feminines / OL Féminin - PSG

De doublure à titulaire dans les cages lyonnaises…

Publié le 27 septembre 2015 à 08:00 par J.C

Recrutée en tant que numéro deux, Méline Gérard se retrouve propulsée sur le devant de la scène. La faute à une absence de plusieurs mois de la gardienne titulaire de l’OL Sarah Bouhaddi pour cause d’opération à l’épaule.

«Méline, son gros point fort, c’est son explosivité. Elle est très forte sur sa ligne. Elle a une vitesse dans ses réactions qui est impressionnante». Qui de mieux que Yoan Vivier, l’entraîneur des gardiennes de l’OL pour présenter Méline Gérard. Des qualités donc mais aussi des points à améliorer. «Il y a peut-être son jeu au pied qui pêche un peu. On le travaille à l’entraînement et elle progresse beaucoup à ce niveau». Une joueuse professionnelle pour Yoan Vivier qui a une formidable opportunité durant ce prochain mois tout en gardant à l’esprit d’où vient la joueuse aujourd’hui âgée de vingt-cinq ans. «Il ne faut pas oublier qu’elle était numéro deux l’an dernier. Elle doit retrouver des repères, des repositionnements, des réglages dans ses cages. Ça ne se fait pas du jour au lendemain».

De la frustration. Méline en a ressentie lors du tournoi de préparation de la Valais Cup. Six buts encaissés au total dont trois en finale lors de la défaite contre le Bayern Munich (1-3). En championnat c’est plus tranquille. Trois matches et trois victoires au cours desquelles la gardienne a gardé ses cages inviolées.  

Un début de saison validé par l’entraîneur de l’OL Gérard Prêcheur. «C’est une énorme satisfaction qu’elle puisse avoir l’opportunité de montrer son potentiel. Elle le fait très bien. Elle a eu une période d’adaptation difficile en préparation le temps de trouver ses repères. Tout ce qu’elle a eu à faire avec l’OL a été bien fait. Elle a le bon état d’esprit et dégage de l’assurance. Le rendez-vous face à Paris permettra évidemment d’avoir un regard plus pertinent sur ses performances».

C’est justement  en région parisienne que tout démarre pour Méline. Née à Massy dans l’Essonne, elle y effectue ses premiers pas de footballeuse. Puis direction l’AS Montigny pour sept ans. Une année au PSG et la voilà qui débarque à Saint-Etienne. C’est là que Méline va franchir un palier. Pas une surprise pour Hervé Didier, son entraîneur à l’ASSE. «On l’avait recrutée parce qu’elle avait un potentiel. Ce qui la caractérise, c’est son envie de progresser. Elle était toujours en demande de travail. Elle ne laissait rien au hasard lors de ses séances».

Minutieuse et parfois à l’extrême. Hervé Didier se souvient. «Méline ne voulait pas jouer quand sa tenue n’était pas coordonnée. Lors de son premier match avec nous contre Montpellier, elle ne voulait pas rentrer sur le terrain parce qu’elle n’avait pas les gants assortis à son maillot rouge. J’ai réussi à la convaincre et on a gagné 1-0 au final». Une attitude loin de refléter un caprice pour son coach de l’époque mais plutôt un sens aigu du détail. Car Méline voulait aller le plus loin possible. «Elle n’arrêtait pas de me dire qu’elle voulait jouer en Equipe de France». Cette volonté va l’amener du côté de l’OL en 2014  «On a tout fait pour faciliter ce transfert. Dans le monde du football féminin, signer à Lyon c’est comme rallier le FC Barcelone chez les masculins. C’est une vraie fierté pour nous de la voir s’épanouir là-bas».

Un épanouissement qui l’a amenée chez les Bleues. Elle était titulaire dans les cages tricolores lors de la victoire face au Brésil (2-1) le week-end dernier. Une nouvelle étape de franchie mais certainement pas un aboutissement. Le goût de la place de numéro un… Méline Gérard en raffole. 

Sur le même thème