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« Envie de rendre la confiance accordée »

Publié le 28 février 2016 à 09:00 par R.B

Bruno Genesio a succédé à Hubert Fournier à la fin de la première partie de saison... Large tour d’horizon avec le nouvel entraineur lyonnais sur son rôle, ses envies, sa façon d’être, le futur... sur ce qu’il a apprécié, moins aimé...

 

Est-ce-que tu avais imaginé un jour entraîner l’OL ?
« Non, je n’y avais pas pensé et cela arrive à un moment où je ne m’y attendais pas. Après c’est une fierté d’être l’entraineur à l’OL, un club où j’ai signé ma première licence à 5 ans ».
Est-ce une revanche, un aboutissement, un moyen d’expression, une reconnaissance ?
« Pas une revanche, ni un aboutissement. C’est quelque chose de très excitant, motivant. J’ai envie de la rendre la confiance que l’on m’a accordée en atteignant les objectifs fixés à savoir une qualification pour une Coupe d’Europe et si possible pour la Ligue des Champions. Le scepticisme à mon égard ? Je l’ai compris car je n’ai pas de légitimité dans la profession, ni marqué l’histoire du club en tant que joueur. Il y a forcément des doutes... Et on ne fait jamais l’unanimité dans ce milieu. Mais ce qui m’a touché, c’est la teneur des critiques avec des propos faux sur ma personne. C’est une forme d’injustice et cela m’a blessé, énervé ».
Ressens-tu une forme de pression avec les propos du Président ?
« Pas plus que cela. Tout ce qu’il a dit avait été évoqué entre nous. C’est très clair. Cela fait partie de l’accord (reste entraineur si les objectifs sont atteints, sinon, le futur manager désignera un nouvel entraineur). Je dois faire mes preuves. J’ai une chance pour montrer de quoi je suis capable. Mais pas question de sur-jouer. Changer de personnalité serait la pire des choses. Je travaille en mon âme et conscience avec mon staff ».
Quelles sont les principaux changements depuis début janvier ?
« Je fais les choix. Je suis en perpétuel prise de décisions pour plein de choses. Il y a plus de management à faire... Ame de leader ? Je le pense. Je l’avais en tant que joueur et cela m’a motivé pour devenir entraineur. Entraineur, c’est une vie hyper excitante, avec l’adrénaline du match, la vie commune. Je décroche très rarement. J’aime ce métier. C’est une passion. Un métier de fou ? La folie est souvent liée à la passion. Le jour du match ? Ce qui est valorisant, c’est de voir que ce que tu as travaillé pendant la semaine fonctionne. Après, donner des consignes pendant le match, cela ne sert pas à grand-chose car les joueurs n’entendent pas. La gestuelle est plus importante. Le plus que tu amènes, c’est avec les changements. Là tu peux aider l’équipe. Sur le banc ? Je ne savais comme j’allais être... Je suis calme et cela me surprend... Je prends du recul... Sinon, je me repose l’après-midi pour être en forme pour la rencontre et je prépare ma causerie. J’aime bien trouver les bons mots qui peuvent faire passer des émotions fortes. Gérard (Houllier) et Rémi (Garde) m’ont marqué dans cet exercice ».
Comment définirais-tu un bon entraîneur ?
« C’est déjà un entraineur qui gagne... C’est quelqu’un qui connait bien son groupe, qui fait progresser ses joueurs et son collectif. Des modèles ? Carlo Ancelotti qui m’avait reçu au Real pour mon stage du diplôme ; une humilité incroyable, une grande connaissance du football. Pep Guardiola qui fait progresser ses joueurs ses équipes et qui est capable, chose plus rare, d’inventer des choses. Ma philosophie de jeu ? J’aime avoir une équipe qui joue au sol, qui repart de derrière... Mais la force d’un entraineur, c’est de s’adapter à ses joueurs »
Tu parles souvent de confiance dans tes joueurs ?
« Les joueurs en avaient besoin. Mais c’est aussi dans les  convictions personnelles que de la montrer en public comme en privé. La sévérité ? Elle existe dans les choix faits. La distance ? Je ne cherche pas à en mettre ou l’inverse. Je reste moi-même On est».
Comment vis-tu le fait d’être numéro Un à l’OL que Rémi (Garde) le soit à Aston Villa ?
« On imaginait peut-être les choses de façon différente. On a toujours eu un destin lié avec Rémi. Nos chemins se sont séparés de manière ponctuelle. On sera amené à retravailler ensemble. On est amis et on partage plein de choses dans ce métier. C’est plus fort que tout, même si on n’a pas les mêmes caractères... Notre attelage était très complémentaire. Je n’avais pas le sentiment de numéro entre nous... Il me manque »
Crois-tu en la possibilité de redevenir un numéro 2 ?
« Cela me parait difficile de redevenir numéro 2 à l’OL avec quelqu’un d’autre sauf si c’est Rémi (Garde)... Et puis, un nouvel entraineur n’aurait peut-être pas envie de travailler avec l’ancien numéro UN. Tout ceci me semble compliqué »
Enfin, que mettrais-tu en avant de positif et de négatif dans ton action depuis début janvier ?
« Pour le premier, d’avoir ramené de la discipline et de la rigueur sur et en dehors du terrain mis à part lors du match à Lille. Le point négatif ? Ma composition d’équipe face au LOSC et le changement de système. Je n’ai pas mis en confiance les joueurs avec ces changements d’autant qu’il nous manquait Maxime (Gonalons) et Corentin (Tolisso). On aurait dû débuter en 4-3-3. Je fais mon mea culpa ».

 

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