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Des éloges, mais surtout de l'humilité

Publié le 26 octobre 2004 à 17:01 par R.B

[IMG3568L]Le fait d'être invaincu en 15 rencontres officielles; les matches contre St-Etienne, Manchester, Fenerbahçe... ont mis non seulement un peu plus l'OL sur le devant de la scène médiatique, mais cette fois ci avec un regard, un discours très positifs. On sent monter la côte d'amour du club olympien. Mais tout le monde le dit au sein du club: une saison se juge à la fin. Cela n'empêche pas de lire avec un grand plaisir certains articles parus ces derniers jours...

Le fait d'être invaincu en 15 rencontres officielles; les matches contre St-Etienne, Manchester, Fenerbahçe ; les arrivées échelonnées d'Abidal, Frau, Cris, Nilmar, Diatta, Wiltord redonnant de la confiance aux supporters et de la crédibilité aux yeux des spécialistes du football après les départs de Carrière, Dhorasoo, Deflandre, Edmilson, Vercoutre, Luyindula, Müller ; la qualité, pour l'instant, de ce qui est montré ailleurs ; la découverte, enfin, du quotidien du club … ont mis non seulement un peu plus l'OL sur le devant de la scène médiatique, mais cette fois ci avec un regard, un discours très positifs. On sent monter la côte d'amour du club olympien. On lit, on entend que l'OL va écraser le championnat de France de sa supériorité; on lit, on entend que l'OL pourrait faire une grande campagne européenne, voire même figurer parmi les favoris de l'édition 2004-2005.

Puissance, vitesse, réalisme… sur le terrain. Des individualités « monstrueuses » au service du collectif ; 13 internationaux sans compter les Espoirs ; un banc de qualité ; un staff de tout premier ordre. Un centre de formation mis en avant récemment… Un club qui avance, progresse, saison après saison, sans faire de vagues comme le souhaite son président Jean-Michel Aulas. 11ème en 95-96 de son championnat, puis en suivant 8ème, 6ème, 3ème, 3ème, 2ème, 1er, 1er et 1er. Une Coupe de la Ligue. 5 participations de rang en Champions League et un 1/4 de finale la saison dernière

Les têtes pourraient tourner devant ces succès, ces éloges à répétition et cette nouvelle donne médiatique. Les dirigeants, les entraîneurs, les joueurs sont heureux de leurs résultats et de ces commentaires, analyses, prévisions. Mais ils ne cessent de le répéter : une saison se juge à la fin et en terme de résultats. « Pour l'instant, cette saison, on n'a rien gagner (sauf le Trophée des Champions) et je me souviens de ce qui est arrivé � Monaco en 2003-2004 ! » Les propos de Grégory Coupet peuvent être reproduits en plusieurs exemplaires au sein du club lyonnais. Ce n'est pas une façade ; tout simplement le mode de pensée de sportifs de haut niveau et de dirigeants responsables.

En attendant pour ceux qui n'auraient pas eu le plaisir de lire certains articles parus ces derniers jours, ils peuvent les consulter après ces quelques lignes « d'introduction ».





Edito de l'Equipe (du 26/10/2004)



Pas Marrant, ces Lyonnais



Ces Lyonnais ne sont pas marrants. Avec eux, aucun scandale. Quelques mauvaises périodes et même quelques crises, amis toujours passagères, jamais profondes. Pas de démissions d'entraîneur tous les trois mois, six mois, neuf mois (au choix), tout juste quelques demandes d'explication. Une grande stabilité, dans les structures comme dans l'ambition, qui, forcément, rejaillit sur les joueurs, l'entraîneur, le terrain en somme.

Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique Lyonnais, peut énerver par sa capacité à vampiriser Jacques Santini puis Paul Le Guen, entraîneur des trois titres de champion de France d'affilée (2002, 2003, 2004). Il peut énerver aussi par sa volonté de tout régenter ou quand il s'exprime en parfait porte-parole du libéralisme, quelquefois de l'ultra-libéralisme. Mais il est là depuis dix-sept ans. Il a pris le club très bas et l'a monté très haut. Plus qu'un financier, c'est un entrepreneur, et la différence entre les deux vocations est considérable, car il s'agit de deux conceptions du monde.

Ces Lyonnais ne sont pas marrants. Déjà qu'ils se refusent au croustillant, ils sont en plus capables – et même, d'année en année, de plus en plus capables – de s'attirer la sympathie des amoureux du football. Leur immense première mi-temps télévisée contre Manchester United (2-2), puis, à Saint-Étienne (3-2), leur fin de match insensée, dans l'ordre de la volonté, de l'attaque, du risque, de l'amour du jeu, font déjà partie des souvenirs emballant d'une année sportive 2004-2005 qui ne fait pourtant que commencer.

Décidément, ces Lyonnais ne sont pas marrants. Ils perdent Vikash Dhorasoo, Eric Deflandre, Christophe Delmotte, Eric Carrière, Patrick Müller, Edmilson. Ils les remplacent par Eric Abidal, Pierre-Alain Frau, Cris, Lamine Diatta, Nilmar et, bien sûr, Sylvain Wiltord. Et ça marche. En plus, ils sont bien élevés, répondent aux questions et même quand Grégory Coupet, qui n'a pas sa langue dans sa poche, intervient publiquement, son avis est considéré comme un moyen légitime de faire progresser le club.

