masculins / Werder 0 - OL 3

Des lyonnais tout simplement exceptionnels

Publié le 23 février 2005 à 22:39 par R.B

Au terme d'un match plein de vie, les Gones ont mis plus qu'un pied en quart en s'imposant largement 3 à 0. Tous de Coupet à Clément, ils ont dominé collectivement ces Allemands qui n'ont rien pu faire. L'intelligence était française mercredi soir; une fois encore, les Lyonnais ont prouvé leurs progrés et leurs ambitions dans une compétition où ils auront marqué les esprits. Après les Verts allemands... place samedi aux Verts français. Mais Dieu que nous nous sommes régalés avec ces Gones de légende...[IMG4748L]

Au Wesertadion, à Brême, Werder Brême 0 OL 3 (mi-temps : 0 à 1) ; spectateurs : 36 932 spectateurs; temps : crachin, neige, vent et froid ; pelouse : en bon état. Arbitre : M. De Bleeckere (Belgique).



Werder : Reinke – Stalteri, Pasanen, Ismaël, Magnin, Ernst, Borowski (puis Hunt 61ème), Micoud, Klose, Valdez.



OL: Coupet – Diatta, Cris, Essien, Abidal, Diarra, Juninho, Govou (cap) (puis Benarfa 88ème), Wiltord (puis Clément 76ème), Frau (puis Nilmar 62ème), Malouda.



Buts : pour l'OL, Wiltord (8ème), Diarra (76ème), Juninho (80ème).



Avertissements : pour l'OL, Govou (33ème), Wiltord (51ème). Pour le Werder, Borowski (53ème)









Les entraîneurs Schaaf et Le Guen ont choisi « leurs armes » pour débuter cette rencontre. Valdez sera associé à Klasnic sur le front de l'attaque locale. Le coach visiteur a privilégié une formule plus offensive en faisant confiance à Frau aux côtés de Wiltord. Pas de milieu à 3 chez les Gones. Benzema et Benarfa sont sur le banc. Cela va-t-il donner plus de spectacle et de nombreux buts ? On jugera sur pièces au fil du temps qui passe en se disant que ces Verts vont peut-être mettre d'entrée une dominante physique dans leurs intentions. Montagne de muscles, d'envie et de réalisme offensif, les coéquipiers de Reinke veulent faire la différence dans ce match aller. Alors autant en imposer que subir ! Les Gones n'ont pas à trembler… ils sont devenus des habitués de la Grande Europe… ils sont les leaders de la Ligue 1… ils ont des internationaux dans toutes leurs lignes… Malgré l'absence de Cacapa, Réveillère et Bergougnoux, ils espèrent logiquement obtenir un résultat sur les bords de la Weser. Et qu'on leur fiche la paix avec le poids du passé…



Les conditions étant ce qu'elles sont, il faudra s'adapter ; même si elles sont plus proches de celles que connaissent souvent les marins de la Mer du Nord toute proche que celles des bords du Rhône. Le chauffeur de stade met le paquet pour appeler au soutien populaire. L'arbitre belge M. De Bleeckere risque fort d'avoir du boulot en ce début de partie… Envie exacerbée, pelouse glissante et importance de l'enjeu ne font pas toujours bon ménage. 5 joueurs, dont ‘ Allemands, sont sous la menace d'une suspension en cas de petit jaune… Tout le monde ne verra peut-être pas Gerland au retour…



Le speaker met le feu en annonçant la composition du Werder. L'ovale est bouillant comme une cocotte minute. Cela va partir à cent à l'heure… alors que Klose a remplacé au dernier moment Klasnic. Les Verts sont bien évidemment les premiers en action par une tête à côté et un centre mal dosé. Mais le premier corner de la partie est lyonnais (4ème). IsMaël prend tous les ballons de la tête ; cinq minutes sont passées, les Champions de France sont présents avec intelligence, malgré la frappe cadrée de Micoud détournée par Coupet (7ème). Sur le corner, les Gones plantent un contre par Malouda qui sert Frau dans la surface ; il talonne pour Govou qui manque sa reprise que ne loupe pas Wiltord pour l'ouverture du score (8ème). Superbes Olympiens qui insistent dans le camp local pour éviter de subir la réaction des Brêmois. Et lorsque le danger revient aux abords de la cage de Coupet, les défenseurs et le milieu de terrain font le ménage. La tête plongeante de Borowski (17ème) donnant cependant des sueurs froides aux Français. Heureusement, elle termine sa course juste à côté de la cage lyonnaise. Bien en place, les Bleus font bloc sans trop de souci avec des permutations au niveau des attaquants. Le Lion a verrouillé les débats et planquer la clef lors de cette moitié de première mi-temps. Cris reste au sol sur un choc de costaud avec Valdez. Il laisse ses partenaires à 10 pendant une bonne minute avant de revenir au milieu des siens (25ème). Et Coupet sort un arrêt de géant sur une tête à bout portant de Klose (26ème). Exceptionnel… Le Champion sortant de la Bundesliga n'y arrive pas malgré un tir contré de Micoud et une tête bien sentie (30ème).



