuir étoilé sur sa ligne de but pour écarter une tête de Kaladze. Posté en numéro 10, il faisait preuve d’une activité phénoménale : temporisait, gérait, défendait et attaquait.
Antho Réveillère prenait la place de Govou pour retenir les attaques italiennes de plus en plus fréquentes jusqu'à ce que ce diable de Sheva n'envoie Coupet au charbon, au bout du temps règlementaire. Démarqué au second poteau, le meilleur buteur de cette C1 transformait une transversale de Maldini, fraîchement entré en jeu, en manoeuvre décisive. Grégory Coupet déviait le ballon qui s'échouait sur le poteau droit du portier. Le cuir longeait la ligne de but et allait heurter l’autre montant... Inzaghi surgissait et finissait le travail pour son second but de la soirée. Le scénario devenait catastrophe quand Sheva, crucifiait l’OL et envoyait définitivement le Milan en demi-finale en fin de prolongation.

Quel sort cruel. La première défaite à l'extérieur depuis mars 2005 semble si injuste. L’OL a pourtant dominé, a été grand. Il s'en ai fallu de peu... et il ne leur en n'a pas fallu beaucoup, d'occasions, aux Milanais. Réalistes et expérimentés, les rouges et noirs accèdent à leur 3ème demi-finale en 4 ans et écartent les Lyonnais, qui essuyent une troisième défaite à ce stade de la compétition... en trois ans. Avec un 5ème titre historique qui se profile dans les prochaines journées de championnat... Avec 72 points au classement de L1, le rendez-vous est déjà pris pour la prochaine, puisque l'OL rime avec Europe.
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