L'invincibilité actuelle de l'Olympique Lyonnais tient beaucoup à la sérénité du club tout entier. Ces gens-là construisent, jouent, prennent et donnent du plaisir. Vraiment pas de quoi se marrer



A lire également, des morceaux choisis de l'article du président Lyonnais, Jean-Michel Aulas sur lequipe.fr









Après avoir consacré un numéro complet aux coulisses de l'Olympique Lyonnais dans leur édition papier, les Cahiers du Football récidivent sur le web, avec un article intitulé: "Lyon, inexorablement..."



Introduction : "Quelque chose a changé du côté de l'OL, qui poursuit son irrésistible ascension et semble sur le point d'achever son accomplissement. Une leçon cinglante pour nos supposés "grands" clubs, proprement ridiculisés par cette réussite..."



Proposant des analyses décalées, des parodies et quelques photos détournées, ce site souligne aujourd'hui la réussite de l'OL et conclut: "La lente ascension lyonnaise ne suscite plus la moindre ironie tant elle prend un caractère inexorable. Tout le monde s'accorde pour dire que ce qui manque à l'OL, afin que chacun se rende à l'évidence (et afin que cette reddition soit totale), c'est cette fameuse épopée européenne qui comblera son déficit d'image. On ne prendra pas un grand risque en pressentant qu'elle est pour cette saison, car aujourd'hui, l'Olympique lyonnais a tout d'un grand. D'Europe, pas de France."



Un article à lire sur www.cahiersdufootball.com !





Editorial de France Football

(22 octobre 2004)

Pas de place pour le mystère



La troisième journée de la Ligue des Champions l'a bel et bien confirmé : l'Olympique Lyonnais est, à l'heure actuelle, potentiellement et indiscutablement le rassemblement de joueur le plus costaud, le plus performant et le meilleur de France. Sa remarquable prestation, tout en intelligence mesurée et en autorité contrôlée, dans le cadre fort inhospitalier du stade de Fenerbahçe, mardi dernier, a montré l'étendue du chemin parcouru en quelques années. L'équipe Lyonnaise, ai avait déjà atteint, la saison dernière, en plusieurs occasions, des sommets d'expression collective à base de virtuosité individuelles ajoutées mais calibrées, se règle désormais sur des normes encore plus solide et des repères constants à partir desquels la création du jeu se développe sans limite, sinon celles des joueurs en place. C'est d'ailleurs cela la marque d'une équipe, telle que nous l'ont proposée le Reims d'antan, le Saint-Étienne d'avant-hier ou l'Olympique de Marseille d'hier. Pour parvenir à ce niveau et à cette régularité dans l'expression, il faut créer à l'intérieur et entre les lignes une complémentarité naturelle ou travaillée, une harmonie, une unité de pensée et d'action. Et quand ça ne marche pas du tout, plus trop ou oins bien, il faut intelligemment recruter. Un homme. Deux hommes, peut-être davantage, ce qui fut le cas en l'occurrence pour un club qui a parfaitement ciblé ses besoin à l'intersaison. Son recrutement judicieux a eu le double effet de régénérer le groupe et de renforcer l'équipe. Depuis, le niveau monte, monte, monte. Et Lyon semble (re)parti pour trois bonnes années, ce qui représente, en football, une forme d'éternité !



L'équipe Lyonnaise, après la découverte de ses potentialités, atteint aujourd'hui un point presque parfait d'équilibre, voire, en certaines circonstances, le domaine de la rare plénitude. Comme sur son premier but en Turquie, où elle a additionné la réflexion tactique (occupation du terrain), l'art de la relance (Caçapa), le sens de la passe (Réveillère), l'esprit collectif (Wiltord) et la précision finale (Juninho) pour la composition d'un tableau idéal. Manifestement, elle possède un acquis considérable et de fortes certitudes, et si jamais Malouda n'avait enregistré que 50% seulement, de taux de réussite sur ce qu'il a entrepris devant le but adverse, elle aurait envoyé six fois la balle au fond des filets de Rüstü, au bas mot. Lyon n'est pas à l'abri, bien sûr, des aléas du jeu et de l'adversaire d'un jour qui ne présentera pas toujours le profil de Fenerbahçe et qui pourrait se montrer beaucoup plus menaçant. Il ne sera, peut-être pas non plus, jusqu'en mai prochain, cet ensemble étonnant d'individualités fondues dans un moule collectif de volonté, de solidarité et d'inspiration. Mais il s'est inventé une voie originale qui ne ressemble à aucune autre, en France, même si cette voie est jalonnée de repères connus (formation et promotion des jeunes, recrutement de stars). L'Olympique Lyonnais de Paul Le Guen est réconfortant en ce sens qu'il respecte le jeu de ses fondamentaux, qu'il aime la vie et fit la fête sans déviation ni tricheries…



Par Denis Chaumier





SR/RB





















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