Le Weserstadion donne de la voix, mais ce sont encore les visiteurs qui se montrent menaçants par Wiltord qui ne peut s'emmener correctement le ballon, juste avant que Govou ne prenne un carton jaune. On approche du repos avec quiétude tellement ces Olympiens ne font qu'un. Cela n'empêche pas Cris de jouer la muraille infranchissable. Une tête à côté et une reprise au pied du poteau gauche de Coupet nous rappellent que ces Allemands sont bien vivants. Diarra réalise un festival de justesse et Diatta sur un appel en profondeur met le feu dans cette défense verte pas très sereine (40ème). Le jeu aérien est l'arme préférée des Brêmois. Alors chaque centre ou corner sèment un peu de panique et d'espoir, selon que vous soyez dans un camp ou dans l'autre. Le Werder pousse, pousse pour regagner les vestiaires au même niveau que son opposant. La neige participe à cette rencontre intéressante qui se termine à la mi-temps par un avantage lyonnais récompensant son réalisme dans tous les domaines du jeu. Le Werder peut-il augmenter son niveau de jeu et son rythme ? L'OL aura-t-il les ressources mentales, physiques et collectives pour garder cette inestimable avantage ? Des questions que se posent tous les spectateurs. Nous serions tentés d'affirmer que ces Gones, très séduisants, peuvent sérieusement y croire surtout s'ils gagnent la bataille aérienne.



Pendant le repos, le supporter allemand a la bougeotte et un creux qu'il calme à la bière et avec des Delikatessen… et pour éviter de congeler sur place, ils chantent et dansent sur ces musiques de taverne. Typique… marrant. L'Europe a beau existée, la culture ne sera jamais unique. Tant mieux ! Les Verts reviennent les premiers au froid. 45 minutes pour faire un saut vers le futur plus ou moins reluisant. Ernst ouvre les hostilités de loin sans réussite. Frau, lui répond de façon identique. Klose joue toujours les enquiquineurs devant, Wiltord prend un carton stupide (51ème). Toujours 1 à 0 pour les hommes de Paul Le Guen. Les Allemands passent par le ciel, toujours et encore, mais ne gênent pas outre mesure les Bleus. Il reste 30 minutes ; Essien est remarquable aux côtés de Cris ; Diarra est féroce comme un bel animal.. Schaaf fait son premier changement, imité immédiatement par son vis-à-vis qui sort Frau pour Nilmar. Malouda est à 2 doigts de bonifier une superbe montée d'Essien. Les Verts acculent les Gones dans leurs 16 mètres. Coupet réalise une nouvelle opération sauvetage (64ème). Il est tout simplement phénoménal ce Greg ! Govou n'a pas le temps d'admirer son voltigeur ; il place une tête sur le poteau (68ème).



18 tirs verts ; 10 corners… pour rien au tableau d'affichage. Diarra, Malien en habit de gala, est partout, alors que Diatta offre un caviar à Hunt. A côté… Cela devient par moment Fort Alamo. On se dégage, mais la marée blanche et verte revient incessamment. Paul Le Guen renforce alors son milieu en intégrant Clément à la place du buteur Wiltord. Et cela se traduit immédiatement par un but de Diarra qui claque un pétard monumental de 20 mètres après un débordement de Diatta, un relais de Juninho pour Clément qui offre cette balle de but à Djilla le magnifique (76ème). Baraka ? Oh non, Juninho frappe un coup franc d'anthologie de 30 mètres dans la lucarne de Reinke. Son 18ème chef d'œuvre sous le maillot olympien offre quasiment la qualification à ses partenaires avant le retour et chassent les supporters verts du Weserstadion. Superbe, magique, exceptionnel… mettez les qualificatifs que vous voulez, secouez et vous aurez raison. Au jeu de la force collective, le Champion de France a bouffé le champion allemand avec une intelligence impressionnante. L'OL a gagné une bataille qui fera date dans les annales du club. La fin de la rencontre ne changera rien à la déception locale, alors que Benarfa va participer à ce grand moment en remplaçant Govou (88ème). 3 à 0… qui l'aurait imaginé en voyant ces conditions climatiques désastreuses ?



Un dernier corner… et l'arbitre Belge libère tout le monde sur cet exploit lyonnais qui pourrait nous faire dire aussi que la vengeance est un plat qui se mange froid. Messieurs, vous nous avez enthousiasmés.





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