masculins / OL - Lorient J-3

Entretien avec Bernard Lacombe

Publié le 07 février 2007 à 16:51 par BV

Bernard Lacombe revient sur la mauvaise période des Lyonnais. Le conseiller du Président olympien n'est "pas inquiet". "Les joueurs sont tout à fait capables de renverser la tendance car ce sont des compétiteurs" confie-t-il.

Quelle est votre vision du parcours de l’OL depuis la reprise ?
La trêve hivernale nous a fait beaucoup de mal. Les internationaux n’ont ainsi pas eu de véritable coupure. Contre Bayonne puis à Laon, on réalise l’essentiel : on se qualifie. A Toulouse, on a la possibilité d’être devant au score puisqu’en première période, on a des occasions mais on manque d’efficacité. J’ai aimé deux matchs : face à Bordeaux malgré la défaite et Le Mans. Contre Le Mans qui était le match le plus important de janvier, nous obtenons le résultat recherché par tous : une qualification pour la finale au stade de France. Tout n’a donc pas été parfait et il nous a notamment manqué 3 points qu’on aurait dû obtenir contre Nice et à Troyes mais je ne suis pas inquiet quand je vois ce qui s’est passé contre Bordeaux et contre Nice dans le jeu. On n’est simplement pas efficaces dans les zones de vérité. L’équipe qui a débuté à Troyes est la même que celle qui a débuté contre le Real Madrid. Je me méfie des jugements exagérés. Les joueurs ne sont pas devenus d’un seul coup mauvais. 17 points d’avance c’était inhumain et maintenant des « moins que rien ». Il y a un juste milieu. On va tout de même être champions. Cette semaine, nous avons 13 joueurs sélectionnés. Si notre équipe était composée de « moins que rien », il y aurait beaucoup de mauvais sélectionneurs.

Les blessures qui ont réduit le turnover ne sont-elles pas une des raisons de ce « coup de moins bien » ?
Tout à fait. Florent Malouda est un des joueurs qui a le plus joué. Fred a débuté face à Bayonne, Laon, Toulouse, Le Mans, Bordeaux, Marseille et Troyes. Et il est rentré en cours de match contre Nice car il s’était fait mal lors de la fin de rencontre face à Bordeaux. Or il n’avait pas joué pendant près de trois mois et demi. Il y a donc un décalage dans la performance athlétique de chacun. Certains ont beaucoup joué alors de d’autres n’ont pas assez joué. Cela fait du bien à certains d’être en sélections. Ils sortent du contexte habituel. Ils vont avoir des partenaires nouveaux, un cadre de vie nouveau.

Avez-vous déjà connu ce type de période comme joueur ?
A Bordeaux, on avait connu cela. Nous marquions au bout de vingt minutes. Les gens disaient : « il n’y a plus de suspens, c’est fini ». La situation actuelle me fait penser à celle que j’ai connue à Bordeaux. On s’était refait une santé. L’autre élément à relever c’est que nous avons eu cette saison des moments durant lesquels le ballon tournait pour nous. On était pleins de confiance. On a renversé combien de situation dans les cinq dernières minutes ? PSG, deux fois, contre Sedan, contre Valenciennes, contre Saint-Etienne. En ce moment, c’est l’effet boomerang. On est dans une spirale négative. Les joueurs sont tout à fait capables de renverser la tendance car ce sont des compétiteurs qui veulent toujours gagner. Retrouver le chemin des buts pourrait servir d’électrochoc. Marquer va libérer tout le monde. Samedi, le stade va être comble et tous nos supporters avec lesquels nous avons partagé de tels moments de bonheur vont tous être derrière nos joueurs comme ils l’ont été tout au long de ces dernières années dans des moments plus faciles. Lors des rencontres face à Nancy ou Saint-Etienne, c’est le public qui nous a aidé à retourner ces situations. Samedi, on compte sur eux dans ces moments un peu laborieux pour remporter tous ensemble un 6e titre en fin d’année.

Quel est le rôle des cadres dans ces moments là ?
Les cadres dépendent du collectif. Juninho par exemple est très souvent décisif mais comme il le rappelle, grâce à un collectif. Mais dans ces périodes, Juninho se sert de Tiago, de Toulalan, des fautes faites sur Malouda. Le grand joueur va toujours savoir profiter des partenaires qui l’entourent. J’ai vécu cela avec Platini. Qu’il le veuille ou non, Juninho est un phénomène. Il a marqué de nombreux buts qui nous ont remis dans le droit chemin ou délivré des passes décisives. C’est monstrueux.

Avez-vous eu beaucoup d’entretiens avec les joueurs ?
J’ai parlé avec « Juni », avec Tiago, avec Fred. Claudio (Caçapa) joue un rôle important également. Il a beaucoup encadré Fred. Il l’a vu joué hier soir avec le Brésil. Il regarde tous ses matchs. Il essaie de l’aider. Après le match à Marseille, avec Gérard Houllier, nous avons discuté longuement avec Fred. Le coach lui a fait part de la grande confiance qui est la sienne et de celle de tous ses partenaires. Tous les joueurs aiment jouer avec lui. A lui de démontrer que toute cette confiance placée en lui n’est pas entamée.