masculins / Monaco 2 - OL 1

Deux erreurs d'inattention

Publié le 23 avril 2006 à 22:54 par BV

Samedi 6 mai 2006, Grégory Coupet, aidé par Rémy Vercoutre durant 32 minutes à Paris, pourrait bien dépouiller son entraîneur particulier, Joël Bats, du record du plus faible total de buts encaissés à l’extérieur durant une saison.

Lors de l’exercice 1988/1989, l’actuel entraîneur des gardiens de l’Olympique Lyonnais n’avait ainsi été pris à défaut qu’à 11 reprises à l'extérieur, sous le maillot parisien. Avant ce déplacement sur le Rocher, les Lyonnais comptaient 4 unités d’avance (7 buts encaissés).

Principal artisan de cette réussite, l’apport de Grégory Coupet dans l’élaboration de ce chef d’œuvre est à mettre en exergue. Grâce à des performances de tout premier plan, il a démontré qu’il faisait partie, au même titre que certains grands buteurs, de cette si précieuse catégorie de joueurs capables de " faire gagner un match". Au travers de ses récitals à Nantes ou à Troyes, on perçoit aisément la part prépondérante du portier international dans la quête de ce record. Au regard de ces exploits passés, personne n’oserait donc lui en vouloir pour cette, si rare, errance coupable qui permettait à Chevanton d’ouvrir le score dans le but vide (32e). Impuissant, il ne pouvait qu'observer, impuissant, l'Uruguayen transformer en but la seule occasion des hôtes du Rocher durant une première période à sens unique en faveur des Olympiens.

Autre emblème de cette intraitable défense, Cris aura impressionné par ses qualités physiques et sa capacité d’anticipation. Au terme du premier quart d’heure, le Brésilien pointait ainsi largement en tête du classement des ballons récupérés avec 5 unités et multipliait comme à son habitude les interventions aériennes. On comprenait au travers de ses nombreux coups de boule (5) pourquoi l’OL n’a encaissé qu’un but de la tête à l'extérieur cette saison (Bagayoko à Nice le 26 novembre 2005).
La meilleure défense c’est l’attaque. Un principe que le policier a fait sien depuis bien longtemps. Chacune de ses échappées offensives semait ainsi le doute dans l’arrière garde monégasque (29e, 34e, 44e) et faisait résonner les « Cris, Cris, Cris » dans un stade Louis II à moitié rempli. Très bonne première période pour le Brésilien qui, a l’exception de son « oubli » sur le but de Chevanton, aura récupéré 8 ballons et constamment porté le danger dans la surface adverse. La timidité des Rouge et Blanc, dont le taux de présence en attaque ne dépassa pas 6% (contre 33% pour l’OL) aura, certes, favorisé ses allants offensifs.

A ses côtés, son compatriote auriverde, Claudio Caçapa, veillait au grain. Aidé par Anthony Réveillère, l’expérimenté capitaine olympien déviait un centre en retrait de Plasil avant de voir son latéral droit contrer la frappe de Di Vaio (26e).

Réputés pour leur repli et leurs efforts dans le domaine de la récupération, Sylvain Wiltord et Sidney Govou n’étaient pas en reste et démontraient dès les premières minutes que le premier rideau défensif est à situer dans les lignes offensives. Dès la 3e minute, ils récupéraient les deux premiers ballons olympiens. Durant l'intégralité de la première période, ils multipliaient les courses pour suppléer leurs milieux comme en attestaient les 5 récupérations de Sid à la pause.

Dès le retour des vestiaires, Patrick Müller suppléait Anthony Réveillère, faisant ainsi glisser Claudio Caçapa sur le côté droit. Un chamboulement dans la défense dont profitait Marco Di Vaio pour doubler le score (58e). Pourtant peu coutumière de tant de laxisme, l’arrière garde olympienne encaissait plus d’un but dans le même match pour la première fois de la saison. Après 9 blanchissages et 7 matchs à 1 unique but encaissé, la rigueur lyonnaise était mise à mal sur la seconde occasion des hommes de la principauté. Cruel réalisme !

Fort de ce confortable avantage, les attaques de Chevanton et les siens se faisaient plus rares. Seul Cris avait l’occasion de se mettre en évidence en intervenant avec autorité devant Di Vaio (77e).
Malgré une très belle performance collective, la défense rhodanienne terminait la rencontre frustrée devant le terrible réalisme des hommes de Francesco Guidolin, récompensés sur leurs deux seules occasions. Preuve du gros travail de repli effectué par les Rouge et Bleu, Abidal et Cris trustaient la tête du classement des ballons récupérés (respectivement 19 et 18), suivis de près par Tiago (14).

Au terme de cette triste soirée en principauté, l’espoir de ne pas perdre un match à l’extérieur n’est plus. Reste ce record défensif que les hommes de Gérard Houllier tenteront d’accrocher à Lille. Il leur faudra encaisser moins de deux buts à Villeneuve d’Asq. Une performance qui constituerait bien mieux qu’un lot de consolation. Une récompense méritée pour un secteur d’ordinaire si hermétique.
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