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« Envie de jouer… de m’exprimer…»

Publié le 21 février 2015 à 08:00 par R.B

Elément important de l’équipe nationale de Guinée, avec qui il a participé à la dernière CAN, Momo Yattara a du mal à s’imposer dans son club formateur où il est revenu après plusieurs prêts… Des difficultés mais la certitude de réussir sa carrière…

Du côté de Conakry, il est une idole. « Je sortais de nulle part pour les Guinéens. Je n’ai jamais joué au pays. Ce n’était pas le cas de mon frère, international et joueur en Turquie. Au début, je n’étais que le frère de… Mais comme j’ai marqué dès mon premier match à Conakry, depuis les Guinéens me suivent ; ils regardent la L1, le championnat le plus populaire… ». En 16 sélections, il a inscrit 7 buts pour le Syli national dont un contre la Côte d’Ivoire lors de la dernière CAN. Buteur et titulaire. « Cela s’est très bien passé. C’est toujours bien de représenter son pays et cela a été positif de retrouver du temps de jeu, de marquer. Après, on est passé à côté de notre match en ¼ de finale face au Ghana, un adversaire qui était à notre portée. Il y a eu de nombreux changements dans l’équipe. On a fait une faute professionnelle… Il y avait quelque chose à gagner… ».

Retour en France où il est arrivé (Périgueux) à l’âge de 14 ans. Retour à l’OL avec qui il n’a pas tellement foulé les pelouses : 480 minutes en 12 matches (5 titularisations). « J’avais démarré fort. J’avais marqué… Et puis je suis sorti du groupe sur blessure et cela a profité à d’autres. Et maintenant avec un seul match par semaine, il y a de la fraicheur, tout le monde est à 100%. Et en plus, cela marche bien. Tu ne peux pas te plaindre, faire des reproches à quelqu’un… ». Pas de reproches, comme il l’a répété plusieurs fois, juste un constat : « Je pense que je méritais plus de temps de jeu par rapport à mon début de saison. Je ne pense pas que j’ai grand-chose à me reprocher. Cela fait mal quand tu ne joues pas. Forcément je ne vis pas bien cette situation… ».



«Momo » parle de confiance. « Je marche avec la confiance que l’on m’accorde. Quand c’est le cas, cela me pousse encore plus même si je ne suis pas bon. » Et de revenir sur ses différents prêts (Arles-Avignon, ESTAC, SCO Angers). « Dans ces clubs comme à Angers la saison dernière, j’avais plus de responsabilités, plus de libertés. J’ai fait ma saison. Je suis capable de faire 10 fois plus qu’à Angers car à l’OL, il y a de grands joueurs autour de moi. L’OL est un grand club par rapport aux clubs où j’ai été prêté. Je veux réussir ; je sais que je vais y arriver. J’ai toujours eu envie de réussir avec mon club formateur. C’est une chance de jouer ici. Et si cela ne se produit pas à l’OL, ce sera ailleurs. Il y des exemples. Je pense notamment à Loïc Rémy… Oui, j’ai envie de jouer, de m’exprimer. Je veux aller le plus haut possible et je vais y aller. » Comme Fernando Torres, l’attaquant qu’il met en avant ? Ne pas lâcher comme le lui répète Fleury Di Nallo, l’homme qui l’a fait venir de Périgueux et savoir apprécier ce qu’il vit. « Savoir prendre du recul. Je suis dans un grand club, je suis en bonne santé. Je préfère galérer aujourd’hui et réussir ensuite que l’inverse ».

21 ans (il est né le 28 juillet 1993), c’est encore jeune Momo ? « Je ne suis pas d’accord avec cela. Regarde certains joueurs… ». Et de citer le phénomène Pogba. « Je ne me considère pas comme un espoir. J’ai déjà pas mal de matches en pro (110 et 33 buts). J’ai du vécu, de l’expérience. Tu sais ce n’était pas facile à Arles-Avignon quand tu luttes pour le maintien… ». Mobile, joueur d’espaces, de profondeur, puissant, habile de la tête, il reconnait un axe de travail : « il faut que je m’améliore dans les petits espaces. Avec l’OL, tu rencontres souvent des équipes regroupées et il faut être fort dans ce secteur du jeu. On ne me demandait pas forcément cela ailleurs ; les systèmes de jeu étaient différents ». Le Guinéen a eu plus l’’habitude du 4-3-3 ou du 4-4-2 avec deux joueurs excentrés, lui prenant la profondeur et l’autre attaquant décrochant. « Ce n’est pas une excuse… ». Et si on lui parle d’occasions manquées quand il a joué, il répond : « moi, j’en vois surtout une grosse face au Stade de Reims… »

Jouer et marquer, le credo de tout attaquant. « Quand je marque, cela change tout. Cela fait basculer mon match, me donne de la confiance. Je me transforme. Je suis libéré. Quand tu ne le fais pas, tu es frustré. Et puis tu sais que tu peux être remplacé. Quand tu n’as pas beaucoup de temps de jeu, c’est important de marquer… sinon tu es mort ». Marquer mais jusqu’où ? « Je ne suis pas égoïste pour autant. Je ne pense pas qu’à ma gueule. Je suis au service de l’équipe. Sans l’équipe tu n’existes pas. Tu ne peux pas flamber tout seul ».

L’équipe justement. Où peut aller l’OL cette saison ? « Ce qui nous arrive, ce n’est que du bonus après notre début de saison et on le prend. On verra où on sera en fin de saison. C’est ce qui compte… ».

Le présent, le futur… et le passé pour ce grand gaillard de Conakry. « Quand j’y repense, je me dis que mon histoire est belle. Cela a été difficile au début en France. Je n’avais pas l’habitude d’être tout le temps qu’avec des Français. Mais je remercierai toujours ces premières personnes qui m’ont accueilli, mes éducateurs avec qui je suis toujours en contact… ». Pensionnaire du football français depuis plusieurs saisons, il se sent toujours africain avant tout. « Je n’imagine pas aller ailleurs en vacances. Je dois rentrer en Guinée. J’en ai besoin. Et à chaque fois, je rentre avec des affaires pour mes potes qui n’ont pas les moyens. Réussir c’est aussi pour eux ».

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