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Domenech Raymond

Né le 24 janvier 1952 à Lyon Il a passé toute son enfance dans le quartier des Etats-Unis dans le 8ème arrondissement de Lyon. Un quartier populaire à un kilomètre du Stade de Gerland.

Il jouait au ballon sous le porche de son immeuble avec ses potes et puis régulièrement venait voir la pelouse de Gerland, lieu de rêve. Il est né dans une famille d’origine catalane. Son père était un militant républicain qui a fui le régime franquiste en 1948 et a trouvé refuge en France. Raymond Domenech s’est inscrit à l’Olympique Lyonnais dès l’âge de huit ans. Comme tout gamin de cet âge, il devient ramasseur de balles lors des rencontres de l’OL. Sa passion : le football. Au cours de ses vacances estivales en Catalogne dans la famille de son oncle, il n’est pas rare de le voir disputer des parties de foot endiablées avec les enfants du village et les vacanciers.

Certes il y a le football mais aussi les études qu’il ne laisse pas tomber. Pour se faire de l’argent de poche, il est veilleur de nuit dans une grande surface lyonnaise. Son programme quotidien est chargé : veilleur de nuit, étude et entraînement. Ses coéquipiers s’inquiètent de ce rythme et demandent aux dirigeants de l’époque (Mr Nicol) qu’il soit payé un peu plus pour éviter ce travail nocturne. La demande est enregistrée, il n’est plus veilleur de nuit. A 18 ans, il devient professionnel. Il a l’âme d’un chef, capable de repousser sans cesse ses limites. Il n’hésite pas à s’astreindre à des entraînements supplémentaires. Il est provocateur voir pénible. Une fois il vient s’entraîner avec des chaussettes dépareillées, une autre fois il met son maillot à l’envers oubli régulièrement ses chaussures comme lors de la finale de la Coupe de France 1973…

Heureusement qu’Aimé Mignot connaissait le bonhomme et avait apporté des chaussures. Il honore sa première sélection en équipe de France en 1973, il est retenu pour affronter l’Irlande. Mais Raymond traîne une mauvaise réputation et son look ne fait rien pour l’aider. Une énorme moustache noire barre son visage, une barbe naissante, des sourcils massifs, ses cheveux mi-longs, s’interdisant de sourire en public, font tout pour le rendre antipathique. Cette réputation de mauvais garçon et de joueur violent il la doit à une rencontre contre Nice sur la Côte d’Azur. Nous sommes le 12 août 1970, première journée de championnat. La rencontre est particulièrement engagée. La star de l’équipe niçoise est un autrichien du nom d’Helmut Metzler. Il marque à la 10ème minute. Et puis soudain, l’attaquant niçois s’effondre après une agression de Jean Baeza, Raymond Domenech est à ses côtés et pour tous les supporters de l’OGC Nice c’est Domenech le responsable. La faute est grave, Metzler a une jambe brisée et sa carrière est terminée. Domenech est traité d’assassin, mais il ne fera rien pour se défendre et décide au contraire de tirer profit de la situation. Dans un journal il dira : « Je n’ai rien fait pour les contredire. Je débutais, il me paraissait important que l’on parle de moi, en mal ou en bien. Je suis alors entré dans mon personnage »

Malgré cette réputation et son jeu rugueux il deviendra rapidement capitaine de l’OL. Autre anecdote : en 1973, l’OL affronte en quart de finale Marseille. Josip Skoblar s’énerve durant la partie et envoie un coup de poing avec sa chevalière au visage de Domenech qui s’écroule. Domenech expliquera qu’il en avait rajouté, restant de longues minutes par terre et lorsqu’il s’est aperçu que le sang s’échappait de son arcade il a déclaré : « Pour moi le foot, c’est la guerre. » Partout où il évoluait, il le faisait sous la bronca du public ce qui le surmotivait. Saison 1974/1975, le 15 décembre, l’OL se rend à Nice. Charly Loubet et Raymond Domenech s’asticotent durant la partie. A priori blessé Loubet se fait remplacer, éclate alors une altercation entre Loubet et Domenech. Domenech est expulsé. En septembre 1977, il quitte Lyon pour Strasbourg, un transfert pour combler le déficit dont le club lyonnais est victime. Il restera 4 ans au Racing.

Il remportera le titre de champion en 1979, un titre officialisé sur la pelouse de Gerland. En 1981, il part pour le PSG sans succès et gagne la Gironde la saison suivante où il remporte un second titre de Champion en 1984. Ce titre acquis il part pour Mulhouse comme joueur-entraîneur. Un diplôme d’entraîneur qu’il a conquis brillamment à l’âge de 28 ans, major de sa promotion.

En 1988, il revient à l’OL comme entraîneur. Le club est en D2 depuis 6 saisons il le fait remonter en D1 à l’issue de la rencontre face à Alès à Gerland sa réaction est simple : « Je savoure cette accession avec un rare bonheur. » Domenech structure le club, embauche un préparateur physique en la personne de Robert Duverne. Et comme sur un terrain ses méthodes sont musclées et le discours est ferme. Dans sa carrière d’entraîneur lyonnais, il sera marqué par deux affaires. La première : l’élimination sans gloire en Coupe de France par Pont St Esprit le 7 mars 1993 pour le compte des 32èmes de finale, il exprimera une grosse déception : « j’ai compris ce jour-là qu’une équipe pouvait lâcher son entraîneur. » La deuxième, le 2 juin 1993 : son dernier match avec l’OL face à Bordeaux qui s’impose 3 buts à 2. A la fin de la rencontre il salue Jean Bouin qui l’acclame il s’apprête à se retourner vers Jean Jaurès. Il ne connaîtra jamais la réaction de cette tribune une panne d’électricité frappe le Stade. Cette fin en queue de poisson l’attristera beaucoup.

Son départ de Lyon ne met pas un terme à sa carrière. Il entre à la DTN et prend la tête de l’équipe de France espoirs. Parallèlement à sa fonction, il se produit en tant qu’acteur au théâtre interprétant du Tchekhov ou du Ionesco.

Le 12 juillet 2004, il est nommé sélectionneur de l’équipe nationale.

Voir aussi

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