masculins / OM 1 - OL 4

Des Gones imperturbables

Publié le 22 octobre 2006 à 23:28 par SR

Si ce match est un tournant… « Alors le championnat de France est un énorme rond point ». Malouda démontre par cette interprétation que le match le plus important est toujours celui qui arrive, le prochain, peu importe l’adversaire.

Et quand le second du championnat reçoit le leader ; Lorsque 5 points séparent les 2 équipes ; quand l’OM reçoit l’OL, la folie s’empare des journaux, la passion s’intensifie chez les supporters et la rencontre monopolise l’attention de tout un pays.

L’OM avait, c’est vrai, un avantage conséquent avec un stade acquis à sa cause. « On aurait pu remplir un stade de 100 000 places » s’avançait Pape Diouf dans l’Equipe avant de recevoir le quintuple champion de France. En arrivant dans l’antre azuréenne, les Gones foulaient immédiatement la pelouse pour prendre la température « c’est chaud » lançait Alou Diarra, muni d’écouteurs. En effet, la musique adoucit les mœurs et permet aux joueurs de rentrer pas à pas dans leur concentration... leur match. Benzema, Källström, Abidal suivaient sur le rectangle vert pour une petite promenade en baladeur tandis que Wiltord et Govou retrouvaient Ribéry pour échanger quelques phrases…

Vercoutre était le premier à prendre un bain de foule en tenue d’échauffement. « Quand je suis dans ma bulle, je fais abstraction des sifflets, de l’ambiance » confiait-t-il avant d’ajouter que « cette pression est positive, une motivation supplémentaire. » Aujourd’hui habitués des grandes dates, champions des grands moments, les Gones allaient faire preuve d’un mental à toute épreuve.

La concentration ? Elle est poussée à son paroxysme lorsque Juninho s’empare du ballon à 25 mètres du but protégé par Carrasso. Elle se lit dans son regard, se comprend à travers ses attitudes, dans l’attention qu’il met à placer son ballon ; sa respiration qui s’intensifie dans ses gestes répétés maintes et maintes fois à l’entraînement. Des manies, des habitudes ou plutôt tout un rituel d’exécution bien précis en attendant le coup de sifflet de Mr Layec. Le Brésilien prend connaissance de tout son environnement : le mur, ses coéquipiers et adversaires, la position du gardien… à croire que le maestro lyonnais se joue de la brise qui balaye le stade Vélodrome avant de déposer une feuille morte dans le petit filet de Carrasso. Le 30ème coup franc de Juninho soulève tout le Vélodrome où ses hôtes témoignent de déception pendant que les Lyonnais manifestent leur joie, autant dans les tribunes que sur le terrain. Un grand moment d’évasion avant de se replonger illico dans l’affiche de cette 10ème journée.

De la concentration ? Il en fallait pour le jeune Karim Benzema, forcé de changer de statut – de spectateur à acteur – lorsque Fred sortait sur civière. Et le jeune international Espoir montrait qu’il n’était pas pris de court lorsqu’il inscrivait le second but olympien plein de sang froid.
Il fallait maîtriser ses nerfs pour arriver au bout de cette rencontre agrémenté du carton rouge de Taiwo ; d’espoir méditerranéen ressuscité par une réalisation de Bamogo; des forfaits de Fred et Malouda, tous deux évacués sur civière ; du KO de l’OM affligé par Juninho (1-3) et Källstrom (1-4) poussant certains à quitter leur siège avant le coup de sifflet final.

Oui, l’OL joue avec les nerfs! Et on ne reste pas de marbre lorsque les Gones se mettent en scène balle au pied et parviennent à transformer une tension négative en pression positive.
Sur le même thème